Un nécessaire sang-froid

Pensez-vous que Macron et Darmanin défendent les libertés ?

A Paris, le 23 avril (photo AFP).
Par Michel Sérac
Publié le 26 mai 2023
Temps de lecture : 2 minutes

Cette question, sans doute, vous offusquera : ce régime, on le sait, agit en ennemi de la démocratie.

Notre question saugrenue en amène une autre

Quelles ruses, quels desseins agitent le tortueux Darmanin, lorsqu’il interdit subitement des réunions royalistes ou fascistes ? Les godillots de l’exécutif, qui vantent partout, « par contraste avec LFI », le comportement du RN « respectueux des institutions »1Ces louanges du RN se retrouvent par exemple dans le journal des milliardaires Arnault et Bettencourt, L’Opinion, dans les débats télévisés « d’experts ». Et il est exact que, pour les tenants RN d’un régime « à poigne », contre les travailleurs, les démocrates, les cibles du racisme, la Ve République doit être précieusement conservée… combattraient-ils soudain les haines racistes… qui suppurent de leurs propres lois ?

La grave affaire de Saint-Brévin prouve exactement le contraire2Voir, la semaine dernière, l’article en page 4 de Rosalie Albani. ! Que nous apprend l’histoire ?

Tout renforcement des moyens répressifs d’Etat contre la liberté d’expression, d’abord dirigé officiellement contre des bandes fascistes, a été utilisé principalement contre le mouvement ouvrier et la liberté générale d’expression.

Serions-nous assez naïfs ?…

Serions-nous assez naïfs pour reconnaître au régime du 49.3, des LBD, des arrestations illégales, le droit de statuer sur les opinions qui, à ses yeux, sont « extrémistes » ?

La valetaille médiatique des milliardaires, affolée par la colère populaire, en est à qualifier de « violence » l’opinion de millions de citoyens, exprimée par LFI : la Ve République monarchique a fait plus que son temps, le peuple n’en veut plus ! Le précédent de Gaulle, utilisant le décret de 1936 contre les ligues fascistes pour dissoudre en 1968 onze organisations qui avaient résisté à ses exactions policières3Après que le peuple français eut chassé le fondateur de la Ve République en 1969, le Conseil d’Etat, saisi par Pierre Lambert (directeur de ce journal), cassa le 21 juillet 1970, comme relevant de « l’excès de pouvoir », la dissolution par de Gaulle de plusieurs organisations., invite au sang-froid, pour éviter les pièges, tendus par l’Etat, qui menacent toutes les libertés du peuple.