A Pont-Audemer (27), mobilisation des lycéens : « On ne lâchera pas, on ne va pas se taire »

Nos correspondants donnent la parole à un lycéen mobilisé au lycée Jacques-Prévert de Pont-Audemer le 7 mai dernier contre Parcoursup et la militarisation de la jeunesse.

Devant le lycée Prévert de Pont-Audemer, le 7 mai 2026. (Correspondant)
Par Interview
Publié le 13 mai 2026
Temps de lecture : 2 minutes
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Comment s’est préparée votre mobilisation du 7 mai ?

Le 9 avril nous avions réussi à être 200 devant le lycée. Notre nombre avait impressionné tout le monde, même nous, et pas beaucoup d’élèves avaient rejoint les cours.

Mais les coups contre la jeunesse se poursuivent et Parcoursup est tout proche pour nous. Alors nous avons décidé une nouvelle mobilisation le 7 mai. Sur le lycée Prévert nous nous sommes réunis plusieurs fois pour préparer. Nous sommes de mieux en mieux organisés, à plusieurs dizaines. Les décisions sont prises collectivement, avec des votes. Nos revendications sont : contre la baisse du budget de l’Éducation nationale, contre les suppressions de postes enseignants, contre Parcoursup, contre la militarisation de la jeunesse. Nous avons préparé des panneaux : « Parcoursup trie – Nous, on résiste », « Emmanuel Macron détruit l’Éducation avec ses idées à la con et son gouvernement de vendus », « Pas de futur sans culture # On veut des profs », « On n’est pas de la chair à canon »

Dans le même temps nous avons établi des contacts avec d’autres lycées.

Nous avons aussi pris contact avec les profs et leurs syndicats, le SNES-FSU, et le SNFOLC, avec les syndicats départementaux FO et CGT, avec la FCPE. Tous ont fait savoir qu’ils nous soutenaient. Il y a même eu un communiqué particulier de la FCPE pour appuyer notre mouvement.

Comment cela s’est-il passé ?

Nous savions que ce serait plus difficile que le 9 avril où on avait pris tout le monde par surprise. Là il y avait davantage de pressions. Des parents ont pu s’inquiéter de ce qui se passait. Des responsables ont pu écrire qu’il y avait des risques que cela se passe mal. Alors, nous nous sommes organisés.

Nous nous étions donné rendez-vous très tôt. À 7 h 30 nous étions déjà des dizaines regroupés devant l’entrée. Avec le mégaphone on s’adressait aux lycéennes et aux lycéens qui descendaient des cars de ramassage. Nous avons été de plus en plus nombreux devant l’entrée. Nous n’avons pas établi de barrage avec des poubelles mais nous avions le nombre, et il faut remarquer que les filles étaient majoritaires parmi les plus déterminés. On affichait nos pancartes et on lançait nos slogans. Le slogan le plus repris c’était « Parcoursup, on t’enc… ».

Nous avons eu le soutien devant le lycée du SNFOLC et de l’UL CGT (qui nous ont prêté une sono et un mégaphone). Il y avait aussi la FCPE et un conseiller municipal avec nous. Et le message à la fin qu’on avait tous en tête c’est : « On ne lâchera pas, on ne va pas se taire ».

Une chose importante : le lycée Allende d’Hérouville-Saint-Clair (près de Caen) avec qui nous avions un contact, a choisi de faire une mobilisation le même jour que nous. Le 7 mai, ils et elles étaient 300 à bloquer devant le lycée, avec la même colère que nous. Ils ont dénoncé dans un texte les suppressions de postes et d’heures d’enseignement et aussi « le renforcement de l’armée, les discours sur le sacrifice, et des idées comme le retour d’un service militaire… la présence des militaires dans les collèges et lycées ». La presse locale a dit : « Les manifestants ont Parcoursup dans le nez ».