Interview exclusive de deux militants ukrainiens

Arrestations en Ukraine par la police du recrutement militaire, à la manière de l’ICE, police des frontières aux Étas-Unis.
Par la rédaction d’IO
Publié le 29 août 2026
Temps de lecture : 11 minutes

La situation de l’Ukraine, plongée dans une guerre sans fin particulièrement meurtrière, est traversée de contradictions et d’agitations ces dernières semaines.

Nous avons demandé leur éclairage et leur point de vue à Igor et Vlad, deux militants ukrainiens du mouvement « Gauche post-soviétique » (ou Post Soviet Left – PSL), dans l’interview ci-dessous.

Ces militants, avec des militants russes, étaient partie prenante de la conférence et du meeting international de Londres les 19 et 20 juin. Ils y ont pris la parole. Ils ont abordé en particulier la défense des déserteurs.

Actuellement, les témoignages qui nous parviennent, et, d’autre part, les reportages dans la grande presse qui rompent avec un silence passé se recoupent : les déserteurs et les réfractaires à la guerre sont de plus en plus nombreux en Ukraine comme en Russie.

C’est à ce moment que l’Union européenne (UE), avec les différents gouvernements, adopte des mesures répressives contre les déserteurs et réfractaires : tout accueil dans un pays de l’UE est refusé pour un Ukrainien n’ayant pas accompli ses obligations militaires. Tout Russe ayant servi dans l’armée de Poutine se voit interdire l’entrée dans les pays de l’UE. Ces deux mesures quasi symétriques signifient le renvoi dans leur pays de tout déserteur ou réfractaire, donc le renvoi au front et à la mort. Nous invitons les lecteurs d’Informations ouvrières à prendre connaissance de l’appel pour assurer une défense des déserteurs, et à le signer.

Quelle est la situation en Ukraine aujourd’hui ?

Igor : L’Ukraine est aujourd’hui un État néolibéral du tiers-monde en proie à une crise systémique et globale, rongé simultanément par trois fronts : l’Ouest, l’Est et l’intérieur. L’Ukraine est le pays le plus pauvre d’Europe, et ce, même avant 2022, malgré des terres parmi les plus fertiles d’Europe et un grand nombre d’entreprises industrielles héritées de l’URSS. La guerre n’a fait qu’exacerber les inégalités déjà criantes au sein de la société et fragiliser davantage un secteur civil chroniquement sous-financé. En 2025, les dépenses militaires représentaient 40 % du PIB du pays. Il convient également de noter qu’en outre, l’Ukraine consacre actuellement environ 10 % de son PIB au remboursement de sa dette (principalement auprès de créanciers occidentaux), malgré des conditions préférentielles et des reports massifs de paiement sur des prêts essentiels, rendus nécessaires par la guerre.

Vlad : La guerre est devenue, depuis longtemps, la nouvelle « normalité ». Mais cela cache un bilan assez triste. La chasse aux hommes en âge d’être mobilisés se multiplie. Il y a un conflit constant entre la population et les centres de recrutement militaires (TCC). Et ces derniers jours, plusieurs représentants de la classe dirigeante, parlent d’une possible mobilisation des femmes. Ils citent l’exemple de l’État d’Israël et proposent que les femmes occupent plus de positions à l’arrière afin de permettre d’envoyer plus d’hommes au front.

Les soldats eux aussi constituent aujourd’hui une des catégories les plus défavorisées de la population. Souvent, ils restent au front pendant des années sans la possibilité d’être démobilisés, et une fois de retour à la vie civile, l’accès aux pensions ou aux aides sociales est assez complexifié.

Un abîme se creuse entre les déclarations des dirigeants et la réalité de la population, surtout de ces catégories les plus vulnérables et les plus touchées par la guerre.

Il y a vingt ans, on était 46,9 millions d’habitants en Ukraine. Aujourd’hui, selon les estimations de l’Institut de démographie, la population des territoires contrôlés par le gouvernement ukrainien est d’approximativement 29 à 31 millions.

Cela ne compte pas les territoires de la Crimée et du Donbass, pour ce dernier la chute démographique étant encore pire, compte tenu de la période de chaos et de quasi-catastrophe humanitaire.

Pour l’Ukraine contrôlée par le gouvernement, les facteurs ont été la guerre et les bombardements russes, mais aussi l’émigration de travail et économique, l’émigration politique, les victimes au front et les victimes civiles des bombardements, et la diminution de la natalité associée à l’instabilité et à l’absence de la vision d’avenir.

Qu’en est-il des mesures gouvernementales concernant les travailleurs, le Code du travail et les syndicats ?

Igor : En pleine guerre, le gouvernement a voté deux lois qui restreignent considérablement les droits des travailleurs. La loi 5 371 soustrait de fait les relations de travail dans les petites et moyennes entreprises au champ d’application du Code du travail, simplifiant ainsi les licenciements unilatéraux, les heures supplémentaires et autres modifications des conditions de travail par les employeurs.

La loi 2 136/IX autorise de fait l’augmentation du temps de travail à 60 heures dans certains secteurs de l’économie, permet les licenciements pour cause de maladie et autorise également la « suspension » temporaire des contrats de travail (absence de paiement de salaire pendant 90 jours maximum).

Concernant les syndicats, ils ne sont pas officiellement interdits. Il existe des syndicats et même des fédérations syndicales représentant un nombre important de travailleurs. Ils peuvent utiliser un apparent radicalisme qui ne doit pas faire illusion : les présidents de ces organisations sont souvent des parlementaires en exercice ou des personnes de leur entourage.

Les entreprises clés sont placées sous la protection des services de sécurité, dont la mission est d’empêcher les travailleurs de s’organiser et de créer une cellule syndicale de base. Si des militants ouvriers de ces entreprises tentent d’agir, les agents du SBU (services secrets ukrainiens, Ndlr) peuvent très rapidement intervenir et, par des menaces et des violences, anéantir toute tentative de défense de leurs droits dès les premiers stades.

Il existe un certain nombre d’organisations ouvrières indépendantes et non intégrées, ainsi que des militants, contraints quotidiennement de sacrifier leur vie pour améliorer les droits des travailleurs dans tout le pays. Nous leur témoignons notre plus profond respect et notre gratitude. Parmi eux figurent, par exemple, les militants des organisations désormais clandestines Front des travailleurs d’Ukraine (RFU) et Union révolutionnaire (RS), l’organisation étudiante « Action directe », et plusieurs organisations régionales moins connues.

Mais l’indicateur le plus révélateur du traitement infligé aux travailleurs par l’État est la mobilisation forcée. Cette guerre est devenue une guerre menée par les pauvres – ceux qui n’avaient pas les moyens de quitter le pays illégalement, ni les relations nécessaires pour corrompre les agents du TCC et ainsi bénéficier d’une immunité de fait contre la mobilisation au front.

Qu’en est-il des droits démocratiques en Ukraine, de la légalité des partis, du droit de critiquer Zelensky et la guerre ?

Igor : Zelensky a systématiquement (avant même 2022) entrepris de fermer les chaînes les plus critiques à son égard. Ces fermetures forcées et immédiates ont clairement démontré que Zelensky cherchait avant tout à faire taire les sources d’information qui lui déplaisaient, à savoir une alternative à la propagande nationaliste ukrainienne.

Après le déclenchement de la guerre, entre 2022 et 2024, Zelensky a ordonné l’interdiction de quinze partis ukrainiens.

En réalité, les droits démocratiques et le droit de critiquer la guerre et le gouvernement existent toujours en Ukraine, mais seulement pour une poignée d’élus. Seuls ceux qui ont prouvé leur loyauté envers la présidence et la politique néolibérale, pro-occidentale et nationaliste radicale en bénéficient. Les autres s’exposent à de véritables peines de prison, à des exécutions extrajudiciaires, à des pressions de la part des services de sécurité et des nationalistes ukrainiens qui leur sont proches.

En fait, la seule chose qui distingue actuellement l’Ukraine de Zelensky de la Russie de Poutine est la façade de la « liberté d’expression ». Il est possible de manifester contre la dissolution des organismes anticorruption et la démission du ministre de la Défense, mais protester contre la mobilisation forcée et appeler à une paix immédiate est tout simplement synonyme de danger de mort.

Vlad : Cependant, il faut noter que le système ukrainien commence à installer une répression politique systémique. Par exemple, il y a quelques jours, un camarade trotskiste ukrainien, Bohdan Syrotiuk, est mis en prison pour des messages critiquant la guerre et l’impérialisme.

Ici, le régime tolère des critiques quotidiennes, des critiques de fonctionnement d’administration et des infrastructures, les critiques des mairies…

Mais le régime a peur, comme montre le cas de Bohdan Syrotiuk, de toute critique dirigée contre le système et ses bases. Et donc le régime va faire très attention aux critiques antifascistes, communiste, visant la construction nationale et l’unité sociale qu’il prétend bâtir.

Un Ukrainien moyen qui exprime son mécontentement au quotidien ne sentira pas les effets de cette répression. Mais toute tentative d’une construction politique alternative ne sera pas bienvenue, voire elle sera réprimée.

Comment comprendre les concessions de Zelensky à de petits groupes réactionnaires qui revendiquent un passé nationaliste et antisémite ?

Igor : On a souvent l’impression que l’Ukraine est aujourd’hui un vassal du capital occidental, notamment des États-Unis, du Royaume-Uni et des pays de l’Union européenne, se pliant aveuglément à toutes leurs exigences et craignant de « s’attirer les foudres » de son maître. Or, rien n’est plus faux.

En trente-cinq ans, depuis l’effondrement de l’URSS, l’oligarchie ukrainienne s’est imposée comme une entité politique distincte et influente. Et comme le montrent les dernières décennies, malgré toutes les ouvertures pro-occidentales des autorités, sur les questions politiques clés, les principaux responsables politiques ukrainiens se rangent toujours du côté de leur propre capital, « national ».

Les nationalistes ukrainiens les plus radicaux, qui entretiennent des liens économiques étroits avec de nombreux hommes d’affaires et oligarques ukrainiens, constituent désormais la force militaire la plus importante et la plus fidèle du pays. Ils disposent d’un armement sophistiqué, de plus de dix ans d’expérience au combat contre l’une des armées les plus puissantes du monde, et d’une absence totale de principes humanistes, de limite morale ou éthique lorsqu’il s’agit d’atteindre leurs objectifs. Nombre d’entre eux sont prêts à lancer une attaque suicide sans hésiter si on leur en donne l’ordre.

C’est pourquoi Zelensky, homme politique très compétent, souhaite les garder fermement à ses côtés. Mais au-delà des salaires et du soutien médiatique sans faille, dans les moments difficiles, ils sont contraints de recourir à des actions purement symboliques, importantes pour l’extrême droite ukrainienne, comme la réinhumation du collaborateur nazi Andriy Melnyk.

Vlad : Le système ukrainien doit s’équilibrer entre plusieurs centres d’intérêt, plusieurs groupes d’intérêt dans la population et à l’international. Zelensky doit jongler entre eux. Il lui est très difficile de plaire, par exemple, à ses soutiens externes, comme l’Union européenne et ses idées des droits de l’homme. Par contre, il est très facile, pour continuer cette guerre et pour maintenir son domaine, de s’appuyer sur les groupes nationalistes.

Ces groupes-ci constituent une minorité, mais qui a une très grande influence sur la société ukrainienne, avec des ressources et surtout des hommes très motivés pour continuer la guerre et ne pas trop se révolter contre le régime. Il suffit, pour leur plaire, de faire de petits gestes idéologiques, comme la réinhumation d’Andriy Melnyk et la célébration des collaborateurs nazis.

