La responsabilité de l’impérialisme français au Liban
De la Première guerre mondiale à aujourd'hui, un petit rappel bien nécessaire de la politique de l'impérialisme dans ce qui est aujourd'hui le Liban.
- Actualité internationale, Liban

Repères historiques
– Après la Première Guerre mondiale et les traités de « paix » qui ont taillé dans la chair des nations et des pays, la France a reçu de la Société des Nations (ancêtre de l’Onu) un mandat sur la Syrie.
– En 1920, la France découpe la région du Mont-Liban, pour l’arracher à la Syrie et fabriqué le Grand Liban, protectorat français, sous prétexte de défendre les populations chrétiennes.
La création de cette entité va exacerber toutes les divisions confessionnelles, divisions qui seront inscrites dans la Constitution de ce nouveau pays, reconnaissant ainsi dix-huit confessions y compris les chrétiens, les musulmans, etc.
– En 1943, le Liban proclame son indépendance. Le système confessionnel, créé par les Français, se retrouve au centre de la Constitution libanaise : le président est chrétien, le Premier ministre est musulman sunnite, le président du Parlement est musulman chiite, et ainsi de suite…
– 1948 : après la création de l’État d’Israël et les actes de terreur des milices sionistes contre les populations palestiniennes, un afflux de Palestiniens se réfugie au Liban.
Depuis lors, l’État d’Israël a multiplié les attaques et les provocations contre le Liban. Ne cessant d’aiguiser les contradictions entre les différentes communautés du pays.
– 1975 : la situation s’aggrave au point d’entraîner ce qu’il est convenu d’appeler la guerre civile au Liban jusqu’en 1990. Contrairement à ce qui est souvent affirmé, il ne s’agit pas d’une guerre entre milices chrétiennes et milices musulmanes, mais d’affrontements politiques, religieux et surtout mafieux, jalonnés d’une longue série d’alliances et de contre-alliances rassemblant des milices chrétiennes et musulmanes contre d’autres, etc.
– 1982 : les troupes israéliennes pénètrent au Liban, par le sud du pays, pour s’attaquer aux groupes palestiniens de l’OLP. Elles remontent jusqu’à Beyrouth. Les milices phalangistes chrétiennes libanaises sont alliées d’Israël, elles entrent dans les camps de Sabra et Chatila, sous protection des troupes israéliennes, et se livrent à un massacre des enfants, des femmes, des anciens Palestiniens d’une barbarie rarement égalée.
C’est en réaction à cette offensive israélienne qu’est constitué le Hezbollah. C’est un parti politique qui possède une branche militaire.
– Depuis les années 1990, le Hezbollah a un groupe parlementaire important et a participé à de nombreux gouvernements, notamment en coalition avec des partis chrétiens.
Le Hezbollah a également organisé un système d’aides caritatives en direction des populations défavorisées du Sud-Liban qu’elles soient chrétiennes ou musulmanes.
– 1996 : nouvelle offensive israélienne au Liban, dont l’armée va occuper un quart du pays pendant quatre ans.
– 2006 : une nouvelle invasion des troupes israéliennes au Liban est combattue avec succès par le Hezbollah.
Le Hezbollah continue jusqu’à il y a peu à participer aux différents gouvernements.
– 2020 : l’explosion dans le port de Beyrouth d’un entrepôt de produits chimiques et ses conséquences révèlent au grand la crise majeure du pays : il n’y a plus de gouvernement, l’économie est en lambeaux, de nombreux Libanais quittent à nouveau leur pays.
Lire également : l’interview exclusive de Castro Abdallah, secrétaire de la centrale syndicale libanaise FENASOL.
