Iran : Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes !

Depuis le début de la mobilisation populaire en Iran, les gouvernements, les médias et diverses forces politiques prétendent toutes parler au nom du peuple iranien.

Le 9 janvier à Téhéran (photo Middle east images via AFP).
Par Lucien Gauthier
Publié le 25 janvier 2026
Temps de lecture : 2 minutes

Les mobilisations en Iran se poursuivent. Trump a menacé l’Iran d’une intervention militaire américaine en cas de répression trop sanglante.

Deux jours plus tard, Trump se félicitait de la décision de l’Iran de ne pas exécuter les peines capitales prévues. La chaîne de télévision Fox News, très proche de Trump, a interrogé le ministre des Affaires étrangères iranien qui a confirmé que les peines capitales ne seraient pas exécutées.

Depuis le début de la mobilisation populaire en Iran, les gouvernements, les médias et diverses forces politiques prétendent toutes parler au nom du peuple iranien.

Netanyahou, le génocidaire du peuple palestinien, se présente en « défenseur du peuple iranien », tout comme Trump, tout comme les dirigeants de l’Union européenne qui multiplient avertissement et menaces à l’encontre de l’Iran.

Alors qu’une ONG iranienne, basée en Europe, divulguait le chiffre de plusieurs centaines de morts depuis le début de la répression, les médias renchérissent allant jusqu’à parler de 20 000 personnes tuées par la police iranienne ! Comme s’il était nécessaire d’en rajouter dans l’indignation à la brutalité de la répression. Ces mêmes médias qui ne se sont pas scandalisés d’un génocide en cours, celui de la population gazaouie.

Il y a une expression qui dit que les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Elle pourrait parfaitement s’appliquer à certaines forces d’extrême-gauche qui pensent pouvoir décider en lieu et place du peuple iranien. C’est le cas d’une organisation d’extrême-gauche qui par exemple avance le mot d’ordre : « ni mollahs ! ni shah ! » et d’une autre encore plus radicale qui elle avance : « pour la chute du régime des mollahs ! ».

Il est facile, depuis des bureaux parisiens, d’appeler à la chute des régimes et à l’insurrection, comme il est facile depuis un bureau parisien d’appeler les Ukrainiens à aller mourir au front. Bien qu’en désaccord entre elles, ces différentes organisations – une fois le vernis du radicalisme ôté – se retrouvent en réalité accrochées aux basques de l’impérialisme. Sous prétexte de soutien au peuple iranien, ils prétendent définir le chemin à parcourir, de la même manière que le font Trump, Macron ou Netanyahou. La seule différence étant la forme et le langage. Derrière le bavardage «  révolutionnaire », transparaissent le vieil ordre impérialiste et ses chiens de garde « révolutionnaires ».

Soutenir le peuple iranien, c’est partir du principe que c’est à ce peuple et à lui seul de décider librement et souverainement de son avenir et des mots d’ordre de ses mobilisations. Le seul mot d’ordre véritablement révolutionnaire est celui du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » .