Manifestations du 13 octobre : à nouveau des centaines de milliers

Des centaines de milliers de jeunes, accompagnés par de nombreux parents, personnels enseignants, structures syndicales venues en protection, ont manifesté dans toute la France pour que leurs exigences soient enfin entendues.

Le cortège parti de la place d’Italie en direction de Matignon, Paris, le 13 octobre 2026. (AFP)
Par Pierre Valdemienne
Publié le 14 octobre 2026
Temps de lecture : 2 minutes

À nouveau, et en dépit de tous les obstacles, des centaines de milliers ne lâchent pas.

Malgré le refus du Premier ministre de répondre à la moindre revendication.

Malgré la répression d’État, les mains arrachées, les yeux éborgnés, les mâchoires fracturées.

Malgré les plus de 7 000 arrestations, dans la majorité des cas, classées sans suite. Malgré les fumeuses annonces du ministre de l’Éducation, qui prétend déplacer arbitrairement 3 024 personnels remplaçants dans le plus grand mépris des règles statutaires.

Malgré les menaces, les sanctions et le chantage aux cours « en distanciel ».

Malgré la propagande médiatique en continu sur les chaînes d’informations pour tenter de décrédibiliser la mobilisation de la jeunesse.

Ce mardi 13 octobre, à nouveau, des centaines de milliers de jeunes, accompagnés par de nombreux parents, personnels enseignants, structures syndicales venues en protection, ont manifesté dans toute la France pour que leurs exigences soient enfin entendues : dix milliards en plus pour des postes, des classes et des moyens ; abroger Parcoursup ; retirer, censurer le budget 2027.

Avec tout le soutien assumé et affiché de la France insoumise (LFI), ses dizaines de milliers de militants, ses députés, son candidat à l’élection présidentielle.

Dans la manifestation parisienne, un responsable de l’union syndicale lycéenne (USL) a déclaré : « Nous vous appelons massivement à rejoindre le mouvement des Gilets jaunes le 17 ». Toujours à propos des manifestations du 17 octobre, la secrétaire générale de la CGT a affirmé le même jour : « la CGT partage les revendications de samedi pour l’augmentation des salaires, contre la vie chère, et donc oui, la CGT appelle à se joindre aux mobilisations samedi ». Sur les réseaux, les appels à manifester contre la vie chère et contre la hausse des prix du carburant samedi 17 octobre se multiplient. Dans cette situation, on peut légitimement se poser la question : qui est responsable de cette situation qui se tend et s’approfondit chaque jour un peu plus ? Laissons de côté les sempiternelles et traditionnelles explications sur un pseudo « noyautage » de LFI ou de ce qu’ils appellent l’« ultra gauche ».

Ceux qui nous gouvernent savent très bien que les lycéens, les étudiants, les jeunes, les syndicalistes, les travailleurs qui se mobilisent, n’ont strictement rien à voir avec les exactions et la violence que leurs médias aux ordres montent en flèche systématiquement et de façon organisée et coordonnée.

Ils le savent au point que, comme à chaque fois, ils ont recours aux provocations organisées ou à ce qu’ils connaissent bien et qu’ils qualifient de black bloc pour pouvoir justifier l’utilisation de la violence d’État.

Les responsables de cette situation sont parfaitement identifiés : Macron, son gouvernement et ceux qui ouvertement ou assumant leur rôle de girouette, motivés par leurs intérêts, les soutiennent. Ceux-là qui, à 14 % dans les sondages, en dépit de la crise qui les traverse, archi-minoritaires, faisant fi de toute démocratie, accablent de toute part la majorité de la population, refusent d’entendre les revendications légitimes et n’ont plus que la féroce violence à leur disposition. C’est ce qui maintenant apparaît au grand jour pour des millions et permet de comprendre, la force, le calme, la détermination de tous ceux qui en ont assez.