Contre les besoins de la population et pour la guerre, un seul et même bloc pour maintenir Macron en place

Budgets de guerre, lois « permis de tuer XXL »et « Duplomb 2 »... Du PS au RN, ils maintiennent Macron au pouvoir.

Montage IO / photos AFP
Par Gabriel Caruana
Publié le 22 juillet 2026
Temps de lecture : 4 minutes

Les attaques militaires de Trump dans le détroit d’Ormuz avec annonce de déploiement des troupes au sol constituent un nouveau palier dans la guerre de l’impérialisme américain contre l’Iran. Dans le même esprit, le 14 juillet dernier, avec une « Coalition des volontaires » de 37 pays, Macron s’engageait à des exercices « dans les mois à venir pour faire la démonstration de la capacité de la MNF-U (la Force multinationale en Ukraine, Ndlr) à intervenir, une fois les hostilités cessées ».

Qu’on veuille la voir ou la cacher, la marche à la guerre est bien une réalité. Elle a son corollaire, l’économie de guerre, qui permet aux multinationales de s’enrichir sans compter grâce aux budgets d’armement des États.

Une grande coalition guerrière, du PS au RN

Le 6 juillet dernier, la motion de censure était rejetée, votée par les députés écologistes, LFI et pour partie du PCF. Elle avait pour objet « l’inaction climatique » du gouvernement Lecornu, problème vital au moment où, faute des investissements nécessaires, des milliers d’hectares partaient en cendres, des écoles étaient fermées à cause des températures, des patients mourraient aux urgences du fait de la chaleur…

Le bloc qui s’est opposé à cette censure va du Parti socialiste au Rassemblement national, en passant par la macronie et LR. C’est le même que celui qui a voté d’une seule voix la dernière loi de programmation militaire.

Il n’y a pas de hasard. Ce sont eux qui autorisent les multinationales de l’armement à piller le budget du pays pour satisfaire leurs appétits financiers, même s’ils se camouflent derrière les vocables de « droit et démocratie ».

Tous ces gens, en toute conscience, soutiennent Netanyahou et sa bande, malgré leurs dissensions, pour continuer à massacrer les Palestiniens. Dans le même temps, leurs agences en France tentent désespérément d’enrayer le soutien massif aux Palestiniens par de pitoyables accusations d’antisémitisme, ce qui était encore visible pendant la Coupe du monde de football.

La crise politique donne chaque jour une nouvelle candidature à gauche, une nouvelle fissure dans le bloc gouvernemental, une nouvelle traîtrise à droite, mais le gouvernement avance, sûr de ne pas être censuré, car cette « grande coalition » guerrière, du PS au RN, est d’accord sur l’essentiel : lui permettre de continuer ses basses œuvres.

Le 7 juillet, c’est la loi « permis de tuer XXL », portée à l’origine par le RN, qui était adoptée avec la droite et la macronie, ouvrant la voie à la terreur d’État des forces policières contre la jeunesse et la population, à l’image de l’ICE de Donald Trump. Elle rajoute de l’impunité aux forces policières à celle déjà installée par la première loi Cazeneuve.

Le 20 juillet, c’est au tour de la « loi Duplomb 2 » d’être votée, autorisant, malgré la signature de 2 millions de citoyens, des pesticides cancérigènes et confisquant la ressource en eau pour les multinationales de l’agroalimentaire.

Le budget 2027 pour les prédateurs de l’économie de guerre

Le 7 juillet, le « Comité d’alerte des finances publiques » annonçait 3 milliards d’annulations de crédits au budget 2026, qui se rajoutent aux 6 milliards déjà inscrits dans deux décrets du 11 juin. 9 milliards en moins pour l’école et l’université, pour la culture, pour la Sécurité sociale, pour les collectivités locales, pour la prévention des risques, pour le droit d’asile et l’immigration : c’est exactement le montant de l’augmentation des dépenses militaires dans le même budget, autorisé par la « grande coalition ». C’est déjà le « prix du sang », exigé par Macron le 13 juillet, facturé à la population sur ses besoins vitaux, alors que ses enfants sont sommés dans le même temps d’aller verser le leur pour les besoins des prédateurs de l’économie de guerre.

Et le gouvernement a déjà publié ses « plafonds de dépenses » pour le budget 2027 – ils sont de la même eau : augmentation du budget militaire et de la police, serrage de ceinture pour tous les autres.

Marine Le Pen : « On le laissera passer »

Le gouvernement avance sûr de lui, s’il a pu compter sur le PS l’an dernier, il aura cette année un autre allié de poids. Selon Le Canard enchaîné, Marine Le Pen aurait confié aux siens : « On le laissera passer », Sébastien Chenu rajoutant en petit comité : « On n’a aucun intérêt à faire tomber le gouvernement Lecornu. » Voilà qui est clair.

Mais la « grande coalition » a ses limites, Macron a aussi besoin de la bienveillance des organisations syndicales pour tenir. Le projet de budget de guerre de 2027 est connu et les premiers concernés, ce sont bien les travailleurs. Mais pour le moment il n’a provoqué aucune réaction des directions des confédérations sinon de discrètes protestations au moment des mesures du Comité d’alerte.

Pourtant la résistance à la politique de Macron est là. Ces directions feraient bien d’en tenir compte et de s’y appuyer pour engager le combat pour bloquer.

Le 19 septembre contre « le permis de tuer »

Dans les hôpitaux, des grèves et mouvements s’organisent même en été pour défendre les revendications. Dans de nombreuses écoles, lycées et collèges, les enseignants, les parents se sont quittés avec la ferme volonté de se retrouver à la rentrée si leurs revendications sur les suppressions de classes et de postes ne sont pas satisfaites.

Et le 19 septembre, des associations et syndicats, avec la France insoumise, annoncent une marche nationale contre la loi sur le permis de tuer. Nul doute qu’elle sera une occasion d’affirmer la volonté de dégager Macron et sa coalition, volonté qui s’exprime aussi par l’afflux dans les initiatives prises par la France insoumise dans sa campagne pour le vote Mélenchon.