Meeting LFI de Saint-Denis : la démonstration de force
Parce que nous entendons aider à consolider cette force qui veut réellement la rupture, contre la « stabilité » du système défendu par Macron et soutenu par le PS, et contre l’extrême droite, nous sommes à fond dans la campagne pour Jean-Luc Mélenchon.
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Au prétexte des projections de baisse de 3,2 millions de la population à l’horizon 2070 prévues par l’INSEE, et afin de « limiter la dégradation des comptes », le Conseil d’orientation des retraites vient de proposer de repousser l’âge légal de départ à la retraite à « 64,4 ans en 2030, 65,8 ans en 2045 et 67,6 ans en 2070 ».
Dimanche 7 juin, le candidat de la France insoumise (LFI) à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, en meeting à Saint-Denis, a annoncé « réparer les dégâts » en réaffirmant l’abrogation de la réforme des retraites à 64 ans, pour un retour aux 60 ans, mais aussi passer le SMIC à 1 700 euros et revenir à une « Sécurité sociale intégrale gérée par ses cotisants ». Sans oublier un hommage ovationné « aux peuples qui résistent contre un envahisseur », en particulier « au peuple palestinien invaincu, martyr d’une invasion et d’un génocide ».
Il ne faut pas voir ailleurs les raisons du succès de ce début de campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon : que ce soit sur les questions sociales (salaires, emplois, retraites), économiques (accords de libre-échange) ou internationales (contre le génocide en Palestine, pour l’indépendance de la Kanaky), c’est sur une ligne de rupture avec le système que d’ores et déjà des millions se tournent vers la candidature de LFI. Avec ferveur, enthousiasme et en même temps beaucoup d’attente, comme en témoignent sur les réseaux sociaux ces nombreuses réactions passionnées de jeunes qui participent pour la première fois à un meeting politique.
Le journal financier l’Opinion (8 juin) relève que le meeting de Saint-Denis a réuni autant de monde que le dernier meeting de campagne avant le premier tour des présidentielles de 2022.
Depuis dimanche, LFI a enregistré 4 000 soutiens supplémentaires sur la plateforme « melenchon2027.fr », le meeting a été visionné 340 000 fois en vingt-quatre heures, rien que sur YouTube. De quoi inquiéter sérieusement les éditorialistes de la presse bourgeoise ou des anciens compagnons de route de Jean-Luc Mélenchon au Parti socialiste (PS), devenus aujourd’hui adversaires irréductibles.
Antoine Oberdorff, journaliste au service politique de l’Opinion, a déclaré sur Franceinfo (8 juin) : « Si vous voulez avoir la définition de ce qu’est un mouvement de masse (…), vous allez hier au meeting de la France insoumise à Saint-Denis, vous avez 26 000 personnes dans la rue. »
Julien Dray, ancien député et porte-parole du PS : « Je vous dis simplement mon inquiétude à moi, c’est qu’on va droit devant un drame terrible, (…) cette sous-estimation de la candidature de Mélenchon, où j’ai entendu des dizaines de gens me dire : “Mais il sera jamais élu, mais il fera jamais rien, mais il est marginalisé” : vous allez avoir des mauvaises surprises. »
Nul doute que cette « inquiétude » partagée par les sommets de l’État trouvera à s’exprimer autrement que par des déclarations : en tout état de cause, pour ce qui nous concerne, et parce que nous entendons aider à consolider cette force qui veut réellement la rupture, contre la « stabilité » du système défendu par Macron et soutenu par le PS, et contre l’extrême droite, nous sommes à fond dans la campagne pour Jean-Luc Mélenchon.
Un nouveau « moi candidat » au PSLa liste des candidats du PS à l’élection présidentielle s’allonge semaine après semaine. Après Hollande, Cazeneuve, Guedj et Glucksmann, c’est au tour du maire PS de Saint-Ouen (93) d’annoncer sa candidature sur le plateau la matinale de France Inter le 9 juin. « Karim Bouamrane, au service de qui ou de quoi allez-vous mettre votre voix en vue de 2027 ? » lui demande Benjamin Duhamel. Karim Bouamrane : « De moi-même. Moi, Karim Bouamrane, je suis candidat pour les prochaines élections présidentielles. » Si on avait encore un doute sur ce qui guide l’action politique de ces gens-là… « La gauche hors LFI en plein embouteillage » s’inquiète Ouest-France. Et plus que jamais embourbée dans la question de la primaire. Car à toutes ces candidatures socialistes s’ajoutent celles déjà connues des François Ruffin, Clémentine Autain, Marine Tondelier, Delphine Batho, etc. Primaire dont Jean-Luc Mélenchon a réglé le sort lors du meeting de Saint-Denis le 7 juin en déclarant qu’elle était « finie ». La Ferrari insoumise est lancée et elle est a déjà plusieurs longueurs d’avance sur la « gôche » et tous ses avatars. |
Didier Lallement invité par le PS à débattre !Le Parti socialiste a lancé lundi son groupe de réflexion « Noûs ». Olivier Faure y invite les socialistes à réfléchir sur « ce que nous avons mal fait ». Les séances risquent donc d’être longues… Pour leur première séance, les socialistes ont invité l’ancien préfet de police de Paris Didier Lallement, l’éborgneur en chef des gilets jaunes ! « Et ce n’est pas un gag » a ironisé Jean-Luc Mélenchon sur X. Lallement et Faure partagent leur haine de LFI et de Jean-Luc Mélenchon. Lallement ne s’est pas privé de tacler le leader insoumis lors de son intervention dans les débats du think tank socialiste. Et puis Lallement et Faure étaient présents à la funeste manifestation de la police en mai 2021 aux côtés de Darmanin, Bardella venu avec le RN en nombre, Meyer Habib, Laurent Wauquiez et bien d’autres. Pas si étonnant que cela finalement que Faure ait invité Lallement… |
