Algérie : Législative 2026, sans un communiqué, le Parti des travailleurs alerte sur l’exclusion de ses candidats

Plusieurs dossiers de candidature aux législatives du 2 juillet 2026 sur la majorité des listes présentées par le parti à l’échelle nationale ont été rejetés suite aux enquêtes dites administratives...

Le parlement à Alger, septembre 2020. (AFP)
Par Parti des travailleurs d'Algérie
Publié le 7 juin 2026
Temps de lecture : 3 minutes

Le Parti des travailleurs informe :

Plusieurs dossiers de candidature aux législatives du 2 juillet 2026 sur la majorité des listes présentées par le parti à l’échelle nationale ont été rejetés suite aux enquêtes dites administratives pour des motifs aussi vagues que flexibles attribués par les accusations portées à l’encontre des candidats, comme : « portant atteinte à la moralisation de la vie politique », « comportements connus par le grand public », « relation avec des activités suspectes », « rejeté dans son milieu social » ou encore « relation avec les milieux financiers et activités suspectes »… ainsi que d’autres accusations farfelues, imprécises et infamantes.

Le Parti des travailleurs s’interroge :

Comment comprendre et expliquer de telles condamnations sans procès, prises par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) suite à des enquêtes administratives ?

Le Parti des travailleurs constate le rejet systématique de la quasi-totalité des recours par les tribunaux administratifs qui décrètent unanimement leur irrecevabilité.

Comment comprendre que les raisons avancées sont les mêmes dans toutes les wilayas où les dossiers de candidatures ont été rejetés ? Plus encore, comment expliquer que des accusations infamantes touchant à l’honneur soient prises dans certaines wilayas à l’encontre de candidates et candidats jetant l’opprobre sur elles/eux, leurs familles respectives et leur Parti ?

L’étendue des décisions d’exclusion a transformé l’article 200 de la loi électorale en un rouleau compresseur écrasant les droits constitutionnels des candidats.

De fait, les militantes et militants sincères exclus ont été dépossédés sans procès de leurs droits civiques et politiques, garantis par la Constitution, alors qu’ils n’ont jamais été jugés et/ou condamnés pour un quelconque crime ou simple délit, entraînant clairement la déchéance de l’un de leurs droits fondamentaux. Comment peut-on porter des accusations d’une extrême gravité sans aucune preuve matérielle à l’encontre de citoyennes et citoyens jamais poursuivis par la justice pour de telles pratiques et qui par ailleurs les combattent ?

Le Parti des travailleurs réaffirme qu’il n’existe pas dans ses rangs de militantes et militants qui ont un quelconque lien avec des activités suspectes ou en rapport avec l’argent sale, et que le Parti est un pionnier de la lutte contre ce fléau dès le début de sa propagation avec le mélange entre la politique et l’argent et la constitution de l’oligarchie prédatrice. Il réaffirme que notre patriotisme est incontestable et nous l’avons démontré à maintes reprises avec la reconnaissance nationale et internationale par nos positions et nos actes et non pas par des slogans creux.

Depuis quand les « soupçons » sont privatifs des droits constitutionnels, alors même qu’aucune enquête n’a été ouverte pour les confirmer par voie de justice ? Mais quel est donc l’objectif recherché à travers une telle opération d’envergure nationale qui cible et salit des dirigeants, des cadres, des militantes et militants leur confisquant de fait leur citoyenneté ?

Dans les faits, les électrices et électeurs se trouvent dépossédés du libre choix parmi les candidats en lice.

Bien évidemment, tous les candidates et candidats du Parti des travailleurs exclus pour des motifs infamants et non fondés par le recours abusif à l’article 200 de la loi électorale lequel est également contesté par la quasi-totalité des partis politiques lors des consultations organisées par la présidence de la République sur la loi électorale ont introduit des recours près des tribunaux administratifs et useront de toutes les voies de recours légales, mais il s’agit là d’une question éminemment politique que seule une décision politique peut régler.

Le Parti des travailleurs exprime ses inquiétudes sur la signification de ces pratiques d’une extrême brutalité qui apparaissent comme des signes avant-coureurs de davantage de fermeture politique et de caporalisation de l’instance législative, empêchant les députés de respecter leurs engagements électoraux et d’exercer leur mission parlementaire de contrôle de l’exécutif.

Nous exprimons notre profonde inquiétude car il s’agit là d’une dérive gravissime sans précédent depuis 1997, susceptible de jeter le discrédit sur le processus électoral et l’action politique organisée, ce qui peut entraîner une défiance populaire à l’égard du futur scrutin et y compris fournir des prétextes aux pressions extérieures et à l’ingérence étrangère.

Le Parti des travailleurs interpelle le président de la République en sa qualité de premier magistrat du pays et garant de la Constitution et, qui a assuré moult fois que le scrutin sera transparent, pour qu’il ordonne l’arrêt du massacre en cours du processus électoral, plus précisément le gel de l’article 200 de la loi organique portant régime électoral, considéré par la Cour constitutionnelle comme opaque et flou, et les articles 1er et 206 de la même loi qui ont servi de couverture légale à l’exclusion massive de candidats intègres, ainsi que les rejets pour des affaires en justice sans condamnations définitive ce qui est contraire à la loi électorale elle-même ou encore concernant des candidats qui ont été innocentés dans des affaires et qui y compris ont été réhabilités.