Les tribulations de M. Glucksmann en Géorgie
Lors de sa déclaration ce dimanche, comme candidat à la présidentielle, Raphaël Glucskmann a d’emblée et pour fonder sa stature internationale rappelé qu’il avait travaillé en Géorgie.
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Effectivement, de 2009 à 2013, Raphaël Glucksmann a été un proche conseiller politique du président Saakachvili (président de 2004 à 2013).
M. Saakachvili, après avoir obtenu son diplôme universitaire au début des années 1980, reçoit en 1992 une bourse du département d’État américain pour suivre ses études aux États-Unis et obtenir son diplôme de l’université de Columbia. Il travaille dans un cabinet juridique à New York où il sera sollicité par des représentants de l’oligarchie géorgienne pour revenir en Géorgie et être élu député. Il occupera plusieurs mandats de ministre. De 2004 à 2013, il est président du pays. Son objectif est de faire entrer la Géorgie dans l’OTAN. Sa proximité avec les États-Unis est telle qu’en 2005, il donne le nom de George Bush à une avenue de la capitale.
Il supprime le salaire minimum, licencie 60 000 fonctionnaires (pour un pays de moins de 5 millions d’habitants), abaisse de 20 % les impôts des sociétés. Il privatise massivement au profit des oligarques mafieux et du capital étranger. Il accorde les mêmes droits de propriété aux étrangers qu’aux Géorgiens. En revanche, le budget de l’armée passe à 10 % du PIB ! Sous sa présidence, la corruption explose dans le pays.
Amnesty International dénonce le règne autoritaire et répressif du régime. Poursuivi par les affaires de corruption le concernant, avant même la fin de son mandat, il fuit vers… les États-Unis. Pendant ce temps-là, il est condamné par contumace par la justice géorgienne à de lourdes peines de prison, et tous ses biens sont saisis en Géorgie.
Il s’installe ensuite en Ukraine, renonce à sa nationalité et devient ukrainien. Soutien du président ukrainien de l’époque, il devient même gouverneur de la région d’Odessa. Rêvant de devenir président de l’Ukraine, il lance une offensive contre le président en place, y compris en organisant de violentes manifestations devant la Rada (parlement) ukrainienne. Le président le déchoit de la nationalité ukrainienne et l’expulse. Réfugié en Pologne, en Hongrie, il revient en Ukraine en 2017 quand Zelensky est élu président, celui-ci lui redonne la nationalité ukrainienne.
Se pensant protégé, il fait un voyage en Géorgie en 2021, il y sera arrêté, condamné et mis en prison. Son dossier d’accusation contient de nombreux documents sur la corruption du personnage, mais il est également accusé des violences contre ses opposants, aux prisonniers, y compris d’actes de torture.
Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, mais le peuple géorgien a payé chèrement !
