A Marseille, une soirée pour dire non à la guerre, non aux budgets de guerre
Jeudi 21 mai, plus de 300 personnes étaient au Molotov, à Marseille, pour la soirée « Femmes et minorités de genre contre la guerre », organisée dans le cadre de la préparation du meeting international contre la guerre qui se tiendra à Londres le 20 juin prochain.
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À l’initiative de militant·es ayant participé au meeting international du 5 octobre dernier à Paris, cette soirée avait pour objectif de rassembler des militant·es autour d’une discussion commune sur la guerre, ses conséquences et les moyens de lutter collectivement contre cette marche au militarisme. La réunion était présentée et animée par Jade et Agathe, jeunes travailleuses et militantes du POI.
Les onze prises de parole ont réuni des intervenant·es issues d’horizons politiques, syndicaux et militants divers (voir encadré). Tous·tes ont abordé, chacun·e à leur manière, les conséquences concrètes de la guerre et de l’économie de guerre avec la destruction des services publics, l’aggravation de la précarité, les attaques contre les droits démocratiques, le racisme, le colonialisme, la répression et les violences visant particulièrement les femmes et les minorités de genre.
Une intervention a particulièrement marqué l’assemblée : celle de Nina, lycéenne engagée dans les mobilisations récentes à Marseille. Elle est revenue sur les blocus et manifestations organisés dans les lycées contre les suppressions de moyens dans l’Éducation nationale avec la fin des demi-groupes, les suppressions de spécialités, la réduction des aides aux
devoirs. Très rapidement, explique-t-elle, les lycéen·nes ont établi le lien entre ces attaques et les milliards consacrés aux budgets militaires.
Cette prise de conscience a permis un élargissement de la mobilisation, notamment parmi des jeunes jusque-là peu politisés. « La jeunesse sait que, après avoir fabriqué les armes, c’est elle qu’on enverra au front », résumait une intervenante. La convergence avec les personnels de l’Éducation nationale et leurs organisations syndicales a conduit à une importante manifestation le 26 mars dernier à Marseille, réunissant plusieurs milliers de lycéen·nes, enseignant·es et parents d’élèves.
Comme l’a rappelé Magali, syndicaliste CGT à la région, « notre combat contre la guerre est un combat de classe ». Elle a souligné que les milliards consacrés à l’armement « ne tombent pas du ciel » mais sont pris sur les budgets sociaux, l’hôpital, l’école, les salaires, les retraites et la protection sociale. Plusieurs interventions ont insisté sur le fait que l’économie de guerre est incompatible avec la satisfaction des revendications ouvrières et populaires.
La richesse et la pluralité des échanges ont permis un véritable espace de convergence politique et militante autour du fait que malgré des parcours, des sensibilités et des cadres d’engagement différents, il est possible de se retrouver sur des questions fondamentales, à commencer par le refus de la guerre, du militarisme et de l’économie qui l’accompagne.
La présence de nombreuses organisations, collectifs et associations à l’entrée de la salle, comme Transat (Association d’auto-support et défense des droits des personnes transgenre) ou l’Union pour la Palestine Marseille (UPM) ainsi que la participation active des militant·es et bénévoles ayant permis la tenue de cette soirée témoignent également de cette volonté de construire des cadres unitaires de discussion et d’action.
La réussite de cette soirée confirme qu’il existe, y compris parmi la jeunesse, les syndicalistes, les militant·es associatifs et politiques, une volonté profonde de discuter, de s’organiser et d’agir contre la guerre et l’union sacrée que tentent d’imposer les gouvernements.
La soirée s’est conclue par plusieurs concerts et moments d’échanges dans une ambiance fraternelle et combative, prolongeant les discussions engagées lors des prises de parole.
Le succès de cette initiative marseillaise confirme qu’un chemin existe pour rassembler largement contre la guerre et son économie. À rebours des discours de résignation et de division, cette soirée a montré qu’il est possible de faire se rencontrer des militant·es venu·es d’horizons différents pour construire des perspectives communes de lutte, dans la préparation du meeting international de Londres et des mobilisations à venir.
Elles et il ont pris la parole : Fatma Salhi, enseignante et syndicaliste FO dans l’enseignement ; Magali Escot, syndicaliste CGT au conseil régional ; Florence Heskia, Global Sumud France, Flottille vers Gaza ; Gabriel, association Transat ; Victoire Diethelm, militante France insoumise ; Nadia, Union pour la Palestine Marseille ; Mimi Aumneko, activiste décoloniale transféministe ; Annouk Brunet, assistante d’éducation, syndicaliste CGT ; Aminda Huile, Libre Pensée ; Nina, lycéenne ; Sabrine, Union étudiante. |
