Martigues (13) : Hospitaliers en force contre le plan d’économies
Jeudi 16 juillet, les agents de l’hôpital de Martigues étaient en grève pour leurs revendications concernant le maintien de leur temps de travail, de leurs RTT, de leurs rémunérations et de leurs astreintes. Retrouvez l'intervention de la représente CGT de l'hôpital.
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Jeudi 16 juillet, les agents de l’hôpital de Martigues (13) avec leurs syndicats CGT et CFDT étaient en grève pour leurs revendications concernant le maintien de leur temps de travail, de leurs RTT, de leurs rémunérations et de leurs astreintes. Des conditions de travail des agents dépendent la qualité et la sécurité des soins. Les hospitaliers se sont rassemblés à 200 (plus nombreux que la semaine passée où ils étaient déjà 180). Le Directeur a été obligé de recevoir tous les agents. La représentante CGT a rappelé au directeur qu’il n’était pas question de négocier un recul social.
Intervention auprès du directeur de la représentante CGT de l’hôpital de Martigues (extrait)
« Nous sommes là parce que les agents de l’hôpital réunis en assemblée générale ont décidé collectivement de ne pas accepter les annonces qui leur ont été faites. Aujourd’hui, vous nous présentez ces mesures comme de simples mises en conformité réglementaire mais pour les agents, la réalité (…) c’est davantage de temps de travail, des RTT supprimés, des rémunérations revues à la baisse pour certains, des astreintes remises en cause, des vies personnelles encore plus désorganisées. Et derrière tout cela, un objectif assuré : 800 000 euros d’économies. (…)
Chacun doit comprendre que ce qui se passe ici est le reflet d’une politique nationale. Depuis des années, les hôpitaux publics sont soumis à des temps d’économie successifs. Toujours plus de contraintes, toujours moins de moyens, toujours moins d’effectifs. La CGT refuse que les personnels hospitaliers deviennent la variable ajustement permanente des politiques. L’hôpital public n’est pas une entreprise. Sa mission est de soigner, pas de produire de la rentabilité.
Monsieur le directeur, aujourd’hui nous vous demandons de retirer ces mesures et d’ouvrir de véritables négociations pour rechercher d’autres solutions que des économies réalisées sur le dos des agents. Mais ne vous y trompez pas : le rassemblement d’aujourd’hui n’est pas l’aboutissement de notre mobilisation. Il est le point de départ. On ne s’arrête pas là.
Nous n’en resterons pas là. Chaque nouvelle attaque renforcera notre détermination. Nous vous demandons une nouvelle fois de retirer ces mesures. À défaut, vous trouverez face à vous des agents unis, solidaires et déterminés. »
Interview de Cédric Volait, secrétaire général de l’union syndicale départementale CGT Santé et action sociale Alpes-de-Haute-ProvencePourquoi une grève aussi forte à mi-juillet à l’hôpital de Martigues ? Cédric Volait : La mesure qui met le feu aux poudres, c’est la suppression du temps de repas sur le temps de travail. Elle existe sur quasiment tous les hôpitaux : quand une soignante prend sa pause pour manger, elle continue d’être mobilisable pour le patient ou pour une sollicitation d’un médecin, c’est du temps de travail. C’est remis en cause, ce qui veut dire, par exemple qu’une collègue travaillant 8 heures par jour serait obligée de travailler 98 heures en plus dans l’année, payées zéro centime. Pourquoi une telle mesure ? La direction de Martigues et l’ARS, en supprimant la pause méridienne, veulent économiser 800 000 euros chaque année. La direction, l’ARS, et le ministère prétendent que l’hôpital a un « déficit cumulé » de plusieurs millions d’euros. C’est une escroquerie : ce sont le ministère et l’ARS qui attribuent un budget insuffisant à Martigues, comme aux autres hôpitaux, pour fonctionner et soigner. Ensuite, ils osent parler de déficit, et tenir un discours culpabilisant contre le personnel qui ne travaillerait pas assez, contre l’hôpital qui ne serait pas bien organisé, ou qui aurait trop de lits… Nous ne sommes pas gourmands : en prenant seulement le dixième du montant d’un Rafale (qui coûte 240 millions), nous aurions tout ce qu’il faut pour financer les soins à l’hôpital de Martigues. Avec ma fédération nous disons que les milliards doivent aller à l’hôpital, pas à la guerre. Comment ces mesures ont été annoncées ? Parce que personnel n’est pas d’accord, et résiste, la direction et l’ARS ont fait appel à l’ANAP (l’Agence nationale d’appui à la performance). Les experts de l’ANAP ont débarqué dans l’hôpital, ont soi-disant « enquêté », et ensuite ils ont préconisé des économies. La direction dit : cela ne vient pas de nous mais de l’ANAP qui est indépendante. Mais nous savons très bien que l’ANAP ce sont les envoyés du ministère. Est-ce une offensive nationale ? Oui. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, des plans de rigueur annonçaient 30 suppressions de poste sur Digne et trente sur Manosque. En se rassemblant par centaines en décembre 2025 et en janvier 2026, les hospitaliers ont obtenu le report de ces plans. Alors maintenant, les mercenaires de l’ANAP ont aussi débarqué à Digne et à Manosque. Chez moi, à Manosque, en plus de remettre en cause la pause méridienne, l’ANAP demande que « les hospitalisations soient raccourcies pour optimiser la facturation ». Cela signifie que ce ne serait plus le médecin qui décide de la durée des soins à l’hôpital. Autre exemple, concernant l’accueil des patients au service des Urgences, l’ANAP explique que l’ouverture du service après 22 h 30 serait trop coûteuse. Un Rafale c’est « coûteux », un porte-avions c’est incroyablement « coûteux ». Et en plus c’est fait pour tuer. Un hôpital c’est totalement nécessaire pour sauver des vies et c’est financé par la Sécu. Qu’elles soient demandées par le ministère, l’ANAP, l’ARS ou la direction, nous n’accepterons aucune remise en cause des conditions de travail du personnel déjà très difficiles. Il s’agit de se mobiliser autant que nécessaire pour mettre en échec ce ministère et ses maudites lois de financement de la Sécurité sociale, 2026 comme 2027. |
