« Je suis engagée, sur plan syndical, et sur le plan des élections municipales »

Pour Isaline Cornil, syndicaliste enseignante, et tête de liste LFI aux élections municipales à Toulon, il était hors de question de se fondre dans une liste portée par le PS, compte tenu des trahisons successives de leurs députés.

Tractage de la France insoumise, devant la fac de droit de Toulon, janvier 2026. (LFI Toulon)
Par Isaline Cornil
Publié le 4 février 2026
Temps de lecture : 3 minutes

Je suis candidate, tête de liste, aux élections municipales à Toulon avec une liste d’union populaire avec la France insoumise.

À Toulon, il existe un collectif « Toulon en commun (TEC) » constitué par un regroupement « de gauche » derrière les conseillers municipaux en exercice, un PCF, une PS, un divers gauche, face à la maire de droite actuelle issue de la longue hégémonie d’Hubert Falco, lui-même aujourd’hui empêché de poursuivre son activité pour avoir été sanctionné d’inéligibilité par la justice.

Cette « union de la gauche » candidate sur une liste conduite par une militante PS, s’est bien entendu proclamée seule option pour « battre la droite et surtout l’extrême droite » en la personne de la candidate et députée du RN, Laure Lavalette.

Et c’est au nom de cette autoproclamation, que lorsque LFI les a contactés pour proposer une union TEC-LFI en avançant certaines conditions, TEC refusant tout en bloc a demandé au contraire à la France insoumise de dans cette union dont la tête de liste était PS, abandonnant son logo, sa communication, toute prétention de tête de liste et cela sans aucune assurance de figurer parmi les 59 noms de la liste.

Nous avons refusé. J’ai personnellement mis en avant, en tant que militante syndicaliste dans l’enseignement, qu’il était hors de question que LFI puisse « se fondre » dans une liste portée par le PS, compte tenu des trahisons successives de leurs députés au parlement, députés élus sur un programme de rupture, et qui vote après vote, l’ont renié, avec un budget d’austérité sans précédent contre le service public, et notamment celui de l’école.

Ces trahisons alimentent un rejet massif du PS par la population qui elle, souhaite ardemment la rupture avec Macron.

Dans le Var, à Toulon, les écoles sont exsangues, avec des années de coupes budgétaires en termes de moyens humains et matériels. Le budget Macron-Lecornu-Faure de 2026 supprime plus de 4 000 postes dont 5 dans le Var qui est sous-doté : il manque plus de 350 professeurs des écoles dans le département pour être au moins à la moyenne nationale du taux d’encadrement des élèves faisant du Var le pire département de France – statistiques officielles ministérielles.

Dans mon collège, comme syndicaliste, j’ai été conduite à faire plusieurs grèves contre cette situation de pénurie qui allait jusqu’à proposer la suppression de mon collège voulue par le maire au nom de sa compétence sur la gestion des bâtiments scolaires et appuyé par le rectorat !

On s’est battu, on a mis en avant toute notre détermination syndicale pour entraîner les collègues dans la grève, avec le soutien des parents, et on a gagné.

Alors aujourd’hui, j’estime poursuivre cet engagement en étant candidate avec la France Insoumise, qui est la force politique qui exprime le mieux, tous les jours à l’Assemblée nationale, cette détermination dans le refus d’accepter l’inacceptable, et donc ces budgets d’austérité, de casse systématique de l’école et de tous les services publics.

Un engagement en rupture avec une liste qui prétend « combattre l’extrême droite » et qui en fait, comme l’explique très bien le camarade CGT Louis Boussel dans Informations ouvrières, fait le jeu de l’extrême droite en « déboussolant » les électeurs, qui ne peuvent pas comprendre comment le PS vote les crédits militaires et les « classes défense » qui vont avec, sachant que ce sont les milliards qui manquent à l’école.

Je suis engagée, sur plan syndical, et sur le plan des élections municipales, contre la mise en œuvre actuelle de deux classes défense à Toulon, dans mon collège, et celui de Pierre-Puget, en nous appuyant sur la mobilisation en cours dans un autre collège du département, à Saint-Maximin, où la direction veut organiser une visioconférence avec un ingénieur franco-israélien de Tel-Aviv surnommé le « père » des drones, pour faire la promotion de ces engins militaires. La Fnec FP-FO et la CGT Éduc’action de l’académie ont demandé l’annulation de cette visioconférence et décidé une action de blocage si cette conférence devait être maintenue.

Je suis persuadée que cet engagement sur le terrain municipal va constituer un appui majeur pour mon combat syndical contre les budgets d’austérité, et de guerre, qu’ils soient nationaux ou municipaux, dans une ville comme Toulon, premier port militaire d’Europe.