« Netanyahou, tu as le sang de ma famille sur les mains »

"Collapse : face à Gaza", un documentaire d’Anat Neven, actuellement dans les salles de cinéma.

Affiche du film Collapse (face à Gaza).
Par Dan et Benny Malapa
Publié le 17 mai 2026
Temps de lecture : 3 minutes

« Netanyahou, tu as le sang de ma famille sur les mains », ce n’est pas un Palestinien qui a écrit ces mots ; ils sont inscrits sous les photos d’une famille israélienne décimée pendant l’attaque du 7 octobre.

Cette image, on la trouve dès les premiers plans du documentaire Collapse1En anglais, collapse veut dire effondrement. : face à Gaza, d’Anat Even, réalisatrice israélienne, co-écrit par Ariel Cypel. Les milliers de Palestiniens assassinés depuis et avant la date du 7 octobre, comme les victimes israéliennes, peuvent tous écrire ces mots sous les photos représentants les leurs. Il suffira selon les époques de remplacer Netanyahou, par Menahem Begin, Ariel Sharon, Golda Meir, Ben Gourion et les autres.

Cette inscription répond sans appel à tous ceux qui n’ont jamais cessé de justifier que les Palestiniens soient chassés de leurs terres et qui aujourd’hui soutiennent le génocide et l’épuration ethnique. Elle démontre l’écrasante responsabilité des dirigeants israéliens successifs et de tous leurs soutiens dans le monde (dont Macron) et au premier chef les États-Unis, dans la situation dramatique qui déchire la région et qui voit le martyre du peuple palestinien, du peuple libanais et maintenant du peuple iranien.

L’interdiction de pénétrer dans Gaza de tout journaliste, de tout organe d’information, y compris les journaux israéliens indépendants, détermine le choix de la réalisatrice de filmer de l’extérieur cette prison à ciel ouvert, où sont massacrés les Palestiniens, sans puiser dans les innombrables images que l’on peut trouver sur les réseaux sociaux.

Les auteurs ont aussi voulu montrer que le génocide se perpètre dans l’indifférence et même avec l’accord suicidaire de la majorité de la population d’Israël à qui on apprend dès l’enfance que « les Arabes préfèrent la guerre à la paix ».

Dans ce documentaire, on peut voir des touristes israéliens, en couple ou en famille se prendre en photo sur un belvédère, face à Gaza, construit pour célébrer l’attaque du ghetto par Tsahal en 2014. Ils le font en observant le carnage et les bombardements grâce à des jumelles panoramiques mises à leur disposition.

On peut entendre des soldats regretter que des convois de vivres et de médicaments entrent sur le territoire assiégé. Pour eux, même s’ils sont donnés au compte-goutte, c’est déjà trop.

On peut voir des militaires regretter de quitter le front avant d’avoir vu rasée toute la bande de Gaza.

On peut être témoin d’une réunion internationale de colons, organisée au plus près des ruines, prêts à recoloniser Gaza dès que la « solution finale », qu’ils appellent de leurs vœux, aura été menée à son terme. Au cours de cette rencontre, ils déclarent agir selon leur propre stratégie : « occuper, expulser, coloniser », on pourrait ajouter exterminer.

Personne ne pourra contester ces images filmées par une Israélienne qui les jettent à la face du monde en espérant certainement que des Israéliens les voient pour que la minorité qui refuse courageusement la politique de l’État sioniste se renforce, même si Anat Even a déclaré, dans la discussion qui a eu lieu après la projection qu’elle n’était pas très optimiste même si elle ne voulait pas cesser d’espérer.

On peut voir des D9, ces bulldozers, monstres d’acier de 60 tonnes qui détruisent tout sur leur passage, parqués par centaines, prêts à repartir se livrer à leur activité mortifère. Ils sont tellement le symbole du génocide en cours, que selon la réalisatrice, « un D9 devrait remplacer l’étoile de David sur le drapeau Israélien ».

Il faut aller voir Collapse, sorti depuis le 5 mai, il faut inciter à y aller tous ceux qui veulent contrer les mensonges des médias et la propagande sioniste. Il est dans quarante salles, il faut qu’il tienne le plus longtemps possible.

Concluons cet article par les paroles d’Iman, une Palestinienne de 39 ans, mère de quatre enfants dont un bébé de sept mois, qui, privé du lait dont il avait besoin, est mort d’épuisement et de froid.

« Une mère palestinienne est différente des autres.

Elle se réveille le matin au son des obus et s’endort en serrant ses enfants dans ses bras terrifiés par l’inconnu.

Chaque jour elle tente de semer l’espoir dans les ruines et cache ses larmes pour donner de la force à ses enfants.

La guerre ne détruit pas seulement des gens elle détruit notre avenir à tous.

Mais je continue de croire que notre vie d’avant reviendra. »