Paris, 5 octobre : un meeting de combat, un meeting de rupture
La veille et le matin, 150 délégués de 18 pays d’Europe, des États-Unis et de Palestine s’étaient réunis pour une conférence contre la guerre. Ces délégués étaient présents à la tribune du meeting, le 5 octobre. 4 000 militants ont rempli la salle du Dôme de Paris.
- Meeting contre la guerre
Dès la file d’attente devant la salle, les slogans « free Palestine », le chant des Gilets jaunes et les « Macron démission » fusent. Ce sont 4 000 militants, engagés dans les batailles actuelles, contre leur gouvernement, contre le génocide à Gaza, qui ont rempli la salle du Dôme de Paris pour écouter des orateurs britanniques, italiens, américains…
La veille et le matin, 150 délégués de 18 pays d’Europe, des États-Unis et de Palestine s’étaient réunis pour une conférence contre la guerre. Ces délégués étaient présents à la tribune du meeting. La conférence et le meeting qui l’a suivie sont le résultat d’un travail de discussion entre militants, à l’échelle européenne, entamé en mai dernier lorsque des militants français du POI et des militants anglais de Stop the War se sont rencontrés et ont établi le constat commun qu’il était urgent de rassembler toutes les forces qui, en Europe, se battent contre la guerre ; toutes les forces qui luttent contre les budgets de guerre qui étranglent les services publics, contre l’approvisionnement en armes des massacres en cours à Gaza et en Ukraine.
Des militants politiques, syndicaux, associatifs, d’une vingtaine de pays européens sont entrés dans cette discussion, l’enrichissant des expériences de leurs pays respectifs.

Stéphane Jouteux, syndicaliste français, a terminé son introduction au meeting en expliquant :
« Il s’agit d’un meeting de combat, un meeting de rupture qui se tient alors que plus de 400 militants de la flottille Global Sumud ont été arrêtés au large de Gaza par l’armée israélienne et ont été emprisonnés, accusés de vouloir briser le blocus humanitaire de Gaza. Voilà, parmi eux, il y a entre autres José Nivoi, porte-parole du collectif autonome des dockers de Gênes en Italie, qui devait prendre la parole aujourd’hui, et dont j’ai le plaisir de vous annoncer qu’il a été libéré hier.
Plus de 130 membres de la flottille ont déjà été relâchés sous la pression des immenses manifestations, des grèves et des blocages dans de nombreux pays. Je voudrais saluer ici ces militants et ceux qui sont encore détenus par l’armée israélienne, dont quatre députés de la France insoumise qui sont en grève de la faim, et dont nous exigeons la libération immédiate, comme la levée du blocus de Gaza.
Je voudrais saluer tout particulièrement le combat des syndicalistes et des structures syndicales – et elles sont nombreuses – dans la CGT, dans la CGT-Force Ouvrière, dans la FSU, dans Solidaires, qui se battent depuis des mois contre la guerre, contre le génocide à Gaza, contre les budgets de guerre qui étranglent les travailleurs et la population de ce pays. Il est tout à fait normal que nombre d’entre eux, de leur propre initiative ou avec leur syndicat, soient présents dans cette salle, qu’ils aient contribué au succès de ce meeting de mobilisation.
Salut également aux députés de la France insoumise, qui se battent inlassablement et sans concession, à l’Assemblée nationale et dans la rue, ainsi qu’à tous les militants LFI, et à toutes les organisations qui ont contribué au succès de ce meeting.

Je voudrais saluer la présence, dans cette salle, de Christian Tein, président du FLNKS de Kanaky, qui a été emprisonné à 17 000 kilomètres de chez lui et qui est toujours poursuivi par l’État colonial français. La campagne pour la levée des poursuites à son encontre se poursuit avec le Comité international contre la répression.
Je voudrais également saluer Stephen Kapos, 88 ans, survivant de l’Holocauste, participant de toutes les manifestations pour la Palestine, qui est venu de Londres pour participer à ce meeting.
C’est tous ensemble que l’on pourra arrêter la guerre. »
Parmi les treize interventions, il faut noter la prise de parole conjointe d’une militante palestinienne et d’une militante juive israélienne, qui ont expliqué ensemble la manière dont le plan de Trump était destiné à encamisoler les Palestiniens, ainsi que l’intervention là aussi conjointe d’un militant ukrainien et d’une militante russe, qui ont exposé combien la guerre en cours est une guerre contre les peuples russe et ukrainien. Le meeting s’est conclu sur l’annonce par le militant britannique de la coalition Stop the War, John Rees, d’un deuxième meeting à Londres en juin prochain.
Pour voir ou revoir le meeting : https://www.youtube.com/watch?v=14ylhM4xNeY
