Militarisation de la jeunesse : Le visage de la nouvelle journée de « citoyenneté »
On nous propose la guerre comme seul avenir, c’est ce que disait le général Mandon : « il faut accepter de perdre nos enfants. » Mais nous, les « enfants », nous refusons d’aller nous battre. Témoignage de Vic, lycéenne.
- Actualité politique et sociale, contre la militarisation, Jeunesse

J’ai effectué ma « journée de mobilisation » (Nouveau nom de la Journée de citoyenneté depuis la dernière loi de programmation militaire de 2024, Ndlr) cette année. Durant toute cette journée, le processus de militarisation de la jeunesse a été impressionnant. Sous couvert de « sympathie » de la part des militaires, de tentatives de la rendre « cool », cette journée reste un élément déterminant dans le processus de marche à la guerre mené par le gouvernement Macron. La journée débute donc à 8 heures du matin, avec la levée de drapeau et un chant collectif de La Marseillaise, très peu de jeunes ont chanté, c’était les militaires que l’on entendait.
Nous enchaînons sûr un atelier « jeu de rôle » où par petits groupes de cinq nous représentons chacun une des institutions militaires (armée de Terre, de Mer, de l’Air et gouvernement). Nous devons ensuite gérer des conflits fictifs : intercepter un cartel de drogue en Kanaky, faire face à une tempête à Mayotte. On nous apprend donc à envoyer l’infanterie, les forces spéciales, à réfléchir autour de la stratégie militaire.
Ensuite vient l’heure du repas, avec au menu des rations militaires immondes et insuffisantes pour « nous mettre en condition », bonne idée pour nous convaincre de ne pas s’engager. Puis nous sommes allés au stand de tir, muni d’un fusil tirant des lasers, nous devions à tour de rôle viser des cibles, les militaires essayant de rendre ça amusant avec des concours de rapidité, on peut se poser la question de ce qu’il y a d’amusant à apprendre à tirer pour tuer.
Autour d’un forum de l’orientation chaque métier de l’armée était vendu comme « une solution idéale », tous ses « mérites » était vantée : salaire, logements gratuits, formations gratuites, créations de liens spéciaux avec ses « frères d’armes ». Tout cela dans le but de nous convaincre de nous enrôler. En effet, avec la mise en place de Parcoursup, des dizaines de milliers de jeunes se retrouvent sans affectation après leur bac, l’armée est donc présentée comme la solution idéale, avec une formation garantie et payée.
On perçoit bien la volonté du gouvernement de nous mener à la guerre, qui a fait de cette journée de mobilisation obligatoire si on veut passer le bac, le permis, s’inscrire en études supérieures, etc…
On nous propose la guerre comme seul avenir, c’est ce que disait très clairement le général Mandon en 2025 : « il faut accepter de perdre nos enfants. » Mais nous, les « enfants », nous refusons d’aller nous battre au nom d’une « démocratie » qui couvre en réalité des volontés impérialistes.
Puis la dernière activité était une expérience avec un casque de réalité virtuelle, ou l’on pouvait aller directement « sur le terrain », donc au front, mais ma place n’est pas là-bas, aucun jeune n’a envie d’y aller, à la guerre. Mais même après cette journée, personne n’avait pour autant envie d’y aller à cette guerre. C’est d’ailleurs pour ça que j’étais présente le 30 mai à Paris où s’est tenu un week-end des signataires de l’appel « jeunes contre la guerre, nous n’irons pas ! ». À cette occasion, nous avons décidé d’organiser des mobilisations devant les centres militaires qui accueillent cette journée de mobilisation, dans le but de proposer un autre discours, un discours anti-guerre. Il est inacceptable de ne pas aller à l’encontre du « récit nationale » que propose cette journée de mobilisation, et essentiel d’aller à la discussion pour montrer un autre discours, que nous n’acceptons pas que la guerre devienne notre avenir, nous n’irons pas !
