« La question de la Palestine concerne le monde que nous voulons construire »
Intervention au meeting international de Londre contre la guerre, le 20 juin dernier de Peter Leary, directeur adjoint de la « Palestine Solidarity Campaign ».
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« Je sais que je n’ai pas besoin de rappeler à cet auditoire que cela fait bientôt trois ans que le génocide perpétré par Israël contre le peuple palestinien à Gaza a commencé. En effet, l’un des appels que vous serez invités à soutenir concerne l’organisation de manifestations coordonnées le 10 octobre, alors que nous atteindrons ce terrible cap. Plus de 73 000 Palestiniens ont été tués, des millions ont été déplacés, et des hôpitaux, des écoles, des habitations et des universités ont été délibérément détruits. Et ce génocide se poursuit malgré le prétendu cessez-le-feu, avec près de 1 000 Palestiniens tués de manière violente depuis son entrée en vigueur supposée. En Cisjordanie, les Palestiniens continuent d’être confrontés à la violence et aux déplacements forcés. Sur l’ensemble de leur patrie historique et en tant que réfugiés en exil, les Palestiniens sont soumis à un cruel système d’apartheid. Il est clair aujourd’hui que, dans leur lutte qui dure depuis des décennies contre l’oppression, l’occupation, la dépossession et l’apartheid, notre solidarité mondiale compte pour le peuple palestinien. Mais s’il y a bien une chose que ces trois dernières années nous ont apprise, c’est que la lutte palestinienne compte aussi pour nous tous. Car ce qui est en jeu aujourd’hui, ce sont deux visions très différentes de l’avenir.
Israël ne peut commettre ses atrocités que grâce au soutien qu’il reçoit des gouvernements et des institutions occidentaux.
La semaine dernière encore, le gouvernement britannique a autorisé la vente, au grand jour ici à Londres, de terres palestiniennes volées dans des territoires illégalement occupés. Honte à eux ! Je ne pense pas qu’ils connaissent le sens de ce mot. Et qu’arrive-t-il à ceux qui s’expriment et s’opposent à ces crimes ? Ils sont diabolisés, criminalisés et victimes d’attaques contre nos droits démocratiques. Et ce sont ces mêmes gouvernements, dont la faillite morale a été mise à nu par leur soutien aux crimes d’Israël, qui nous entraînent tous vers le désastre.
Du Venezuela à Cuba, en passant par l’Iran et le Liban, partout dans le monde, les États-Unis tentent de plus en plus de recourir à leur puissance militaire pour renforcer et maintenir leur position économique en déclin.
C’est cela, vivre dans un monde d’impunité. Ils veulent faire de la Palestine le terrain d’essai de ce que les Palestiniens ont qualifié d’ordre où “la force fait le droit”, qui menace l’humanité tout entière. Mais c’est précisément pour cette raison que la lutte et la détermination du peuple palestinien peuvent nous inspirer tous à résister. Car le paradoxe de ce moment est que le mouvement mondial en faveur des droits des Palestiniens est aujourd’hui plus fort qu’il ne l’a jamais été. Au cours des dernières années, nous avons construit le mouvement de protestation le plus vaste et le plus durable depuis la lutte pour le droit de vote des femmes. Des paniers de courses hebdomadaires aux réunions publiques, la campagne pour le boy cott, le désinvestissement et les sanctions prend de l’ampleur. Partout en Grande-Bretagne, des dizaines de conseils municipaux ont désormais approuvé le désinvestissement des fonds de retraite des entreprises complices des crimes d’Israël. Les consommateurs refusent d’acheter les produits de l’apartheid israélien, et les étudiants exigent qu’on mette fin à la complicité sur leurs campus. Cette semaine, le PSC a lancé une nouvelle campagne, “Delete Genocide Tech”, visant Cisco Systems, Oracle et d’autres entreprises qui fournissent à Israël la technologie qu’il utilise pour cibler et surveiller les Palestiniens. Même le gouvernement commence à ressentir la pression. Pour des millions d’électeurs, la Palestine est désormais un enjeu électoral lorsqu’ils se rendent aux urnes, et c’est en grande partie à cause de cette question que le mandat de Keir Starmer en tant que Premier ministre touche aujourd’hui à une fin si peu glorieuse. Ainsi, sur nos lieux de travail et au sein de nos syndicats, dans nos universités et nos communautés, notre mouvement rassemble des personnes de tous horizons et de toutes conditions sociales. La Palestine n’est donc pas seulement une question de politique étrangère. C’est une question qui concerne le monde que nous voulons construire.
Car la Palestine compte pour la majorité progressiste, pour le mouvement syndical, les militants pour le climat, les antiracistes, les militants LGBT et tous ceux qui croient en la liberté et la justice et qui sont solidaires du peuple palestinien.
Notre solidarité avec la Palestine est donc au cœur de la lutte plus large contre les bellicistes, contre la montée de l’extrême droite fasciste chez nous et à l’étranger. Si nous voulons vivre dans un monde sans guerre, un monde fondé sur la justice et la liberté, nous devons continuer à lutter pour un monde dans lequel la Palestine est libre. Merci. Liberté pour la Palestine. »
