Glucksmann dans les pas de la réaction

« Nous refusons le déclassement et le déclin » annonce Raphaël Glucksmann. Mot pour mot ce qu’a dit Gabriel Attal lors de son meeting de lancement de campagne à Paris.

(photo AFP).
Par Rosalie Albani
Publié le 7 juin 2026
Temps de lecture : 2 minutes

Raphaël Glucksmann vient de sortir un livre qui s’apparente à un programme présidentiel « Nous avons encore envie ». Alors que Glucksmann revendique incarner « la vraie gauche », il s’inscrit totalement dans la continuité de Macron. Son directeur de campagne n’est autre que le député Aurélien Rousseau qui était le directeur de cabinet de Madame 49.3, la Première ministre Borne.

Résolument pro-guerre et ancien conseiller d’un dictateur géorgien, Glucksmann n’est pas le dernier lorsqu’il s’agit d’aller sur un terrain réactionnaire. Le Média a relevé de nombreuses expressions utilisées par Glucksmann empruntées à la droite ou l’extrême droite : « Que la France redevienne la France » : c’était le slogan d’Eric Zemmour en 2022. « J’ai envie qu’on arrête de baisser les yeux face aux dealers du coin de la rue » ressemble à s’y méprendre à ce que déclarait Marine Le Pen « baisser les yeux face à un regard menaçant », Eric Zemmour « baisser les yeux devant les racailles », Jordan Bardella « chaque fois que la République baisse les yeux, l’ensauvagement de la société gagne du terrain » ou Valérie Pécresse « je ne veux plus qu’aucun Français, aucune Française ne baisse les yeux, ne rase les murs ».

Dans l’interview du 20 heures de TF1, il a déclaré : « Je propose un service civique obligatoire dans lequel chaque jeune Français donne son temps à sa patrie, à sa nation ». Mot pour mot ce qu’annonçait le candidat Nicolas Sarkozy en campagne en mars 2007. Et que dire des retraites !

Dans son livre, Glucksmann renonce à l’abrogation de la retraite à 64 ans, reprenant le fameux argument de la démographie, frauduleusement utilisé par Macron et la droite depuis des années pour défendre un nouveau report de l’âge de départ à la retraite pour certains. « Qui peut croire qu’avec de tels renoncements, on puisse prétendre représenter la gauche ? » feint de s’interroger Manuel Bompard sur son compte X ? Difficile en effet…