La parole à Michel Le Roc’h, secrétaire de l’union départementale FO de Loire-Atlantique
Le secrétaire de l'union départementale Force ouvrière de Loire-Atlantique nous confie son point de vue, au sortir du congrès de sa confédération, tenu fin avril, auquel il a pris part.
- Actualité politique et sociale, Contre la guerre

Tu as participé au congrès confédéral de Force ouvrière qui s’est tenu à Dijon à la fin de ce mois d’avril. Qu’est-ce que tu en as pensé ?
Michel Le Roc’h : Tout d’abord, je voudrais souligner un fait : il y avait beaucoup de délégués à ce congrès. Beaucoup d’interventions aussi. La plupart combatives et revendicatives. C’est un signe de santé de l’organisation, qui démontre que malgré l’offensive qui vise à transformer le syndicat en courroie de transmission des mesures gouvernementales, eh bien il n’y a pas de désaffection des syndicats.
Bien sûr, le congrès a été traversé par toutes les questions qui concernent le mouvement ouvrier et au-delà même.
Nous avons été confrontés à une situation inédite mais conforme à l’orientation développée depuis plusieurs mois.
On s’est vite aperçus que la direction confédérale sortante avait estimé devoir faire du congrès une acceptation de cette orientation. Faire entériner, voire aller plus loin pour imposer toutes les conséquences de la signature, le 17 décembre 2024, de la position commune de toutes les directions syndicales. Je vous rappelle que FO, la CFDT, la CFTC et la CGC ont signé ce communiqué avec le patronat (le Medef, la CPME et l’U2P). Et je ne me trompe pas en vous parlant de position commune. Parce que si, certes, la direction de la CGT n’avait pas signé ce communiqué, elle a dans les jours qui ont suivi, affirmé la même position. Et dans les faits, elle n’a ni condamné ni dénoncé. Je vous renvoie aux articles que l’hebdomadaire Informations ouvrières avait consacré à cette question (n° 840 du 7 janvier 2025 et n° 842 du 23 janvier 2025, signés Hubert Raguin).
Une déclaration commune du 17 décembre 2024, c’est-à-dire ?
Cette déclaration est pour le moins étonnante, pour ne pas dire stupéfiante !
Voilà que le patronat et les directions syndicales, par-delà toutes les barrières de classe qui fondent le syndicalisme, se mettent d’accord pour affirmer, ensemble, une position politique claire et nette. Par-delà l’habillage, ils affirment ensemble qu’il faut « retrouver au plus vite le chemin de la stabilité, de la visibilité, de la sérénité ». Pour le dictionnaire, « stabilité » signifie : « caractère de ce qui tend à demeurer dans le même état ».
Dans la réalité, on se souvient qu’après la chute du gouvernement de M. Barnier à l’Assemblée nationale, il fallait faire face à un nouveau Premier ministre, F. Bayrou, chargé d’appliquer encore la même politique réactionnaire et anti-ouvrière. Et, alors que se regroupaient les forces, en particulier avec LFI, pour rompre avec cette politique antipopulaire, à l’opposé des macronistes, du RN, de LR… aidés par le PS, c’est à ce moment précis que cette position commune est publiquement affichée et défendue.
C’est ainsi que par « esprit de responsabilité », les dirigeants des centrales syndicales avec le patronat décident que les choses « doivent demeurer dans le même état ». Donc, accepter la politique de Macron.
Seuls ceux qui y trouvent un intérêt ou qui sont terrorisés par les conséquences se refusent à voir qu’il s’agit d’une véritable remise en cause de la Charte d’Amiens.
Des conséquences pour le congrès ?
Évidemment, et cela ne pouvait en être autrement.
Bien que les premières conséquences soient antérieures (on ne compte plus les atermoiements, les déclarations ambiguës, les communiqués sans suite, les refus de mobiliser dans l’unité pour des actions efficaces), le congrès a été l’expression de cette profonde contradiction.
Sur tous les sujets, dès la tenue de la commission des mandats jusqu’aux commissions qui ont regroupé jusqu’à 400 participants, pour finir le dernier jour en séance plénière.
