« Le général Mandon nous trouvera toujours ici pour dire que l’armée n’a pas sa place dans l’université »
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées contre la conférence du général Mandon à la Sorbonne le 26 janvier. Si le général a finalement reporté sa venue, la série de conférences destinées à promouvoir l’armée et la guerre auprès des étudiants se poursuit.
- Actualité politique et sociale, Campagne contre la guerre, Université

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées contre la conférence du général Mandon à la Sorbonne le 26 janvier. Si le général a finalement reporté sa venue, la série de conférences destinées à promouvoir l’armée et la guerre auprès des étudiants se poursuit. Voilà pourquoi le rassemblement a été maintenu et ses organisateurs ont cherché à l’élargir durant ces dernières semaines.
$Ainsi, des représentants des jeunes, de syndicats et des élus LFI (voir liste des organisations ci-dessous) se sont succédé dans une prise de parole très combative. Tous ont pointé le rôle du gouvernement dans la déqualification et la précarisation des jeunes en parallèle de sa tentative de faire rentrer l’armée dans les lieux d’étude. Nombreux sont ceux qui ont témoigné de la multiplication des dispositifs militaires depuis l’échec du SNU : service national « volontaire », classes défense et parcours citoyens dans les collèges et les lycées, cahiers de coloriages « ma première cérémonie militaire » distribués dans les écoles… etc.
Le représentant de la FSE a évoqué les crédits ECTS donnés aux étudiants qui auront participé à des initiatives de l’armée et la rémunération du Service national volontaire à hauteur de 900 euros : « C’est bien au-dessus des bourses ou du seuil de vie moyen des étudiantes et étudiants en France. Et c’est une honte qu’aujourd’hui des étudiants puissent valider une année de licence en servant l’impérialisme et les guerres ». Beaucoup d’intervenants sont également revenus sur la privatisation des universités, sur l’augmentation des frais étudiants, sur la répression qui s’abat contre ceux qui se mobilisent dans les universités (que ce soit pour Gaza ou pour des moyens)… Tous ont condamné les budgets de guerre du gouvernement Macron, notamment les intervenants issus de la santé et des organismes sociaux qui ont donné des exemples précis des conséquences funestes des économies de guerre sur la population.
Économie de guerre
Le conseiller régional LFI, Christophe Prudhomme, est revenu sur le contenu du PLFSS et de la complicité du PS pour faire passer ce budget de misère et de destruction des services publics, notamment de santé.
Le député Jérôme Legavre a également rappelé : « Ces gens-là, au nom desquels le général Mandon parle, font en sorte que la guerre dure, et dure toujours. Rappelons que Sébastien Lecornu, lorsqu’il était ministre des Armées en 2023, avait dit : “il faut reconnaître que la guerre en Ukraine est une formidable opportunité pour l’industrie d’armement française.”»
« Le général Mandon n’était pas le bienvenu aujourd’hui, il ne sera pas le bienvenu demain, ni dans deux mois… Il nous trouvera toujours ici pour dire que l’armée n’a pas sa place dans nos écoles, ni dans nos universités ! » La nécessité d’agir dans l’unité la plus large est donc apparue urgente. Forts de la désertion du général Mandon, l’ensemble des participants a réaffirmé sa détermination à poursuivre le combat afin de faire totalement abandonner cette chaire de recrutement militaire déguisé. Dans le même esprit de regroupement contre l’embrigadement de la jeunesse et contre la marche à la guerre, Le secrétaire général de la fédération FO de l’Éducation et de l’enseignement supérieur a conclu le rassemblement en invitant les manifestants à participer au meeting contre la guerre qui se tiendra à Londres le 20 juin.
Prises de paroles : Jeunes LFI Panthéon-Sorbonne, Jussieu et ENS, FSE Sorbonne Université, FO ESR (enseignement supérieur et recherche), CGT HAD (hospitalisation à domicile), Usap CGT (hôpitaux de Paris), section fédérale FO des OSDD (organismes sociaux), plusieurs syndicats de la Ferc Sup (fédération de l’enseignement supérieur), le collectif des doctorant.es CGT, Fnec FP-FO (fédération FO de l’Éducation nationale et de l’enseignement supérieur), union départementale FO de Paris, l’association contre les armes nucléaires, ainsi que le député LFI-POI Jérôme Legavre, et le conseiller régional Île-de-France LFI, Christophe Prudhomme.
« Il s’agit d’« acculturer » dix millions de jeunes à la guerre »
« Mandon a décalé sa venue, certainement après avoir vu passer les premiers appels au rassemblement d’aujourd’hui. Mais si sa venue est décalée, la chaire de géopolitique belliciste, elle, est bien maintenue. Au programme, on retrouve parmi les orateurs, entre autres : l’état-major de l’armée de l’air et de l’espace, le secrétaire général de la Défense et de la sécurité nationale, le délégué général pour l’armement… L’avènement de cette chaire belliciste, elle se fait dans un contexte général de propagande militaire envers l’intégralité de la population et tout particulièrement auprès de la jeunesse. Cette propagande elle est totalement assumée par le gouvernement qui a sorti un guide à l’attention de l’ensemble des profs de l’éducation nationale intitulé « acculturer les jeunes à la Défense ». Il s’agit d’acculturer dix millions de jeunes de 13 à 25 ans à la guerre. Et cette acculturation, ils sont en train de la mettre en place partout en France, avec la mise en place de 1 200 classes défense dès le collège. Et en parallèle ils ont remis en place le service national « volontaire ». Mais qu’y aura-t-il de volontaire si (…) les écoles sont transformées en véritable relais idéologique de l’armée ? Et si, obligatoirement, à l’âge de 16 ans on doit passer une journée de mobilisation (ancienne journée de la citoyenneté), pensée comme une mise en bouche du service national, au cours de laquelle on apprend aux jeunes à tirer et on repère les futures recrues de l’armée ? Une jeunesse militarisée et bourrée à la propagande c’est également l’étape supérieure de la répression envers les étudiants mobilisés contre la guerre. Un moyen de pouvoir enfin totalement se débarrasser de l’ensemble des étudiants qui sont mobilisés pour la fin du génocide à Gaza. Macron en vient même jusqu’à censurer les manuels scolaires pour la façon dont ils traitent les événements du 7 octobre. Tout ça c’est également la continuité de la loi contre l’antisémitisme à l’université que Macron a fait passer cet été et qui risque d’être bientôt prolongée pour tous avec la loi Yadan. Madame Vautrin, ministre de l’enseignement supérieur a dépeint son projet d’enrôlement de la jeunesse début janvier dans une interview. Et ce qu’il faut retenir c’est que les résultats de recrutement seront délivrés au futur bachelier au mois de mars, au même moment que les résultats de Parcoursup. Parcoursup, cette machine (…) qui laisse des milliers de jeunes sans aucun avenir, qui les condamne à la précarité. Pour ces milliers de jeunes cette année en mars, un choix s’offrira à eux : les plus aisés se payeront une place dans le privé, les plus pauvres eux feront l’armée. Avec un service national volontaire qui promet 900 euros par mois et la validation de crédit universitaire le choix va être vite fait… Au gouvernement ils savent très bien ce qu’ils font, c’est pour ça qu’ils se calent sur Parcoursup : ce sont eux qui ont orchestré la casse de l’enseignement supérieur.
Non à la militarisation de l’enseignement supérieur et de la jeunesse ! Non aux budgets de guerre ! Non à la guerre ! »
|
