Exploitation des jeunes : open bar sous Macron

C’est l’argent public qui « ramène à zéro le coût du travail ».

De jeunes apprentis bouchers travaillant (photo AFP).
Par Michel Sérac
Publié le 23 juin 2023
Temps de lecture : 2 minutes

Dans son flot de mensonges sur les retraites, la clique macroniste a lancé la fable d’un « déficit » de 13 milliards en 2030. Vous serez sûrement intéressé par l’usage, pendant ce temps, par Macron de 36 milliards de fonds publics, révélé par une étude fort sérieuse1Apprentissage : un bilan des années folles, par Bruno Coquet, OFCE, en ligne..

Cela commence par une énigme. Depuis soixante-cinq ans, la Ve République, ennemie de l’enseignement technique public  de 1949, a multiplié les assauts pour régresser vers l’apprentissage patronal2La doctrine patronale pour la « formation » n’a guère varié : n’enseigner que le strict nécessaire pour occuper les postes de travail. ; pas moins de douze lois, depuis 1971. Peine perdue : les dizaines de millions de diplômés – CAP, bacs techniques, BTS… – ont dédaigné cette « éducation » patronale qui déguise mal l’exploitation  des élèves. L’effectif d’apprentis stagnait à 250/300 000.

Surprise : en deux ans, Macron élève ce chiffre à 970 0003Tandis qu’on étrangle et ferme les lycées d’enseignement professionnel publics, le nombre de centres patronaux  d’apprentissage a bondi de 954 à 3 102 sous Macron ! .

L’étude de l’OFCE dévoile le pot-aux-roses. Si les patrons se ruent vers le recrutement de bacheliers et d’étudiants4L’apprentissage accueillait surtout des jeunes en difficulté scolaire, pour leurs premières qualifications. Les patrons les remplacent par une majorité de diplômés universitaires, déjà « formés », bien plus rentables. Pourquoi se gêner quand, avec Macron, c’est gratuit ?, c’est parce que les salaires de ces « apprentis » sont… payés par l’Etat-Macron : ils n’ont plus qu’à empocher le profit tiré du travail des jeunes.

Même sous cette Ve République intrinsèquement corrompue, personne n’avait osé !

L’argent public « ramène à zéro le coût du travail » : « 100 % du salaire d’un apprenti de moins de 21 ans, 80 % entre 21 et 25 ans révolus, près de 45 % du salaire après 26 ans. »  

Ces 36 000 millions d’euros  versés à des employeurs privés, ce sont les bourses dues aux étudiants, les crédits volés aux services publics, aux chômeurs, à l’aide sociale, etc.

Tant que survivra cette Constitution despotique, le pillage de l’argent public au profit des riches aura force de loi.