« Nous sommes très clairs : la guerre ne profitera jamais à notre classe »
Dans son intervention au meeting international de Londre contre la guerre, le 20 juin dernier, Ian Hodson, président du Syndicat des boulangers, des travailleurs de l’alimentation et des secteurs connexes, revient sur les débats lors du congrès du syndicat.
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« Camarades, sœurs et frères, je vous adresse des salutations fraternelles au nom du Syndicat des boulangers, des travailleurs de l’alimentation et des secteurs connexes. Nous avons récemment tenu un congrès où de nombreux débats ont porté sur l’idée selon laquelle les personnes en situation de handicap devraient payer pour la guerre. Nos membres refusent d’accepter que l’on appauvrisse les personnes en situation de handicap pour financer l’expansion militaire. Nos membres affirment très clairement qu’ils veulent que nos services publics et notre population soient correctement financés, et que l’armée collecte ses fonds par le biais d’œuvres caritatives et de courses caritatives. Voyons donc comment l’armée s’en sortira.
Nous sommes très clairs : la guerre ne profitera jamais à notre classe. Nous sommes très clairs sur le fait que les communautés ouvrières ne tirent aucun bénéfice de l’expansion militaire, et nous comprenons (…) que l’austérité et le militarisme sont les deux faces d’une même médaille.
Pour nous, au syndicat des boulangers, nous pensons que notre avenir doit reposer sur de meilleurs salaires, que nous devons disposer de logements sociaux et d’un système de santé publique (NHS) entièrement financé. Voilà ce qui, selon nous, devrait constituer les priorités de tout gouvernement. Et comment se fait-il qu’on nous dise que les dépenses de défense vont, d’une manière ou d’une autre, renforcer notre sécurité ? Personne ne se sent en sécurité quand il n’a pas les moyens de payer son loyer (…) quand il faut choisir entre se chauffer et manger (…) quand on sort dans la rue et que l’extrême droite gagne du terrain, encouragée par un gouvernement qui prétend que c’est la faute des réfugiés. Personne dans ce pays, ne tirera profit d’une société divisée. Et soyons très, très clairs : les réfugiés sont les bienvenus ici.
Précisons très clairement que les inégalités et les injustices auxquelles nous sommes confrontés n’ont pas été causées par un seul migrant arrivé au Royaume-Uni.
Elles sont le fait des politiciens et des conseils d’administration des entreprises à travers le pays, ainsi que d’une machine militaire qui nous épuise. Mais il est très important de construire à partir de là. L’objectif d’aujourd’hui est de rassembler les gens autour de la conviction que nous pouvons construire quelque chose de mieux. Et nous devons reconnaître que construire quelque chose de mieux ne consiste pas à consacrer tout notre argent à soutenir un génocide perpétré par Israël.
Nous devons également reconnaître que condamner Israël pour son génocide en Palestine n’est pas non plus de l’antisémitisme.
Je tiens aussi à rendre hommage à toutes les personnes qui ont été emprisonnées pour avoir mené des actions directes. Ces personnes se sont battues pour l’humanité. Elles se sont battues pour le droit à la vie. Et chaque Palestinien a droit à la vie, tout comme nous avons tous droit à la décence, au respect et à la dignité. C’est pourquoi il faut nous concentrer sur la manière dont nous construisons cela au sein de nos communautés et de réfuter l’argument selon lequel nous pourrions, d’une manière ou d’une autre, bombarder pour instaurer la démocratie ou pour améliorer nos conditions de vie. Cela n’arrivera jamais. Cela n’est jamais arrivé. Et je vous le dis aujourd’hui : je suis fier d’être ici, fier de m’adresser à vous, même si j’ai parlé un peu trop vite. Solidarité ! Merci. »
