Fondation des Œuvres de la Croix-Saint-Simon (Paris) : une fermeture qui frappe 1 800 personnels et 100 000 usagers
Le 14 avril, la direction de la fondation des Œuvres de la Croix Saint-Simon (Paris) a annoncé la cessation des activités de toutes ses structures.
- Actualité politique et sociale, Santé

Le 14 avril, la direction de la fondation des Œuvres de la Croix Saint-Simon (Paris) a annoncé la cessation des activités de toutes ses structures. La fondation en chiffres, c’est : 1 800 salariés, 3 centres de santé (conventionné secteur 1), des dizaines de crèches, 100 000 usagers (70 000 consultations par an pour les 3 centres de santé), 850 étudiantes en soins infirmiers… Le 6 mai, c’est la grève. Nous avons rencontré Inès, élue au CSE de la fondation, qui y travaille depuis plus de quinze dans le secteur de la petite enfance. |
Raconte-nous comment les choses se sont passées…
Inès : Le 14 avril, nous étions en réunion de CSE et nous avons reçu le coup de massue : mise en vente de la totalité des activités de la fondation. Nous l’avons appris pendant le CSE mais les salariés, eux, l’ont appris par voie de presse dans Le Parisien. Les salariés ont appris dans la presse la mise en vente de la fondation.
Depuis novembre 2025, nous savions qu’il y allait avoir un plan de redressement mais nous n’avons eu aucune information et là, le 14 avril, ils annoncent un plan de cession de la totalité des activités.
Nous étions tous sous le choc. Après deux jours de sidération, on s’est dit qu’on allait frapper à toutes les portes. On n’avait pas les informations ni les rapports, la direction ne nous donnait rien.
On a contacté la Ville de Paris. Ils ont été surpris, ils nous ont reçus, mais ne se sont pas engagés. Emmanuel Grégoire, le maire de Paris, a informé le Premier ministre Lecornu.
La mairie centrale nous a dit de voir avec les maires d’arrondissement et de rencontrer la CAF. En parallèle, on avait pris rendez-vous avec les maires des 19e et 20e arrondissements, avec les parents des crèches. Il y a eu un soutien spontané dans le 19e par le biais d’un papa.
Comment faire avec tous les salariés quand toutes les structures sont dispersées ?
Nous sommes organisés dans un groupe WhatsApp que nous avions créé lors des élections professionnelles. À chaque visite de structure, on ajoutait les collègues dedans. Nous sommes 800 dans cette boucle et c’est par là que nous nous organisons.
La direction nous divisait tellement que nous avons compris qu’il fallait faire corps entre nous. C’est ainsi que nous avons par exemple une liste commune CFE-CGC / CGT.
On a décidé de ne pas se tirer dans les pattes avec les autres syndicats pendant les CSE et en amont pendant les élections. On fait front ensemble contre la direction et on s’organise pour ne montrer aucune brèche.
Du côté des élus, quels soutiens avez-vous reçus ?
Nous avons été contactés par des élus de la France insoumise Paris. Ils ont été les premiers à nous aider : Christophe Prudhomme et Sophie de la Rochefoucauld. Ils ont fait le courrier à la Ville de Paris, à la région et ils ont enclenché les premières interpellations aux responsables politiques. Tous les autres élus de la majorité parisienne que nous avions vus nous disaient : « Il faut aller dans les arrondissements. » Et dans les arrondissements, ils nous disaient : « Il faut aller à la mairie centrale »… Au moins, les élus LFI ont pris leurs responsabilités. On a aussi contacté Rachida Dati (présidente LR du conseil régional, Ndlr), elle n’a jamais répondu, tant mieux.
Comment s’est prise la décision de faire grève ?
Nous avons fait un sondage dans le groupe WhatsApp pour décider de l’organisation d’une grève et d’un rassemblement le 6 mai. Nous avons déposé le préavis de grève et le rassemblement devant le ministère de la Santé. C’était notre première grève organisée par toute l’intersyndicale.
Le 6 mai, alors que le rassemblement commençait à se tenir et que les 200 grévistes et les étudiantes en école d’infirmières commençaient à arriver, une délégation a été reçue au ministère. Ce rendez-vous n’a rien donné : ils ont dit qu’ils allaient demander à leurs administrations d’avoir des informations et une analyse de la situation. Ils ont précisé qu’ils n’avaient pas de pouvoir et pas de possibilité de prendre des décisions dans ce type de situation.
Quelles sont les perspectives à chaud ?
Lors du rassemblement nous avons eu le soutien de la fédération FO Santé privée, de l’union départementale FO, un camarade de la fédération CGT santé nous a aidés et depuis nous avons été contactés par l’UD CGT Paris. D’autres organisations syndicales nous ont apporté leur soutien.
La veille du week-end du 8 mai, la direction a envoyé le bilan économique et social : 80 pages ! Le cabinet d’expertise aide les élus du CSE à analyser les chiffres puisque nous devons nous prononcer le 12 mai.
Nous avons décidé d’organiser des prochaines mobilisations lors de la tenue du conseil de Paris.
Quelles sont vos revendications ?
Nous voulons que l’État paye la dette, que soit nommé un administrateur pour la période de redressement. Aucun licenciement, aucune fermeture d’activité, pas de reprise privée. La direction actuelle n’est pas en capacité de gérer un plan de redressement, il faut impérativement nommer une autre direction.
Signez et faites signer la pétition « Refusons la disparition de la Fondation Croix Saint-Simon », sur change.org !