Ce qui peut apparaître comme la promesse d’une guerre extrême qui va aller jusqu’à Moscou et la destruction de la Russie pour que ces nationalistes continuent à soutenir le régime s’engager dans la guerre.

Que savons-nous du refus dans la population de cette guerre sans fin, du refus des jeunes d’aller mourir au front ?

Igor : En Ukraine, plus de 2 millions de personnes échappent actuellement au service militaire. Fin 2025, environ 300 000 soldats ukrainiens avaient déserté leur unité (un délit grave en Ukraine). Chaque mois, des civils non armés opposent une résistance farouche aux agents du TCC et à la police.

Depuis l’adoption, en août 2025, de la loi autorisant les jeunes de 18 à 22 ans à quitter le pays, plus de 75 000 personnes ont quitté l’Ukraine.

Partout dans le pays, les entreprises ukrainiennes font face à une grave pénurie de main-d’œuvre, principalement chez les jeunes. Cela montre clairement que l’absence de manifestations antigouvernementales de masse ne signifie pas que les jeunes se résignent passivement à leur sort d’otages de cette guerre. Le problème c’est que, sous le joug de la censure militaire d’État et de la répression politique, la jeunesse ukrainienne choisit désormais de saboter l’effort de guerre en émigrant.

Cependant, compte tenu de l’interdiction récente d’admettre plus facilement les réfugiés ukrainiens de sexe masculin dans toute l’UE, il est fort probable que la souffrance du peuple se manifeste de manière beaucoup plus manifeste dans les rues et sur les places des villes ukrainiennes.

Face à ces mesures de l’UE pour interdire l’entrée aux jeunes Ukrainiens n’effectuant pas leur service militaire, quelle est l’importance de la campagne en défense des déserteurs ukrainiens (et russes) ?

Igor : Pour nous, militants du PSL, la vie humaine est la valeur suprême. Il ne s’agit pas d’une « intégrité territoriale » isolée, ni de concepts abstraits comme la « liberté et l’indépendance », la « démocratie » ou la « grandeur nationale », mais du droit à la vie, à la liberté et à l’épanouissement de chaque individu.

C’est pourquoi nous ne pouvons considérer le refus d’entrée aux Ukrainiens et aux Russes fuyant les horreurs de la guerre autrement que comme une atteinte à la valeur même de la vie humaine. Il ne s’agit pas tant d’une question liée à notre contexte post-soviétique, mais plutôt d’un aspect fondamental, la boîte de Pandore que cette décision ouvre.

En fin de compte, tout se résume à une maxime simple : la vie humaine peut facilement être sacrifiée à des intérêts géopolitiques personnels. À nos yeux, c’est la voie directe vers le fascisme, vers une catastrophe totale pour les peuples de tous les pays.

De plus, plus cette guerre s’éternise, plus la machine militaire européenne se développe, tout comme ses appétits, et plus les limites de ce qui est acceptable sur le plan militaire s’étendent. Alors qu’il était impensable il y a trois ans que des gouvernements occidentaux encouragent aussi ouvertement les attaques de l’Ukraine contre des infrastructures civiles critiques en territoire russe internationalement reconnu, c’est aujourd’hui une pratique courante.

Par conséquent, notre campagne de protection des déserteurs et réfractaires ukrainiens et russes est notre devoir de prévenir une nouvelle guerre mondiale et de protéger l’humanité d’une destruction mutuelle orchestrée par les grandes entreprises et leurs alliés.

Vlad : La question de défense des déserteurs et des objecteurs des consciences ukrainiens et russes est une défense des droits humains. Il faut qu’on se souvienne que c’est quelque chose qui peut arriver à tout le monde, à tout moment, dans tous les pays. Si jamais il y a une troisième guerre mondiale, cela peut arriver aussi dans l’Union européenne.

Demander que les pays laissent entrer les Ukrainiens, mais aussi les Russes, c’est important pour préserver les vies des gens tout simplement.