Contradiction entre la tentative d’appliquer tout ce que contient cette déclaration commune et une masse conséquente de délégués, de responsables jusqu’au plus haut niveau qui, même avec des désaccords entre eux (et on sait la force de cette situation particulière au syndicat FO), entendent rester fidèles et défendre l’essence du syndicat, c’est-à-dire la défense des intérêts ouvriers et par-delà toute la société, en totale indépendance vis-à-vis de l’État et des partis politiques.
Toutes les discussions parfois très vives, des affrontements même violents ont été marqués par cette contradiction.
Discussions très vives et même des affrontements ?
Je laisse de côté les affrontements, avec parfois un caractère de violence organisée. Ils sont l’expression désespérée de postures qui sont à l’inverse d’un débat démocratique même conflictuel. Elles relèvent beaucoup plus de positionnements personnels d’une époque révolue. Que cela prenne ce caractère de violence exprime aussi la situation politique générale mais ce n’est pas l’essentiel. Les congressistes l’ont bien compris en réagissant dans la très grande majorité en défense du syndicat pour leur accorder une importance très relative. Non, quand je parle de discussions vives, je fais référence aux problèmes d’orientation de fond pour l’action syndicale.
La presse nationale qui s’est intéressée à ce congrès a noté que la question de la guerre avait traversé les discussions…
Cette question a effectivement été âprement discutée. Non pas que les autres problèmes soient insignifiants. Pas du tout ! L’assurance chômage, la Sécurité sociale, la destruction des hôpitaux, les salaires, le système de retraite, etc., toutes les revendications ont donné lieu à des précisions et des discussions passionnantes.
Et quand je parle d’une profonde contradiction, je pèse mes mots. On peut même dire un choc. Vous imaginez le choc et la sidération de l’écrasante majorité des délégués, à qui on veut imposer de rejeter la position traditionnelle de FO sur la Sécurité sociale ? À qui, au lieu de « revendiquer le rétablissement de toutes les cotisations salariales, la fin des exonérations de cotisations patronales et la suppression de la CSG », on veut imposer « une réforme d’ampleur du financement de notre modèle social » ? Vous rendez-vous compte qu’il a fallu des dizaines d’interventions pour défendre le fondement même de FO sur la Sécu ! Contre une position purement macroniste ou du PS.
In fine, c’est la position conforme aux intérêts ouvriers qui l’a emporté. Et, pour l’anecdote qui n’en est peut-être pas une, lorsque la résolution a été publiée et diffusée après le congrès, c’est la position battue qui s’y trouvait ! Des camarades sont intervenus pour rectifier, ce qui a été fait. Mais tout de même !
Et je ne vous parle pas de la question de cette signature honteuse et en catimini de l’accord sur l’assurance chômage. La direction sortante a signé un accord qui a immédiatement donné lieu à de vives critiques dans la direction comme à la base. Eh bien en commission, la discussion a été verrouillée alors qu’une majorité était opposée à ce que l’on signe des accords qui réduisent les droits des chômeurs !
Un mot enfin sur la loi Yadan. Le caractère anti ouvrier de cette proposition de loi n’est plus à démontrer. Elle vise purement et simplement à discipliner les consciences et à briser toutes réactions démocratiques. Avec un objectif : assimiler à de l’antisémitisme toutes critiques contre le régime génocidaire de M. Netanyahou, et effacer la collaboration de M. Macron et ses soutiens avec ce régime assassin.
Défense de la démocratie et de la liberté de parole, voilà bien un sujet qui a toujours été défendu par le mouvement syndical !
Dans le projet de résolution proposé par la direction sortante : rien, pas un mot ! Ce sont les délégués qui, en commission, ont posé le problème et proposé un amendement de condamnation de cette loi scélérate. Les représentants de la direction sortante dans cette commission se sont arc-boutés pour refuser cet amendement. Le vote a eu lieu. Résultat : « 176 pour l’amendement, 195 contre. » L’amendement de condamnation a été de ce fait rejeté. Ce qui n’est pas à l’honneur de la direction sortante. Ce d’autant que je me garderai bien de me prononcer, ni sur les conditions du vote ni sur le décompte aux conditions très particulières. Mais je suis certain que cette « majorité » au caractère très relatif, qu’indiquent même les chiffres officiels, n’empêchera pas tous les syndicalistes de se battre contre ce que veut imposer cette loi. Et que, heureusement, ils peuvent le faire avec toutes les forces sociales et politiques qui refusent les atteintes à la démocratie, comme c’est la tradition du mouvement ouvrier.
