Pérou : « Second tour de l’élection présidentielle, le 7 juin, votons pour la victoire de Roberto Sanchez et de l’Assemblée constituante »
« Nous appelons à former des comités de campagne afin de défendre le vote en faveur de Roberto Sanchez et de vaincre Keiko Fujimori, la candidate des patrons capitalistes et de l’impérialisme américain. » Nous reproduisons l'éditorial du journal El Trabajo (Pérou).
- Actualité internationale, Pérou

L a candidate de l’extrême droite, Keiko Fujimori, et le candidat de gauche Roberto Sanchez, de l’alliance Ensemble pour le Pérou (JP), accèdent au second tour de l’élection présidentielle, qui se tiendra le 7 juin. (…)
Lopez Aliaga, le candidat de droite arrivé en troisième position, a dénoncé une fraude électorale et a fortement attisé la situation politique en exigeant de « nouvelles élections » ou une insurrection populaire. Dans cette même logique putschiste, le général à la retraite Roger Zevallos a proposé un « coup d’État militaire démocratique » dans le cas où Roberto Sanchez l’emporterait.
Keiko Fujimori, candidate des patrons capitalistes, contre Sanchez, candidat de la résistance populaire
Il ne fait aucun doute que derrière ces manœuvres politiques se trouve la main noire de l’ambassade des États-Unis à Lima, qui cherche à semer le chaos dans le processus électoral en utilisant les deux cartes de la droite (le fujimorisme et Rénovation populaire) afin de reprendre le contrôle du pays dans sa rivalité avec les investissements chinois et, au passage, faire aboutir la vente d’avions F-16 obsolètes pour plus de 3,5 milliards de dollars, un contrat qui n’a pas encore été conclu.
Dans cette situation, la résistance syndicale et populaire ouverte en décembre 2022 après le renversement de Pedro Castillo1Élu en juillet 2021 pour un mandat de cinq ans, sur un programme d’assemblée constituante et de défense de la souveraineté nationale, Castillo a été destitué par le parlement en décembre 2022, après une tentative de convoquer une constituante aux pouvoirs restreints, qui a échoué parce qu’elle ne répondait pas à l’aspiration d’une constituante souveraine. Il a ensuite été emprisonné. s’est exprimée sous diverses formes, affrontant directement les dictatures de Dina Boluarte et José Jeri, ainsi qu’un Congrès en crise. Cette résistance n’a été ni dissoute ni détruite. Sa continuité dans la majorité des régions a été nourrie par la Coordination nationale unitaire de lutte (CNUL) et diverses organisations régionales de la CGTP2Confédération générale des travailleurs du Pérou, plus large confédération syndicale du pays., souvent au-delà de leur direction nationale, dans la recherche de l’unité la plus large pour mettre fin à l’oppression et à la pauvreté croissante. (…) Cette même résistance constitue également le principal levier de la lutte contre la privatisation de Petroperu. (…) C’est aussi cette résistance qui a alimenté le rejet populaire du Congrès, rejet qui dépasserait 95 % de la population. (…)
Dans cette situation, unis à la résistance populaire nationale, El Trabajo propose que le 7 juin, lors du second tour de l’élection présidentielle, nous votions pour la victoire de Roberto Sanchez, afin que son gouvernement mette en œuvre les mesures suivantes:
– annuler la privatisation de Petroperu, de l’eau potable et toutes les autres privatisations;
– réaliser une seconde réforme agraire en faveur des paysans;
– accorder davantage de ressources aux écoles et aux hôpitaux publics; – respecter les conventions collectives et les droits des travailleurs;
– exiger la liberté pour Pedro Castillo et pour les prisonniers politiques de la cause populaire;
– convoquer une Assemblée constituante souveraine et dotée d’un pouvoir effectif.
Nous appelons à former des comités de campagne et à inscrire des représentants dans toutes les régions et tous les coins du pays afin de défendre le vote en faveur de Roberto Sanchez et de vaincre Keiko Fujimori, la candidate des patrons capitalistes et de l’impérialisme américain.
