À quelques heures du vote du PLFSS 2026
Ce 9 décembre aura lieu le vote du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) à l’Assemblée nationale. Depuis le début, les interventions des députés PS sont parmi les plus applaudies par les macronistes, trop contents d’avoir trouvé une bouée de sauvetage.
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Ce mardi 9 décembre aura lieu le vote solennel du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) à l’Assemblée nationale.
Un chiffre, un seul pour donner une idée de ce dont on parle. La Cour des comptes, qui n’est pas spécialement un club de philanthropes animés par une volonté farouche de défendre l’hôpital public, estime à 7 milliards le montant des « économies » prévues dans ce budget pour la santé et l’hôpital publics. (Au passage, 7 milliards c’est la somme que le gouvernement veut ajouter en 2026 au budget de l’armée et de la guerre…).
Au cours des débats sur le PLFSS, des amendements ont été adoptés par l’assemblée, des modifications ont été apportées, et d’autres sont annoncées par le gouvernement qui cherche par tous les moyens à faire passer son texte. Mais, au bout du compte, dans la copie finale, les réductions de dépenses se montent à près de 4 milliards…
L’adoption de ce budget va donc se traduire très concrètement par le fait que l’hôpital va continuer à s’effondrer. Alors même que cette année près de 1 500 patients sont morts dans les couloirs des urgences…
En toute logique donc, ceux qui ont fait campagne en 2024 pour la rupture avec Macron, et donc, notamment, pour la défense des services publics, devraient comme un seul homme voter contre ce texte. Sans même avoir l’ombre d’une hésitation…
C’est d’ailleurs ce que les députés du groupe LFI ne cessent de marteler : il n’y a pas de compromis possible avec ce texte qui doit être battu et doit finir à la poubelle.
Mais au PS, c’est à une tout autre logique qu’on obéit. C’est que ce parti est aujourd’hui au gouvernement. Bien sûr, formellement, il n’y est pas (pas encore…). Mais dans les faits cela revient au même.
Depuis le début des débats sur le PLFSS, les interventions des députés socialistes sont parmi les plus applaudies par les macronistes, trop contents d’avoir trouvé une bouée de sauvetage.
Quand les députés Républicains ou Horizons (le groupe d’Édouard Philippe) sont trop critiques ou menaçants pour le budget du gouvernement, c’est Jérôme Guedj, le chef de file des socialistes sur le PLFSS, qui monte au créneau et se charge de les rappeler à l’ordre. Le porte-parole du gouvernement, son garde-chiourme à l’Assemblée aujourd’hui, concrètement, c’est lui.
Les faits sont là. Le 5 décembre, avait lieu le vote sur la partie « recettes » du PLFSS. Un vote contre aurait mis fin à l’examen du texte à l’Assemblée. Cela aurait été un échec supplémentaire pour le gouvernement. Une brèche dans sa politique contre les travailleurs et la population.
En faisant bloc avec lui, le PS a sauvé le gouvernement.
Il n’y a pas que le PS…
Le groupe PCF à l’Assemblée nationale représente 17 députés. Cinq d’entre eux étaient présents. Trois ont voté contre. Deux ont voté pour… Sans commentaires…
L’examen du projet de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a donc poursuivi son chemin à l’Assemblée. Plus tard, toujours le 5 décembre, dans la nuit, était soumise au vote la mesure concoctée par Faure et Lecornu pour justifier le ralliement du PS au gouvernement. Il s’agit bien sûr de la prétendue suspension de la réforme des retraites – en réalité, un décalage provisoire qui grave dans le marbre, par le vote des députés (vote qui n’avait jamais eu lieu puisque ladite réforme était passée par 49.3), le principe de la retraite à 64 ans. Une fausse suspension donc. Un mensonge et un reniement. La trahison des millions mobilisés en 2023 contre cette réforme.
Le PS a évidemment défendu sa mesure. Les écologistes aussi par la voix d’Alexis Corbière qui a appelé à voter « pour », « sans illusions »… Les pathétiques effets de manche d’Alexis Corbière à l’Assemblée n’y changent rien : un mensonge reste un mensonge, un reniement reste un reniement.
Ceux qui se sont prêtés à cette magouille parlementaire le savent très bien. Anecdote significative : c’est dans un silence de mort que l’annonce des résultats du vote donnant la majorité aux « pour » a été accueillie. On aurait pu s’attendre à des ovations, des applaudissements venant du PS et des écologistes. Après tout, ils s’étaient battus pour que le « pour » l’emporte. Mais rien. Rien sauf la honte.
Ironie de l’histoire : c’est avec les voix du RN que cette fausse suspension, mais vrai soutien au gouvernement, est adoptée…
À cette étape, tout semble indiquer que le vote sur le PLFSS va être très serré. Mais quoi qu’il se passe, une chose est certaine : quand 9 personnes interrogées sur 10 disent vouloir le départ de Macron, le refus est ultra-majoritaire. Et quelles que soient les voies qu’il empruntera il va chercher à s’imposer et nous sommes bien déterminés à aider à ce qu’il l’emporte.