Le fait que les jeunes puissent vivre, c’est tout simplement quelque chose qui leur permet aussi d’abord de construire, de se reproduire, de faire vivre l’économie.

C’est important pour sauver notre population et le potentiel économique : plus les gens se feront tuer à la guerre, et plus on perdra de potentiel économique, plus on sera faible face à la Russie.

Il est très problématique, d’un point de vue des droits humains, de discriminer toute une couche de la population ukrainienne (les Ukrainiens mobilisables), d’autoriser certains à entrer dans l’UE et de l’interdire à d’autres.

Pourquoi cette vague de limogeages, au plus haut niveau de l’État, dont celui de Fedorov (ex-ministre de la Défense) qui mène maintenant campagne contre Zelensky ?

Igor : La situation sur le front n’a pas évolué en faveur de l’Ukraine. Le front progresse à peine. La Russie n’a aucune intention de mettre fin à la guerre et, par conséquent, la mobilisation forcée se poursuit à travers l’Ukraine.

La population résiste de plus en plus aux TCC et à la police, et il est évident que la poursuite de cette pratique est désastreuse pour la popularité de Zelensky. De ce fait, certains commencent à envisager des candidats alternatifs (voire purement hypothétiques) pour le poste de chef d’État. Lorsque la popularité du ministre de la Défense, Mykhailo Fedorov, a commencé à menacer les ambitions de Zelensky de se maintenir au pouvoir, ce dernier l’a limogé.

Comme il l’avait fait quelques années auparavant, il a de facto démis le commandant en chef Valeriy Zaluzhny de ses fonctions de commandement de l’armée et l’a nommé ambassadeur d’Ukraine au Royaume-Uni. Zelensky peut sembler être un politicien simpliste et primitif, mais cette vision est extrêmement trompeuse. Ses actions actuelles démontrent qu’il maîtrise parfaitement les règles du jeu politique dans l’espace post-soviétique et qu’il les manipule avec succès à son avantage.

Vlad : Les manifestations pour Fedorov, montrent, contrairement à la Russie, que des manifestations de rue aujourd’hui en Ukraine sont possibles. Cependant, cela reste des manifestations « autorisées ».

Pour beaucoup de gens ça a été tout simplement une façon de protester contre le gouvernement, d’exprimer leur mécontentement avec le régime, avec ce qui se passe, avec les difficultés en temps de guerre, avec la situation économique et du travail.

Fedorov devenait beaucoup trop important, comme Zaluzhny. Fedorov est tout simplement quelqu’un du système, un militaire qui partage tout le discours du gouvernement, nationaliste, un discours de combat éternel contre la Russie et de lutte civilisationnelle. Et aussi un discours de combat entre les peuples et pas juste entre les États, comme si c’était une question biologique.

Est-ce que le développement autour de Fedorov vise à faire de lui un martyr ou un héros ? Cela lui permettrait de se présenter à des élections présidentielles – peu importe quand elles arrivent – avec l’objectif de soustraire les voix à Zaluzhny, donc de répartir le mécontentement contre Zelensky entre plusieurs figures. On verra…

Cela ne change pas le fait que la société ukrainienne n’est pas une démocratie complète, c’est une démocratie plutôt manipulée. Mais la logique est assez différente par rapport à la répression ou interdiction complète et suppression de tout signe de mécontentement.

Malgré les tendances autoritaires chez Zelensky, son régime n’est pas consolidé. Cela veut dire par exemple qu’avec la fin de la guerre, le pouvoir peut changer.

Il y a aussi un jeu d’influences entre les oligarques : la politique ukrainienne représente un système complexe d’accords implicites entre les oligarques et les grands groupes économiques. Les personnes dans les postes représentent les intérêts de celui-ci ou celui-là. Mais quand ces intérêts se croisent, et que les équilibres bougent, les occupants des postes peuvent également changer.

Le principal reste cette nécessité pour Zelensky et son entourage de se maintenir, au moins tant que la guerre n’est pas terminée.