Violente répression d’État contre les lycéens mobilisés pour leur avenir
Depuis le début du mouvement lycéen, Macron-Lecornu-Nunez organisent une répression d’Etat déchaînée contre les lycéens qui manifestent pour de meilleures conditions d’études, des moyens et l’abandon de Parcoursup.
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Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Plus de 5 000 interpellations ont été effectuées entre le 21 septembre et le début octobre, selon le ministère de l’Intérieur. 5 000 interpellations en deux semaines, c’est un rythme effréné quand on les compare aux 7 582 interpellations qui ont été faites en dix mois de mouvement des Gilets jaunes. Amnesty International indique que 85 % des personnes interpellées sont des mineurs. Le ministère de la Justice a annoncé le 5 octobre que 5 060 personnes avaient été placées en garde à vue, dont 4 406 mineurs. Parmi ces gardes à vue, 1 802 personnes font l’objet de poursuites judiciaires, dont 1 483 mineurs. La Ligue des droits de l’homme dénonce « une dérive globale par rapport à l’état de droit » lors des interventions des forces de l’ordre dans le cadre du mouvement lycéen.
Sur Franceinfo le 1er octobre, une professeure de Nanterre dénonce les violences policières lors d’une mobilisation lycéenne. Après avoir été tapée, poussée, insultée, jetée à terre, gazée en tentant de protéger ses élèves, elle déclare : « La violence, c’est de voir des CRS contre des enfants ».

À Pamiers (Ariège), le 4 octobre, un professeur de français dénonce le comportement de la police lors d’une mobilisation de lycéens devant son établissement. Il prend la parole en public : « Alors que la mobilisation se déroulait dans le calme, sans aucune dégradation, aucune agressivité de la part des lycéens, pour quelques pétards tirés en l’air, les policiers ont commencé à s’équiper et à tirer des grenades lacrymogènes au pied des lycéens. Aucun projectile n’a été lancé envers les forces de l’ordre mais les tirs policiers ont duré pendant une heure et demie. Aucune communication n’a été possible avec les forces de l’ordre, aussi avec les personnels, nous avons constitué un cordon de protection des lycéens. Je tiens à faire part de la sidération de toute l’équipe éducative face à la violence policière. » Sous les acclamations, il salue « les élèves pour leur solidarité et leur détermination » et exige un démenti de la préfecture accusant les lycéens d’être responsable des violences affirmant : « Ce sont les forces de l’ordre qui ont créé le désordre ».
À Belfort, un individu, qui s’avèrera plus tard être un policier en civil, sans brassard, interpelle un jeune dans une rivière qui se retrouve la tête sous l’eau. L’intervention dure 30 secondes. Quelques minutes plus tard, des jeunes qui défendent leur copain passé près de la noyade se retrouvent accusés de lynchage… Le 4 octobre, l’avocat Arié Alimi rappelle sur BFM TV la chronologie des faits : « Le point de départ de tout est qu’un fonctionnaire de police maintient la tête d’un enfant sous l’eau. C’est cela qui est important, pas le reste. Il faut appeler un chat un chat, c’est un enfant. » S’adressant à un député macroniste Vignal sur le plateau, Arié Alimi poursuit : « Est-ce que vous avez l’humanité suffisante pour considérer qu’il est inadmissible qu’un policier mette la tête d’un enfant sous l’eau ? Et, que ce qui se passe est le résultat des instructions données par le ministère de l’Intérieur contre les lycéens et les mineurs qui se mobilisent contre les conditions inacceptables qui leurs sont faites. » Au député qui, trépigne de colère, maître Alimi l’interroge une nouvelle fois : « Dites-le que mettre la tête d’un enfant sous l’eau est inadmissible ». Sans surprise, le député macroniste ne prononcera jamais ces paroles… à Reims, c’est le procureur de la République lui-même qui après l’avoir nié, reconnaît que c’est bien un policier en civil qui a jeté une grenade sur des manifestants, policier fuyant devant la stupeur et l’interpellation du député européen LFI Anthony Smith présent sur les lieux. Le 6 octobre, la répression s’est poursuivie toute la journée, le matin devant les blocus et à l’issue des manifestations. Un jeune manifestant a été conduit à l’hôpital à Noisy-le-Grand, victime de convulsions après avoir été gazé par les forces de l’ordre.
Plus de 200 lycéens blessés !Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a assuré qu’il n’y avait « pas de consignes de retenue » pour les forces de l’ordre face aux violences commises en marge des blocages de lycées. Le bilan de la répréssion d’état sur les lycéens est effroyable : – 15 ans, la main arrachée – 16 ans, l’usage de son œil perdu – 14 ans, la mâchoire fracturée – 14 ans, étranglée par un policier – 17 ans, interpellé le visage plongé sous l’eau par un policier – 14 ans, victime d’attouchements à la poitrine et à la tête par un policier en civil La marque d’un pouvoir minoritaire et aux abois. |
Des armes de guerre contre les lycéensLundi 5 octobre, un lycéen de 15 ans a perdu sa main et une partie de son bras alors qu’il se mobilisait pour son avenir. En cause ? L’explosion d’une grenade de désencerclement. « La police française est la seule en Europe à disposer de cet outil, qui est une arme de guerre », rappelle Alain Bauer, professeur émérite de criminologie. En effet, en droit français, la grenade à main de désencerclement (GMD) est classée dans la catégorie A2, qui correspond aux matériels de guerre. Le Code de la sécurité intérieure la range explicitement dans cette catégorie. Pourtant, le 5 octobre, répondant à la députée LFI Gabrielle Cathala qui demandait sa démission, le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez déclarait : « Quand vous dites que les forces de sécurité intérieure utilisent des armes de guerre, c’est n’importe quoi, ce sont des armes intermédiaires qui sont non létales. On va continuer à faire ce que nous faisons, à maintenir l’ordre ». Face à la jeunesse qui se dresse pour ses droits et son avenir, le gouvernement minoritaire n’a que la répression pour lui éviter de répondre aux revendications. |
Dernière minuteLaurent Nuñez annonce suspendre les grenades assourdissantes, le 7 octobre 2026. |