Alors, sur la question de la guerre ?
La question de la guerre est au cœur de tout le mouvement ouvrier et donc avant tout des syndicats. On peut perdre ou gagner sur telle ou telle revendication, on peut perdre un acquis et le reconquérir ensuite, la mobilisation peut gagner ou perdre. On se regroupe et on repart au combat.
Sur la question de la guerre, c’est la même chose, mais en même temps très différent. S’il s’avérait que pour des raisons diverses – pressions terribles, peur ou intérêts personnels, fausses analyses – les directions des principales centrales syndicales, avec des arguments déjà bien rodés (l’ennemi extérieur, on ne peut pas faire autrement, etc.) ne s’unissent pas pour mobiliser ensemble contre la guerre, elles concourraient à la marche à la guerre. Et à la guerre, c’est-à-dire à l’extermination de centaines de milliers de femmes et d’hommes sur des champs de bataille au compte d’intérêts qui ne sont pas les leurs.
Ce n’est plus « seulement » perdre ou gagner une revendication, ce sont les massacres et la barbarie. La vie ou la mort. Et vous savez que cette question de la guerre a été de toute époque une question cruciale pour le mouvement syndical, donc a fortiori aujourd’hui où toutes les forces politiques réactionnaires de la gauche à la droite, toutes celles avides de stabilité, veulent nous y conduire.
Déjà, il faut dire que cette question de la guerre qui est omniprésente dans l’actualité l’est beaucoup moins, et c’est un euphémisme, dans les expressions de la confédération. Je ne parle même pas des actions, qui sont inexistantes.
Ce n’est pas le propre d’ailleurs de la confédération FO : c’est le cas aussi dans la CGT et dans les autres confédérations, où cette question est totalement évacuée par les directions syndicales.
Cela va faire bientôt trois ans que les massacres et les bombardements israéliens soutenus par Trump, Macron, Merz, Starmer… frappent la population palestinienne menacée purement simplement d’extermination, et pourtant la confédération n’a rien fait et rien dit ou si peu.
Il y a bien eu une lettre du secrétaire général au président de la République, deux ou trois communiqués confédéraux pour condamner la situation, et encore avec des formulations ambiguës, des prudences et des réserves mais aucune initiative de mobilisation, ce qui n’a pas empêché nombre de syndicats ou unions départementales d’agir.
Comme s’il ne fallait surtout pas gêner l’exécutif embourbé dans son soutien honteux au gouvernement Netanyahou.
Ceci tourne le dos à tout l’ADN de la confédération qui a su prendre position et appeler à manifester contre la guerre dans les moments importants de l’histoire, pendant la guerre d’Algérie notamment, mais c’était aussi le cas pendant la guerre du Vietnam ou, plus récemment, pendant la guerre en Irak.
On en est loin aujourd’hui !
Le congrès de la confédération s’est donc ouvert dans ce contexte : de nombreux délégués de tous secteurs professionnels et de toutes sensibilités ont pris la parole pour rapporter ce qu’ils ont fait sur le terrain de la bagarre contre la guerre, contre les budgets de guerre, contre le gouvernement qui pousse à la guerre ; ils sont nombreux à avoir établi le lien entre leurs revendications et l’installation d’une économie de guerre.
Bien souvent, ils ont aussi regretté que la confédération refuse de faire quoi que ce soit sur le terrain de la mobilisation contre la guerre.
Ils ont aussi insisté sur un mot d’ordre qui résume bien l’état d’esprit réel : « De l’argent pour l’hôpital ! Pas pour les Rafale ! » Polémiquant avec cette exigence, le secrétaire général de la confédération a dit dans sa réponse : « Il faut les deux ! », ce qui a d’ailleurs provoqué des huées et des sifflets dans la salle. Pour ma part, je considère que non, il ne faut pas les deux.
