Le projet scélérat contre le peuple kanak reporté. Pas la répression.
Macron a annoncé qu'il ne réunira pas le Congrès nécessaire pour dégeler le corps électoral en Nouvelle-Calédonie, dont projet avait mis le feu aux poudres. Mais la répression coloniale du peuple kanak continue.
- Actualité internationale, Kanaky (Nouvelle-Calédonie)

Dans une lettre adressée aux Néocalédoniens le 18 juin, le locataire de l’Elysée écrit : « J’ai décidé en la circonstance de ne pas réunir le Congrès. »
Et pour cause ! Après le fiasco politique qu’il vient de subir, le projet prévoyant d’élargir le corps électoral pour « les élections provinciales de Kanaky » gelé depuis 2007 se trouve frappé en plein vol. Le texte adopté par le Sénat le 2 avril puis par l’Assemblée nationale le 14 mai (macronistes, LR, RN) nécessitait d’être adopté par les deux assemblées réunies en congrès à Versailles avant le 1er juillet 2024. Patatras ! L’Assemblée nationale étant dissoute… plus de Congrès.
Touché… mais Macron continue à menacer. « J’attends aujourd’hui la levée ferme et définitive de tous les barrages. Et la condamnation des violences sans faux-semblants. La situation dans laquelle la Nouvelle-Calédonie a été réduite par quelques-uns demeure inadmissible et ceux qui l’ont encouragé devront répondre de leurs actes. »
Au moment où nous écrivons sept Kanaks ont été assassinés par les forces de l’ordre et des milices de colons, plus de 1 200 interpellations ont eu lieu. Quant au couvre-feu instauré par le haut-commissaire représentant l’Etat colonial français, il est maintenu de 20 heures à 6 heures du matin.
L’état de siège baptisé état d’urgence est toujours en vigueur. En un mot, la Kanaky est un pays occupé militairement. Aucune exagération dans cette affirmation.
Songeons qu’il y a actuellement 3 500 forces de l’ordre dans un pays d’environ 270 000 habitants. Comparé et rapporté à la population de l’Hexagone, c’est à peu près comme si – de ce côté du globe – nous étions occupés par plus de 800 000 hommes armés. Comment appeler cela autrement qu’une occupation ?1L’archipel kanak c’est un peu moins de 19 000 km2 de terre ferme, c’est-à-dire l’équivalent des départements de la Gironde et des Landes. D’autant que la comparaison vaut également pour les 1 200 interpellations. Ce qui équivaut à un chiffre avoisinant 300 000 rapporté à la population de l’Hexagone. Si par conséquent, le projet de loi scélérate est abandonné pour l’instant, si la macronie et ses supplétifs sont KO debout, la répression sauvage, l’occupation et la domination continuent.2Plusieurs blindés Centaure sont sur place depuis le début, seize sont prévus au total.
Comme nous l’avons déjà écrit, les manœuvres de l’Etat colonial français ont, au fil de décennies de violences et de tromperies, rendu le peuple kanak minoritaire dans son propre pays en installant des Européens, mais aussi des Wallisiens.
Le projet de réforme visait à liquider tout espoir d’indépendance en parachevant la minorisation de façon massive et définitive de ce peuple. La jeunesse et le peuple kanak ont refusé ce nouveau traquenard.
C’est au peuple kanak de décider de son avenir, de tracer son chemin. Et à personne d’autre et certainement pas au pouvoir colonial français avec sa violence, ses combines, ses trucages et ses référendums.
Abandon définitif du projet !
Arrêt de la répression !
Libération des militants emprisonnés !
Justice pour les Kanaks assassinés !
CRS, gendarmes et troupes de chocs (GIGN, Raid) hors de Kanaky !
| Cet article a été rédigé quelques heures avant l’arrestation de plusieurs responsables et militants indépendantistes kanaks. Nous y reviendrons très prochainement. |
