« De services publics, pas la guerre ! »
Nous publions des extraits de l’intervention de Fran Heathcote, secrétaire générale du syndicat des services publics PCS de Grande-Bretagne au meeting contre la guerre qui s’est tenu à Londres le 20 juin.
- Actualité internationale, Meeting Londres

« Les objectifs du mouvement syndical, qui représente les intérêts des travailleurs et des classes populaires, et ceux du mouvement contre la guerre sont indissociables. L’an dernier, j’ai participé à la conférence internationale contre la guerre à Paris. Ce fut un événement extraordinaire, avec une atmosphère formidable : des milliers de personnes venues de toute l’Europe, réunies dans une même enceinte, déterminées à construire ensemble un monde plus pacifique.
Au début de cette semaine, je me trouvais à Dublin pour une conférence réunissant 28 organisations syndicales de 15 pays, organisée par la Confédération européenne des syndicats, qui représente 45 millions de travailleurs à travers l’Europe. Cette conférence a adopté un plan visant à renforcer les capacités des syndicats en matière de résolution des conflits et de construction de la paix, ainsi qu’à développer leur rôle dans l’action humanitaire et dans la défense du droit international humanitaire à travers le monde.
Mes adhérents ont été très clairs : leur solidarité va entièrement aux peuples opprimés, à celles et ceux qui subissent les conséquences de guerres illégales. Nous avons également constaté que l’invasion de l’Ukraine par Poutine et les bombardements de l’Iran par Trump ont eu des conséquences immenses et dévastatrices sur le niveau de vie des travailleurs partout dans le monde.
Ainsi, au-delà de notre solidarité humanitaire, la guerre est une réalité qui a des conséquences matérielles directes sur la vie des travailleurs du monde entier.
Aujourd’hui, le gouvernement britannique envisage des coupes budgétaires massives dans l’ensemble des services publics, du Service national de santé (NHS) à la protection sociale, afin de financer une nouvelle politique de réarmement, en présentant la menace russe comme justification.
Il ne fait aucun doute que l’invasion illégale de l’Ukraine par Poutine constitue un acte d’agression. Mais quatre ans après le début de ce terrible conflit, la Russie n’a pas réussi à progresser et s’est enlisée. L’idée qu’elle puisse mener une guerre sur plusieurs fronts, et encore moins déferler à travers l’Europe, relève de la fiction.
Par ailleurs, le Royaume-Uni consacre déjà, en valeur absolue, davantage de dépenses militaires que tous les pays de l’Union européenne, à l’exception de l’Allemagne. Et rapportées au PIB, nos dépenses militaires sont supérieures à celles de l’Allemagne, de la France, de l’Italie et de l’Espagne. À elles seules, les dépenses militaires de l’Allemagne et du Royaume-Uni dépassent celles de la Russie de Poutine. Les dépenses militaires de l’Union européenne dans son ensemble sont très supérieures à celles de la Russie. C’est pourquoi cette conférence internationale contre la guerre est si importante.
Notre mot d’ordre doit être : “Des services publics, pas la guerre.”
Qui souhaite vivre dans un pays où de nouveaux bombardiers rutilants restent au sol tandis qu’un nombre record de familles sont sans logement et que des millions d’enfants voient leur avenir brisé par la pauvreté ?
Qui veut de nouveaux navires de guerre alors que les listes d’attente du NHS rendent l’accès aux soins essentiels pratiquement inaccessible et que la prise en charge de la dépendance demeure une honte nationale ?
Nous avons besoin d’investissements qui créent des emplois verts, restaurent l’environnement et favorisent la paix, non d’investissements dans la mort et la destruction. Le Parti travailliste changera peut-être bientôt de dirigeant, mais il doit aussi changer de cap.
Le syndicat PCS est fier de soutenir la coalition Stop the War depuis sa création, et les faits nous ont donné raison à maintes reprises, qu’il s’agisse des guerres désastreuses en Afghanistan et en Irak sous Tony Blair, du conflit en Libye sous David Cameron ou des attaques actuelles contre l’Iran. Nous sommes également fiers d’avoir manifesté aux côtés de la Palestine Solidarity Campaign contre la guerre et le génocide à Gaza, ainsi que contre le nettoyage ethnique en Cisjordanie.
La classe politique s’est trompée encore et encore. En revanche, les peuples du Royaume-Uni et du monde entier ont eu raison de s’opposer à la guerre et d’exprimer leur solidarité envers toutes celles et ceux qui sont victimes des conflits. Et le PCS, mon syndicat, continuera à le faire. Continuons à faire vivre un mouvement pour la paix, la justice sociale et la solidarité. »
