Glucksmann, le nouveau Macron, remporte la primaire

Tous les médias retransmettent « l’événement » en direct. Pourtant, il n’y a guère de monde qui se presse pour célébrer la victoire de Glucksmann au premier tour de la primaire...

Raphaël glucksmann, à Paris, le 11 octobre 2026.
Par Rosalie Albani
Publié le 16 octobre 2026
Temps de lecture : 2 minutes

Mais si on écoute les journalistes, on pourrait avoir l’impression qu’il a déjà gagné la présidentielle. Ils en font des tonnes tentant de faire oublier la masse impressionnante qui s’est pressée au meeting de Jean-Luc Mélenchon le même jour à Clermont-Ferrand.

À l’issue des résultats, Glucksmann a revendiqué la « rupture avec le macronisme » et la fin de « l’hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche », tout en assurant que le principal adversaire reste « l’extrême droite ».

Une candidature anti-LFI

Une candidature anti-LFI, cela ne surprendra personne. C’est l’une des raisons d’être de cette candidature, comme d’autres d’ailleurs.

Regardons de plus près ceux qui composent l’entourage de Glucksmann. Aurélien Rousseau, son directeur de campagne, Place publique, élu député dans les Yvelines grâce au NFP a été directeur de cabinet d’Élisabeth Borne de 2022 à 2023, participant à ce titre à l’élaboration de la réforme des retraites, avant d’être nommé ministre de la Santé par Macron. On trouve également Sacha Houlié, un macroniste des premières heures : co-fondateur des « Jeunes avec Macron », député Renaissance de 2017 à 2024, président de la commission des lois sous Macron. Il a rejoint Place publique en juin 2025 avec pour ambition affichée de construire « une alternative au duel des extrêmes entre le RN et Jean-Luc Mélenchon ». Traduction : barrer la route à LFI. Ces deux hommes sont aujourd’hui le socle parlementaire du candidat qui promet de rompre avec dix ans de macronisme.

On retrouve aussi des élus et députés PS, Macron et droite « compatibles » comme le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol ou la présidente de la région Occitanie Carole Delga. Et des soutiens inconditionnels à Israël comme Lamia El Aaraje, première adjointe à la maire de Paris qui n’avait pas hésite à inviter des militants « Nous virons » à ses réunions ou David Assouline, ancien sénateur PS de Paris. On retrouve aussi Simon Bernard, avocat, coordinateur de la campagne de Glucksmann, un macroniste de la première heure. Sans oublier Yannick Jadot.

Tous ces gens-là occupaient les premiers rangs du meeting de Glucksmann aux docks d’Aubervilliers le 13 juin dernier, meeting qui avait peiné à rassembler quelques milliers de personnes quand Jean-Luc Mélenchon en rassemblait 26 000 une semaine avant à Saint Denis.

Pour la « rupture avec le macronisme » on repassera : ça ressemble plutôt à un nouveau Macron ! Et de là à ce que l’élection de la primaire de Glucksmann ne favorise de nouvelles voix pour Jean-Luc Mélenchon, il n’y a peut-être qu’un pas. En témoigne ce sympathisant socialiste joint au téléphone sur RMC le lendemain du premier tour de la primaire : « Glucksmann, c’est le pire des cinq. Je suis surpris que les cadres du PS l’ait soutenu. Il va plutôt diviser que rassembler la gauche. Il a fait son beurre en tapant sur LFI et en refusant le dialogue. Je suis socialiste mais je vais faire le choix de la raison et je vais voter Mélenchon qui est pour moi la seule force de gauche qui peut accéder au second tour. » CQFD.