Meeting contre la guerre le 20 juin : « Venez à Londres samedi prochain »

Le 14 juin, 12 000 manifestants ont parcouru les rues de Bruxelles, contre la guerre. La manifestation a été suivie d’une conférence regroupant ces militants internationaux. Nous reproduisons l'intervention de Chris Nineham, membre fondateur de la coalition Stop the War.

Délégation de France de signataires de l’appel jeunes contre la guerre « Nous n’irons pas ! » , dans le cortège des jeunes contre la militarisation, à Bruxelles, le 14 juin 2026. (@comac_etudiants, Instagram)
Par > Verbatim
Publié le 18 juin 2026
Temps de lecture : 4 minutes
Dimanche 14 juin, douze mille manifestants ont parcouru les rues de Bruxelles, contre la guerre et contre les budgets de guerre. Militants syndicaux, associatifs, politiques se sont retrouvés pour scander des slogans opposés à la politique de guerre de Trump. L’important cortège du Parti du travail de Belgique (PTB), qui pointait le rôle de la coalition gouvernementale belge « Arizona » (coalition au gouvernement regroupant des partis de la droite et du centre-gauche), mérite d’être relevé, ainsi que la présence de nombreux jeunes, scandant des slogans liant la destruction de l’école, contre laquelle ils sont actuellement en grève, à la question des budgets de guerre, et orientés eux aussi contre le gouvernement belge. Des militants de nombreux pays avaient fait le déplacement : Grande-Bretagne, Italie, France, Turquie, Allemagne, etc. La manifestation a été suivie d’une conférence regroupant ces militants internationaux, au cours de laquelle plusieurs prises de parole ont été faites. Nous reproduisons celle de Chris Nineham, membre fondateur de la coalition Stop the War (Grande-Bretagne), l’un des initiateurs du meeting contre la guerre de Londres, le 20 juin 2026.
Chris Nineham, membre fondateur de la coalition Stop the War (Grande-Bretagne), l’un des initiateurs du meeting contre la guerre de Londres, le 20 juin 2026.

« La première chose que je voudrais dire, c’est que nous sommes déjà des acteurs. Il existe un mouvement sans précédent à travers l’Europe et au-delà en soutien au peuple palestinien. Et au Royaume-Uni, il est indéniable que l’une des raisons pour lesquelles notre gouvernement est en crise, l’une des raisons pour lesquelles notre Premier ministre est sur le point de démissionner ou d’être battu lors d’un scrutin, est son soutien au génocide en Palestine. Et cela ne serait pas arrivé sans les manifestations massives qui ont rempli nos rues semaine après semaine, mois après mois, année après année, depuis 2023. Nous sommes des acteurs. Nous faisons la différence.

La deuxième chose que je veux dire, c’est que nous devons maintenant être des acteurs dans une nouvelle lutte contre la rhétorique de la sécurisation et contre une augmentation massive des dépenses d’armement, qui est utilisée comme prétexte. C’est une agression à l’étranger, mais c’est aussi une attaque qui se déroule chez nous. Et je pense que nous pouvons être des acteurs dans cette bataille parce que, si vous regardez les sondages d’opinion à travers toute l’Europe – au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, en Belgique et dans pratiquement tous les pays – la majorité affirme qu’elle ne paiera pas pour une augmentation des dépenses de défense si cela signifie des coupes dans la protection sociale, dans l’éducation et dans les services de santé. C’est l’opinion majoritaire, et c’est cette opinion que nous devons mobiliser.

Le point de départ doit être un argument de classe. Le point de départ doit être : vos armes ou nos salaires. Le point de départ doit être l’État-providence, pas la guerre. Le point de départ doit être l’emploi, pas les bombes, tous ces slogans.

C’est cela qui doit constituer le fondement de ce nouveau mouvement. Et si nous y parvenons, je pense que nous pourrons commencer à nous mobiliser à une échelle massive.

Mais je pense aussi que nous devons affronter les arguments idéologiques qui sous-tendent cette offensive en cours. Et cet argument est essentiellement simple. L’argument est que la Russie est la plus grande menace. Que la Chine est une menace pour notre avenir. Et je pense que nous devons dire que c’est un mythe. C’est un mensonge. Toute personne qui observe le monde avec un minimum d’objectivité sait que la véritable menace, non seulement au Moyen-Orient mais aussi en Europe, pour nos vies à tous, est le gouvernement qui a renversé le gouvernement au Venezuela, qui menace Cuba d’une attaque, qui a attaqué l’Iran, qui soutient Israël sans réserve et qui a proféré des menaces contre le Canada et le Groenland.

Nous le savons tous, et je pense que la majorité de la population le sait aussi : la véritable menace pour le monde vient du chef de l’alliance occidentale, des États-Unis. Et nous devons être très, très clairs à ce sujet. Et nous devons dire que nos gouvernements doivent tenir tête à cela ; le gouvernement britannique en particulier doit rompre non seulement avec Trump mais avec Washington dans son ensemble. Mais lorsque nous rompons avec Washington, nous devons aussi dire que nous ne le faisons pas pour créer un nouvel arrangement de sécurité européen, une nouvelle alliance de défense en Europe. Nous rompons afin de construire une politique étrangère fondée sur la négociation, sur la diplomatie, sur la paix et sur la justice, et tel est notre objectif.

Je terminerai simplement en disant que samedi prochain à Londres se tiendra une conférence organisée précisément pour approfondir et renforcer les liens qui ont déjà été créés ici.

C’est une conférence internationale contre la guerre, à laquelle 2 500 personnes se sont déjà inscrites et viendront de tout le continent.

Et je vous invite, au nom de tous les organisateurs venus de toute l’Europe, à venir à Londres samedi prochain pour participer à cette conférence. Elle complétera les efforts qui ont été accomplis ici. Nous voulons coordonner nos actions avec les organisateurs présents ici et avec vous tous, car l’enjeu est considérable.

Nous sommes dans une situation où, je crois, vous avez montré aujourd’hui que nous pouvons construire un mouvement international, non seulement à travers le continent européen mais au-delà, qui défende un changement complet par rapport au type de politique étrangère qui a dominé ce continent et les puissances occidentales au cours des trente dernières années. Nous voulons une nouvelle internationale ; nous voulons une internationale contre la guerre, pour la paix et pour la justice. Venez à Londres samedi prochain si vous le pouvez. Sinon, nous resterons en contact et, ensemble, nous gagnerons. Merci beaucoup. »