Encore et toujours, les retraites…
L’ex-Premier ministre, Gabriel Attal, a déclaré : « Ce que je propose, c’est un système débarrassé de l’âge légal de départ et fondé sur la seule durée de cotisations, avec une part de capitalisation ». Jordan Bardella (RN) ne dit pas autre chose.
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En meeting de lancement de campagne le 30 mai dernier à la porte de Versailles à Paris (qui a peiné à réunir 4 000 participants là où il y a dix ans, Macron en avait réuni presque quatre fois plus), l’ex-Premier ministre, Gabriel Attal, a déclaré : « Moi je ne veux pas que le débat de la présidentielle sur les retraites se résume au fait de savoir s’il faut ramener l’âge de départ à 60 ans ou le décaler à 67 ans, c’est plus le débat, il faut changer de système. Ce que nous voulons, ce que je propose, c’est un système plus juste, un système plus libre, un système débarrassé de l’âge légal de départ fondé sur la seule durée de cotisations (…). Un système avec une part de capitalisation ».
Deux jours plus tôt, le président du Rassemblement national (RN) n’a pas dit autre chose. Interrogé sur LCI, Jordan Bardella a affirmé : « Le système des retraites aujourd’hui n’est pas soutenable sur le plan économique (…). L’âge de départ ne veut rien dire. Parce que, pour que le système soit beaucoup plus lisible et beaucoup plus juste, il faut regarder le nombre d’années cotisées ». Quant à la capitalisation, le journal L’Humanité (2 juin) rapporte : « Lors d’une rencontre avec des journalistes, le président du RN (…) a défendu l’introduction d’une part de capitalisation dans le système de retraites. ».
Dans son rapport introductif au 54e Congrès de la CGT à Tours ce 1er juin, la secrétaire générale, Sophie Binet, a affirmé à propos des retraites : « Aucun candidat, aucune candidate n’aura les voix de la CGT, n’aura les voix des travailleurs et des travailleuses, sans s’engager à abroger la réforme des retraites sitôt arrivé à l’Élysée ! Et on ne s’arrêtera pas là ! Nous voulons la retraite à 60 ans ».
De fait, cela disqualifie Raphaël Glucksmann et tous ceux qui le soutiennent, lui qui vient de sortir un livre dans lequel il écrit : « Dire qu’un cadre d’une grande entreprise et un employé d’une administration ayant entre vingt et trente ans d’espérance de vie en bonne santé à la retraite peuvent travailler plus longtemps pour que la nation investisse dans l’éducation de leurs petits-enfants, ou pour que le salaire net de leurs enfants puisse augmenter ne me semble pas injuste. ». No comment…
À l’inverse, cela crédite la France insoumise et son candidat, Jean-Luc Mélenchon, qui n’ont pas cessé de défendre la retraite à 60 ans et pour cela, l’abrogation de la réforme des retraites. Il est d’ailleurs le seul à être resté fidèle au programme du Nouveau Front populaire pour lequel la CGT a appelé à voter en 2024. Et il est, de loin, celui qui est aujourd’hui en capacité de l’emporter face à un Jordan Bardella ou un Edouard Philippe. Ne pas appeler à le soutenir serait, pour la masse des militants CGT et plus largement des syndicalistes et des démocrates sincères, pour le moins incompréhensible.
