Capitalisme, guerre et résistance

Depuis le 13 juillet, les frappes américaines ont repris de manière intensive sur l’Iran. Cette guerre répond à une nécessité pour le système capitaliste, mais elle n'est approuvée que par 30 % des Américains. Pas simple pour Trump...

Lancement d'un missile contre l'iran par la marine américaine, le 17 juillet 2026. (Monatge IO / photos AFP et CENTCOM via AFP)
Par Jacques Palmi
Publié le 22 juillet 2026
Temps de lecture : 2 minutes

Depuis le 13 juillet, les frappes américaines ont repris de manière intensive sur l’Iran, ce qui a mis officiellement fin au semblant de « cessez-le-feu », entériné depuis le 17 juin 2026 par le mémorandum d’entente signé à Versailles, qui prévoyait l’arrêt des opérations militaires, la réouverture du détroit d’Ormuz à la navigation commerciale, la reprise des négociations sur le nucléaire iranien et la levée des sanctions. À ce jour, le CENTCOM (commandement militaire américain) informe que ce sont dix nuits consécutives de frappes qui ont été menées, une campagne de bombardements inédite depuis la reprise des hostilités, avec son lot de morts et de désolation. De son côté, l’Iran réplique en bombardant les bases américaines des pays voisins, faisant apparaître les premières pertes officielles américaines (17 morts, plus de 430 blessés).

Cette nouvelle escalade militaire met la région au bord de l’embrasement, alors que l’armée américaine déploie en urgence des F-16 basés en Allemagne, et qu’elle redéploie des avions ravitailleurs vers le Moyen-Orient. Vendredi, le site d’information Axios indiquait que des plans d’attaque étaient sur le bureau de Trump, avec une possibilité d’opération aéroterrestre, donc de déploiement de GI américains sur le sol iranien.

Pas si simple pour Trump, qui voit sa cote de popularité chuter1Moins 10 points depuis le début de la guerre, ce qui le rapproche de son niveau le plus bas lors de son premier mandat, et qui est inférieur à celui de la plupart des présidents américains au même stade de leur mandat. à quelques semaines des élections de mi-mandat, faisant apparaître des fractures dans son propre camp, lui qui avait fait campagne sur le slogan America First, promettant de ne plus engager les États-Unis dans des guerres extérieures.

En l’espace de six mois, cette guerre est devenue aussi rejetée que la guerre du Vietnam en six ans.

Selon un sondage de The Economist, seulement 30 % d’Américains approuvent l’intervention en Iran, ce qui en fait la guerre la plus impopulaire de l’histoire des États-Unis : un chiffre historique. Cette escalade est source d’inflation, inflation qui touche les classes les plus laborieuses. Au lendemain des premiers bombardements, une envolée spectaculaire du baril de pétrole était constatée.

Cette guerre, comme celle en Ukraine, répond à une nécessité pour le système capitaliste, qui a besoin de l’industrie d’armement comme volet d’entraînement de l’économie. C’est notamment pour cette raison que partout dans le monde, et particulièrement en Europe, les gouvernements préparent les guerres. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre, en France, le nouveau budget 2027, la militarisation croissante de la jeunesse, les lois de démantèlement des services publics et de la protection sociale ainsi que les lois liberticides que le gouvernement Macron-Lecornu est en train de faire passer en plein été, avec l’aide directe ou indirecte du PS et du RN, car il leur faut un arsenal juridique pour réprimer la résistance qui s’exprime et qui sans nul doute va s’amplifier.