Je considère que l’économie de guerre est antinomique avec la satisfaction des revendications. La voilà, la tradition du mouvement ouvrier indépendant.
Et pourtant, je ne suis pas pacifiste : je considère qu’il fallait soutenir la guerre d’indépendance du peuple algérien et celle du peuple vietnamien, à titre d’exemples.
Il est désormais établi que les milliards déversés pour la défense et l’armement sont ouvertement, et je dirais même nécessairement, ponctionnés sur les budgets sociaux, sur l’hôpital, sur l’école, sur la protection sociale, sur les salaires et les retraites.
Allons plus loin : quand bien même ce gouvernement aux ordres du capital financier pourrait financer l’industrie d’armement sans toucher à un centime des budgets sociaux, ce qui est rigoureusement impossible, je serais toujours contre, parce que je considère qu’aucun syndicaliste ne peut accepter et se satisfaire que des ouvriers soient utilisés à produire des engins de mort destinés à tuer d’autres ouvriers, pour engraisser les industriels de l’armement et l’économie capitaliste. C’est la place du syndicat, c’est le rôle du syndicat et y déroger serait tuer le syndicat ouvrier.
Le camarade des métaux d’Ancenis, très applaudi, a exprimé cette position dans son intervention au congrès : « Jamais nous n’accepterons que nos usines, celles de Toyota, Manitou ou la fonderie Bouhyer, soient transformées en usines de fabrication d’armes. » Tout le monde connaît la fameuse phrase d’Anatole France : « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels. » Elle est parfaitement d’actualité.
En écoutant cette intervention, et en repensant aux dockers italiens qui, avec leurs syndicats, se sont mis en grève pour cesser les envois d’armes vers Israël, je me suis dit qu’il serait parfaitement légitime que tous les syndicats engagent une campagne pour aider les travailleurs qui produisent les armes, arsenaux, manufactures… à se mettre en grève pour arrêter de produire ces engins de mort. Et qu’ils exigent que tous leur savoir-faire, leurs compétences, leur force de travail soient redirigés dans des industries au service du bien-être humain. Par exemple : pourquoi des Rafale et pas des Bombardier ? Oui, mais des bombardiers d’eau dont nous manquons cruellement et qui devraient devenir une urgence absolue au regard du réchauffement climatique. Quant aux porte-avions, pourquoi pas vers la marine marchande dont nous connaissons les besoins, y compris pour l’écologie ?
Non, l’arrêt de la production d’armements n’est pas synonyme de licenciements !
Discussion vive et passionnée, on s’en doute. Elle a abouti à quoi ?
Je vous résume à grands traits les considérants de la discussion de la commission sur la résolution générale.
Là encore, un choc avec les tentatives de la direction sortante, parfaitement illustrées par la reprise d’arguments du type « Gaza on ne veut pas en entendre parler », « La guerre, ce n’est pas le problème », « Une condamnation générale de la guerre suffit bien »… ou encore ces arguments incroyables : « L’industrie d’armement c’est pour l’emploi », « Refuser le budget de guerre, c’est les licenciements assurés », etc. Tout militant du mouvement ouvrier connaît ce type d’arguments malheureusement traditionnels. Ce sont ceux dont raffolent les patrons, les profiteurs de guerre qui tirent intérêt à ce que des millions s’entretuent.
Choc avec tous ceux qui ne pouvaient accepter cette dérive.
Au point que l’amendement contradictoire avec la position confédérale obtenait 42 % des voix, là encore dans des conditions de décompte très discutables.
Situation de blocage cristallisé, ce qui n’est pas dans la tradition de la confédération Force ouvrière, mais une conséquence de tentatives de remises en cause profondes des positions traditionnelles de la CGT-FO.
