Choose France : des milliards pour quoi faire ?

Instauré par Macron en 2018 pour brader des pans entiers de l’industrie française à des investisseurs étrangers, la 9e édition de Choose France s’est tenue à Versailles durant ces derniers jours de mai.

Embrassade à plusieurs milliards avec le géant de la Tech japonaise au sommet Choose France (photo AFP).
Par Jo Calathea
Publié le 7 juin 2026
Temps de lecture : 2 minutes

Bilan de cette année : 71 nouveaux investissements en France, 93 milliards d’investissement. Pour la population ? Pour les services publics? Non : « c’est évidemment beaucoup d’IA, de datacenters avec, je dirais, deux acteurs massifs que sont SoftBank (géant de la Tech japonais, ndlr) et que sont Mubadala et MGX (ces deux groupes appartiennent au gouvernement d’Abu Dhabi, ndlr) » répond Macron dans son discours de clôture.

Le représentant de Brookfield Asset Management (le pendant canadien de BlackRock dans la gestion d’actifs), « la France est une bonne destination pour les infrastructures d’intelligence artificielle », elle « possède une importante production d’énergie nucléaire », a-t-il expliqué à des journalistes lors de la rencontre.

Donc le pillage de nos ressources au profit des grandes entreprises.

Au même moment, Michelin annonce la suppression de 1500 emplois en France qui s’ajoutent aux 1246 supprimés en 2024.

93 milliards pour la Tech et la guerre

Les data centers ce sont aussi : nuisances sonores et augmentation de la chaleur pour les riverains, pollution (les data centers sont responsables de 46 % de l’empreinte carbone numérique) et potentielles coupures d’électricité.

Le projet de SoftBank à lui seul prévoit de faire passer la France de 1,5 GW à 3 GW de capacité d’ici 2031, voire 5 GW si possible, avec plusieurs campus géants dans le nord de la France, soit une multiplication par six de la production. Actuellement, la direction générale des entreprises compte déjà 300 data centers en France, chiffre qui a considérablement augmenté en raison des 100 milliards d’euros d’investissements dédiés à l’IA et aux infrastructures numériques depuis 2025.

Emmanuel Macron a estimé que ces projets permettaient  « de faire de la France de très loin le premier pays accueillant des centres de données » et « le point avancé de la production de robot IA, d’industrialisation par l’IA ».

Dont l’industrie de l’armement…

Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Macron met également en lumière le fait que l’entreprise Scania va investir 70 millions d’euros pour produire des camions électriques à Angers… Scania France vient d’annoncer le renforcement de ses activités dans le secteur militaire. Le constructeur a annoncé avoir remporté un contrat de la direction générale de l’armement concernant la fourniture de seize véhicules porteurs polyvalents V3P destinés aux forces armées françaises.

Dans un communiqué de presse annonçant au 15 juin la publication d’un rapport d’enquête parlementaire, le groupe LFI résume : « Les sommets Choose France condensent 10 ans de politique macroniste: vente à la découpe de pépites industrielles françaises au profit de fonds prédateurs. (…) Le gouvernement brade aux investisseurs étrangers notre droit environnemental pour recouvrir la France de plateformes logistiques et de datacenters (…) : la France devient une grande zone franche où la santé publique et la biodiversité sont des variables d’ajustement ».