Paris : le comité de défense pour le maintien de la fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon vient de se constituer

En jeu: l’existence même de l’une des dernières structures parisiennes de secteur 1 (où on peut se faire soigner sans dépassement d’honoraires).

Rassemblement le 6 mai 2026 devant le ministère de Santé. (correspondant)
Par Michel Delachair
Publié le 29 mai 2026
Temps de lecture : 3 minutes
Informations ouvrières et L’insoumission s’associent pour proposer des contenus. À retrouver sur les réseaux.

En jeu : l’existence même de l’une des dernières structures parisiennes de secteur 1 (où on peut se faire soigner sans dépassement d’honoraires).

Les temps changent à la Fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon à Paris menacée de liquidation.

Rappelons les faits : la fondation d’utilité publique, en partie sous-produit du désengagement de l’État en matière de santé publique et de formation, gère à Paris 65 structures dans les domaines de la santé, de la petite enfance au grand âge, 35 crèches, 100 000 patients dans les structures de soin dont plusieurs centres médicaux de secteur 1. Mille étudiantes et étudiants sont formés chaque année. 1 800 emplois sont directement menacés. En résumé : il s’agit ni plus ni moins, et après les attaques portées ces dernières années à Paris, de l’une des dernières structures parisiennes de secteur 1 si l’on veut se faire soigner sans dépassement d’honoraires (voir Informations ouvrières, nos 909 et 910).

Tout semblait se passer comme si aucune autre solution que la vente à la découpe (surtout les structures « profitables ») n’était en vue, c’est-à-dire la soumission directe à la politique délibérée d’un gouvernement qui vient d’un claquement de doigts de faire voter un rallongement de 36 milliards d’euros à la loi de programmation militaire (LPM). 36 milliards pris directement sur les budgets de la santé et de l’école notamment. Mais telle n’est pas été la position des récents élus parisiens de la France insoumise, qui ont préconisé le soutien total aux personnels.

Menace de vente à la découpe

Un premier rassemblement de 300 participants au ministère de la Santé, le 6 mai, a porté les revendications, celles permettant le rassemblement de tous : le maintien des activités en secteur 1, le maintien de la fondation et de tous ses emplois. Un premier piton donc posé par la mobilisation à laquelle ont pu participer des représentants des unions départementales CGT et FO notamment, des élus du CSE de la fondation.

Où en est-on à présent ? Depuis ce rassemblement, des tentatives multiples, comme la mise en place d’une « association » chargée de prospecter les structures « rentables » pour une sorte de vente à l’encan, ou encore la non-prise en compte d’une expertise (obligatoire) à la demande des élus du CSE, sont allées bon train alors que le tribunal vient de prolonger la « période d’observation » officiellement, donc avant la liquidation.

C’est la raison pour laquelle des élus, des syndicalistes, avec des usagers et des élus au CSE ont décidé d’en appeler à la réunion de constitution du comité ce lundi 25 mai à l’hôpital Tenon afin de passer à la vitesse supérieure.

Les présents, après un tour de table avec parmi eux des personnels de crèche, de centres médicaux, des syndicalistes parisiens CGT et FO et des usagers (rappelons que parmi les 100 000 usagers la grande majorité est sans autre solution et donc en danger) ont acté le comité de défense dans un communiqué (lire ci-dessous).

Le comité de défense prévoit une grande réunion parisienne vers le 22 juin.

« Nous refusons la vente à la découpe »

  • Communiqué constitutif du 25 mai, du comité de défense de la Fondation Œuvre de la Croix Saint-Simon
Lors de la réunion de constitution du comité, 25 mai 2026. (correspondant)

Face aux menaces de liquidation et de démantèlement qui pèsent sur la fondation Œuvre Croix Saint-Simon, syndicalistes, usager.e.s, salarié.e.s et élu.e.s politiques réunis à l’hôpital Tenon annoncent la création du comité de défense de la fondation Œuvre Croix Saint-Simon (FOCSS).

Nous refusons la disparition programmée d’un acteur majeur et historique de la santé et du social à Paris : 100 000 usager·e·s par an, 1 600 berceaux, 1 800 salarié·e·s.

Nous dénonçons une logique de démantèlement : sauver quelques sites « rentables », en laissant fermer d’autres, diviser les équipes et abandonner les usager.e.s.

Nous refusons la vente à la découpe.

Rien ne justifie la liquidation annoncée de la fondation !

La FOCSS, reconnue d’utilité publique, est un maillon indispensable du système de santé et d’accompagnement social dans nos quartiers. Les difficultés conjoncturelles et les sous-dotations des structures de santé et médico-sociales ne peuvent servir de prétexte à un démantèlement qui sacrifierait les usager·e·s et les salarié·e·s, surtout après le vote à l’Assemblée nationale, les 18 et 19 mai, d’une dotation budgétaire supplémentaire pour le ministère des Armées de 36 milliards.

Nos exigences, sans concession !

Le comité de défense porte des revendications claires :

– mise en place d’un plan de redressement financier avec le soutien de l’État ;

– maintien intégral de toutes les structures de la fondation, sans fermeture ni transfert déguisé ;

– maintien des activités en secteur 1 ;

– maintien de 100 % des emplois, sans licenciement, sans externalisation.

D’ores et déjà le comité de défense appelle à l’organisation de réunions publiques dans chaque arrondissement en vue d’une grande réunion commune au niveau parisien dès le mois de juin.

Nous nous joignons aussi au rassemblement du 11 juin devant le ministère de la Santé avec une demande de rendez-vous au ministère de la Santé.

Nous appelons à signer la pétition : https://c.org/96z9mdn9Zw

Un comité de défense en construction : rejoignez-nous ! Les premiers signataires : syndicalistes, usager·e·s, salarié·e·s, élu·e·s, habitant·e·s, militant·e·s, constituent le noyau du comité de défense et appellent à son étoffement immédiat.

Adresse mail : comitedefensefocss@gmail.com