Saint-Nazaire (44), 8 mai : manifestation contre le porte-avions et la marche à la guerre
Non loin de la commémoration officielle du 8 mai 1945, plus d’un millier de manifestants étaient réunis à Saint-Nazaire pour s’opposer à la construction du porte-avions "France Libre" et à la marche à la guerre imposée par le gouvernement Macron-Lecornu.
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Non loin de la commémoration officielle du 8 mai 1945, et sous haute surveillance des forces de l’ordre, plus d’un millier de manifestants, militants associatifs, syndicalistes et politiques étaient réunis le 8 mai à Saint-Nazaire pour s’opposer à la construction du porte-avions France Libre et à la marche à la guerre imposée par le gouvernement Macron-Lecornu.
De violentes charges policières ont été lancées à l’intérieur de la foule pour confisquer une marionnette de papier mâché à l’effigie d’Emmanuel Macron. Distribution de coups de matraque, interpellations, personnes âgées jetées au sol, et une victime transportée d’urgence au centre hospitalier… Pour l’appareil d’État, cette manifestation appelée par le collectif nazairien antimilitariste « À bas la guerre ! », ATTAC 44, le Mouvement de la paix, la Libre Pensée, le collectif « Guerre à la guerre », émancipation, le NPA, Solidaires 44, l’union locale CGT, l’union locale FO, la FSU 44, Femmes solidaires, Jeunes Révolutionnaires, et avec le soutien du MRAP Saint-Nazaire, de LFI Saint-Nazaire et PCF Saint-Nazaire est insupportable.
Mais la détermination est sans faille. Le cortège se reconstitue autour des prises de parole.
Parmi elles, Ronan Lherbier, secrétaire général de l’UD CGT 44, a relevé qu’ « en France, la militarisation des esprits avance à grands pas (…) . Le retour du service national fait suite au service national universel, qui malgré son échec, visait déjà l’endoctrinement de la jeunesse au militarisme. Le recrutement d’une générale des armées à France Travail comme les classes de défense participent à la même logique d’enrôlement des cerveaux » .
Gaël Leturque, mandaté par les instances de l’union locale FO et secrétaire FO des hospitaliers de Saint-Nazaire, a tenu à préciser la place de son syndicat dans ce combat : « Le projet d’actualisation de la loi de programmation militaire prévoit une rallonge de 36 milliards d’euros au budget des armées qui s’ajoutent aux 413 milliards initialement prévus. (…) Dans le même temps, le gouvernement annonce la suppression de 6 milliards d’euros de crédits pour les services publics… (…) C’est ça l’économie de guerre, mes camarades, et nous ne pouvons l’accepter. (…) Ni soldats ni Rafale, des bras, des lits pour l’hôpital ! »
« Combattre nos gouvernements fauteurs de guerre »
Pour le groupe d’action LFI de Saint-Nazaire, Thomas Cartereau a annoncé la tenue d’une conférence suivie d’un second meeting international contre la guerre à Londres. « Rien n’est inéluctable car la population refuse cette situation. (…) Des députés et militants LFI, des militants syndicalistes se retrouveront à Londres le 20 juin, avec les dockers italiens de Gênes, les militants du PTB, de Podemos, du syndicat allemand IG Metall et de très nombreux syndicats anglais, des militants de DSA, etc. Nous nous retrouverons, non pas pour témoigner, mais pour s’organiser pour combattre nos gouvernements et le capital financier fauteurs de guerre (…). »
Et parce que le 8 mai 1945 correspond également au massacre de 45 000 algériens à Sétif, Guelma et Kherrata ordonné par l’impérialisme français, Erika Cadersah, présidente du groupe LFI à Nantes Métropole, est revenue sur son rôle de conseillère municipale : « Je représente aussi les départements et territoires d’outre-mer qui sont la chair à canon préférée de la France. Non, je dis à mon peuple, (…) refusez, ne subissez pas le diktat des militaires ! Johanna Rolland1Présidente de Nantes Métropole. ne se positionne pas contre Naval Group et s’apprête à voter le changement du PLUM2Plan local d’urbanisme métropolitain. pour bétonner les bords de Loire. Nous portons la controverse et nous ne lâcherons rien. Et elle devra répondre de ses actes. »
Par la suite, le cortège s’est dirigé vers la plage où une maquette de porte-avions a été brûlée et des embarcations miniatures ont été lancées dans l’océan en solidarité avec la Flottille de la liberté.
