6 octobre : 450 000 manifestants !

Mardi 6 octobre, 450 000 lycéens, étudiants, enseignants, parents, syndicalistes, salariés et retraités ont manifesté partout en France à l’appel des organisations de jeunesse mais aussi des organisations syndicales.

Manifestation massive à Marseille, le 6 octobre 2026.
Par Rosalie Albani
Publié le 8 octobre 2026
Temps de lecture : 3 minutes
Assemblée générale inter établissement à Nice après la manifestation, le 6 octobre 2026. (correspondant)

Mardi 6 octobre, 450 000 lycéens, étudiants, enseignants, parents (« Mère solidaire et en colère » pouvait-on lire sur une pancarte), syndicalistes, salariés et retraités ont manifesté partout en France à l’appel des organisations de jeunesse mais aussi des organisations syndicales CGT, FSU, FO et Solidaires, rejointes parfois par l’UNSA et la CFDT.

1 800 lycées étaient bloqués, perturbés ou fermés. Malgré les manœuvres du ministre Geffray pour affaiblir la mobilisation en fermant près de 500 lycées, des centaines de rassemblements, blocus et manifestations ont eu lieu devant les lycées. Dans les universités, des assemblées générales souvent massives (3 000 à Toulouse-Mirail, 1 000 à Rennes 2, 1 500 à Nantes) ont décidé de bloquer les facs et rejoindre le mouvement lycéen : les écoles normales supérieures de Lyon et Paris sont bloquées, Lyon 2 et Lyon 3, cinq campus bloqués à Montpellier, sciences po Rennes, Poitiers ou Saint-Germain-en-Laye, les trois campus de Rouen pour ne citer que quelques exemples.

Certains blocages sont historiques ou jamais-vu : à l’université Dauphine à Paris, l’IEP de Fontainebleau ou les trois campus de Mulhouse. Partout en France, les manifestations sont massives : 30 000 à Marseille et Toulouse, 8 000 à Brest, 20 000 à Lyon et à Nantes etc. Une démonstration de force qui illustre la puissance du mouvement lycéen, une lame de fond enracinée dans le rejet de Macron et de sa politique menée depuis dix ans contre la jeunesse.

Blocage à l’université Paris-Saclay, le 6 octobre 2026. (correspondant)

D’ailleurs, à Paris, des milliers rassemblés à République au départ de la manifestation scandaient : « Macron, démission ». Des cortèges denses, déterminés où les lycéens étaient entourés par de nombreux militants syndicalistes reconnaissables à leurs chasubles syndicales. Ces derniers étaient d’ailleurs très présents dès le matin aux côtés des lycéens sur les blocus avec des parents et des enseignants en grève, certains allant même jusqu’à former des chaînes pour protéger les lycéens face à la répression d’État organisée par Macron-Lecornu-Nuñez. Dans la manifestation marseillaise, une syndicaliste du Snuipp-FSU salue une manifestation massive « comme à l’époque du CPE. On est là pour soutenir les lycéens. Comme eux, on n’en veut plus de Parcoursup. Le gouvernement veut faire 54 milliards d’économies, ça va se traduire en coupes dans l’éducation. On n’en veut pas de ce budget ».

À Paris, Jean-Luc Mélenchon, accompagné par Manuel Bompard, Louis Boyard et d’autres députés et élus insoumis étaient acclamés sur son passage. « C’est puissant ce que vous faites » a-t-il déclaré, admiratif à des lycéens qui se pressaient pour lui serrer la main.

Pros et élèves du lycée Doisneau de Corbeil-Essonne dans le RER pour rejoindre la manifestation à Paris, le 6 octobre 2026.

Au même moment, Sébastien Lecornu répond avec agressivité et mépris à Mathilde Panot dans l’hémicycle qui déclarait : « Méfiez vous, aucun LBD, aucune grenade ni matraque ne viendra à bout d’une jeunesse décidée à se lever pour son avenir ». Celui qui organise des milliards de coupes avec Macron dans son prochain budget ose saluer les services publics avant de dérouler son discours anti-LFI. Toute honte bue, celui qui lance les forces de l’ordre violemment sur les lycéens, annonce une suspension des cours en fin de semaine pour « un temps de démocratie interne » dans les lycées, se défaussant ainsi sur les recteurs, DASEN et chefs d’établissement. Comme pour mieux masquer ses non-réponses aux revendications des jeunes. L’Union étudiante a d’ailleurs annoncé sur ses réseaux : « blocages le 7 octobre et manif le 8 octobre » rejointe par le Snes-FSU, la CGT et la fédération FO de l’Enseignement.

 

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