C’est ainsi que des militants, des responsables qui sont loin d’être d’accord sur toutes leurs positions, avec parfois des vues très contradictoires, mais qui ont en commun, et ce depuis bien longtemps, un souci honnête et profond de la préservation de la confédération FO avec toutes ses composantes, ont décidé, en toute indépendance, de proposer l’amendement suivant : « Le congrès refuse l’augmentation sans fin des dépenses militaires au détriment du service public, et incompatible avec la satisfaction des revendications. Il exige le cessez-le-feu partout dans le monde, en particulier en Ukraine, en Iran, au Liban ainsi que l’arrêt des massacres en Palestine. Le congrès appelle ses syndicats à prendre les initiatives nécessaires pour empêcher la guerre. »
Évitant l’explosion, cet amendement a été adopté à la quasi-unanimité.
Ton appréciation sur cet ensemble ?
Vous l’avez compris avec ce que j’ai dit précédemment sur la guerre et les budgets de guerre, cette formulation « augmentation sans fin des dépenses militaires » n’exprime pas toute ma conviction profonde. Je fais partie de ceux qui ont proposé cet amendement. Je l’ai voté, je ne le regrette nullement et, parce que j’ai, moi, une éthique personnelle du respect du mandat, je le défendrai et surtout je l’appliquerai. Dans sa totalité, ce qui me convient et ce qui me convient moins. Syndicaliste, et par ma formation politique, j’ai toujours très apprécié cette formule de Karl Marx : « Chaque étape du mouvement réel est plus importante qu’une douzaine de programmes. »
Vous comprenez qu’un vote unanime dénonçant les massacres à Gaza est tout à l’honneur de toute la confédération CGT-FO. Cela signifie qu’encore à ce jour, et en tout cas dans ses documents de congrès, la confédération CGT-FO ne se situe pas dans le camp de ceux pour qui condamnation de Netanyahou signifie antisémitisme. Et en particulier dans cette période d’instrumentalisation contre tous ceux qui subissent cet amalgame honteux, ce qui va de LFI aux juifs eux-mêmes qui ne sont pas sionistes.
Je suis persuadé que tous les militants et les syndiqués, en particulier dans la santé, qui se sont élevés contre la destruction des hôpitaux à Gaza, l’assassinat des personnels de santé, et qui ont de ce fait subi les foudres de la direction de leur propre fédération, se trouveront confortés dans leurs combats.
Je me dois de remercier celui qui a fait, in extremis, une ultime tentative. Il a proposé d’ajouter le mot « syndicales » à « (…) les initiatives nécessaires (…) ». Cette tentative a été balayée par le congrès qui l’a rejetée.
Confirmant que oui, pour un syndicaliste digne de ce nom, le combat contre la guerre ne saurait être entravé d’exclusives. Oui, le combat contre la guerre nécessite l’unité la plus large, chacun sur son terrain, qu’il s’agisse des partis politiques, LFI ou autres, des associations, des démocrates, des antimilitaristes…
C’est une question de vie ou de mort. Et je me félicite du récent rassemblement parfaitement réussi organisé à Saint-Nazaire par le collectif nazairien antimilitariste « à bas la guerre ! » avec des syndicats, des associations et organisations démocratiques et des partis, pour dire : Non au porte-avions.
Un dernier mot. Je vous ai dit que je suis fidèle au vote unanime du congrès. Ce n’est pas un vain mot. Le congrès a voté à la quasi-unanimité « refus de l’augmentation sans fin des budgets militaires ». Eh bien nous y sommes ! Il y a eu, voilà trois jours, la proposition d’une nouvelle augmentation de 36 milliards pour le budget militaire.
Fidèle au mandat, je proposerai à la prochaine CE un communiqué net et clair contre cette nouvelle augmentation et la proposition de l’action commune en conséquence.
Un dernier mot. Tout le mouvement syndical semble très préoccupé par la montée de l’extrême droite. Ta position ?
Ils ont raison, et je partage cette préoccupation et cette peur ! Il va sans dire que la tradition et la position de l’écrasante majorité de la confédération FO, c’est le refus de l’extrême droite. Tous les partis politiques qui s’opposent à l’extrême droite et qui entendent agir en conséquence ont raison. J’en serai.
Pour moi, syndicaliste, lutter contre l’extrême droite c’est refuser la dérive de destruction des syndicats, c’est maintenir et combattre pour toutes les revendications ouvrières. Et aujourd’hui contre tous les gouvernements qui, en combattant la classe ouvrière, veulent nous y conduire.
