Portugal : « Moi, jeune de 23 ans, je n’irai pas combattre »
Le 30 mai, près de 30 personnes se sont réunies au siège du syndicat des professeurs du Grand Lisbonne, pour discuter des moyens d’agir contre la politique de guerre et de guerre sociale du gouvernement portugais. Des militants de France et de Catalogne y ont également participé.
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Nous reproduisons des extraits de la prise de parole de Dinis, membre de la délégation portugaise au meeting de Londres, au nom du collectif Canalha1En portugais, canalha signifie canaille….
« Nous sommes ici en tant que collectif Canalha, un groupe né de la nécessité de créer un espace d’expression qui nous soit propre, où il serait possible d’instaurer un dialogue et une action intergénérationnels. Où il serait possible de commencer à réfléchir à une résistance face à la répression politique actuelle, aux côtés de ceux qui l’ont déjà fait par le passé, bien que dans un contexte bien plus explicite de dictature fasciste. (…)
Le PSD et le CDS2PSD et CDS sont les deux partis formant la coalition gouvernementale de droite., avec le soutien de Chega3Chega est le parti d’extrême droite présidé par André Ventura. et d’Iniciativa Liberal, ont approuvé hier un projet de résolution visant à transformer les jeunes en chair à canon en échange de 439 euros (la moitié du salaire minimum !) et d’un permis de conduire. Le programme intitulé “Defender Portugal”, proposé par les partis au pouvoir, vise à aliéner les jeunes âgés de 18 à 23 ans en utilisant comme prétexte le sophisme du nationalisme et du patriotisme.
Ils semblent également très intéressés par le dégel du montant des frais d’inscription, mais n’hésitent pas à proposer des programmes rémunérés déguisés en volontariat au sein des Forces armées portugaises. Ils entendent détourner les jeunes de l’enseignement professionnel, polytechnique et universitaire vers les forces armées. (…) Alors que le débat sur le service militaire obligatoire hante les jeunes de toute l’Europe, l’objection de conscience fait face à une répression croissante. (…)
C’est pourquoi, moi, jeune de 23 ans, je le dis ici devant cet auditoire. Non ! Je ne vais pas combattre. Je ne vais pas combattre pour 485 euros, je ne vais pas combattre pour le permis de conduire, je ne vais pas combattre pour les profits extraordinaires des grandes entreprises, je ne vais pas combattre pour les propriétaires, je ne vais pas combattre pour la politique de misère, je ne vais pas combattre pour le capitalisme.
En tant que jeunes, il nous est très difficile d’imaginer un avenir digne, avec une qualité de vie. Surtout maintenant, à un moment où nous cherchons à entrer sur le marché du travail et essayons de quitter le domicile parental. (…) Il est impossible de ne pas se révolter contre ce système qui nous opprime. (…)
Nous pensons en particulier aux jeunes Palestiniens, dont nous refusons d’oublier l’existence (…). Il est impossible de lutter pour un avenir meilleur sans être solidaires de ces jeunes, sans dénoncer la complicité des États européens avec les génocides en cours. (…)
Nous estimons impératif de critiquer et de résister aux patriotismes, à l’aveuglement de l’aliénation nationaliste et au refus de critiquer le passé et le présent colonial du Portugal et de l’Europe.
Nous résistons à l’aliénation nationaliste et traditionaliste qui, sous prétexte de l’hymne, du drapeau et d’une prétendue camaraderie, sacrifie des générations entières. (…) »
