États-Unis : de nouveau, des millions de manifestants pour le No Kings Day

À deux semaines des élections de mi-mandat (midterms), l’administration Trump est en crise, des élus et candidats du Parti républicain prennent leurs distances… Et des millions d’Américains ont de nouveau manifesté, le 17 octobre pour dégager Trump...

À Atlanta (Géorgie), le 17 octobre 2026. (AFP)
Par Devan Sohier
Publié le 24 octobre 2026
Temps de lecture : 2 minutes

L’ambassadrice des États-Unis en Grèce, Kimberly Guilfoyle, ancienne compagne du fils de Donald Trump, vient d’être démise de ses fonctions sur fond de scandales de corruption. Elle a demandé 100 000 dollars à un mécène des campagnes de Trump en échange de la promesse de l’introduire dans les cercles proches du président américain. Le mécène a refusé, et le Wall Street Journal a révélé toute l’affaire le 7 octobre. Le 13, la nouvelle porte-parole de la Maison-Blanche annonçait que le président lui demandait de démissionner.

Cela sera d’ailleurs sa seule annonce en tant que porte-parole, puisqu’elle a dû elle aussi démissionner peu après cette prestation qui fut bégayante, quand il s’est avéré qu’elle n’était pas avocate, contrairement à ce qu’elle annonçait.

Jeudi, c’est Paolo Zampolli, un proche de Trump, qui a été viré du département d’État. Il est surtout connu pour avoir demandé à l’ICE de détenir et d’expulser son ex-femme (ce qui a été fait), avec qui il se disputait la garde de leurs enfants. Mais, d’après le New York Times du 15 octobre, s’il a dû quitter son poste, c’est à cause d’une querelle entre lui et le vice-secrétaire d’État, Christopher Landau, l’un et l’autre s’accusant de fuites à la presse et diffamation.

À deux semaines des élections de mi-mandat, Trump essaie de resserrer les rangs de son gouvernement et de se dégager de l’image de corruption qui marque son administration, mais révèle surtout une administration en crise. Ces élections s’annoncent en effet difficiles pour le camp républicain, les sondages prévoyant presque unanimement que la prochaine Chambre aura une majorité démocrate, et que le Sénat aussi pourrait basculer. Ces sondages reflètent la volonté de dégager Trump. C’est également cette aspiration qui s’est exprimée dans les manifestations du No Kings Day de samedi 17 octobre, et qui ont encore une fois regroupé des millions d’Américains, plus de huit cette fois-ci.

Dégager Trump et sa politique

Cette aspiration se heurte au fait que, depuis deux ans, la minorité démocrate permet à chaque étape à Trump de déployer sa politique. Et c’est aussi ce que reflètent les résultats de Democratic socialists of America (DSA) aux primaires démocrates, où les candidats qu’ils soutiennent ont obtenu l’investiture dans sept circonscriptions, qui sont toutes traditionnellement très majoritairement démocrates. En menant campagne contre Trump et contre toute sa politique, contre l’ICE que tant Obama que Biden ont maintenu, contre le soutien au génocide à Gaza que Biden avait initié avant Trump, contre les guerres de Trump au Venezuela et en Iran, DSA a gagné ces primaires, et s’est construit, pour atteindre aujourd’hui 120 000 adhérents.

Sur le front syndical, Shawn Fain vient d’être réélu président de l’UAW avec plus de 67 % des voix, malgré la défection de membres de sa commission exécutive qui se sont présentés contre lui. Fain avait mené son syndicat à la grève en 2024 contre les trois grands fabricants automobiles américains, permettant d’arracher de 25 à 33 % d’augmentation sur les quatre ans du contrat. Et Fain avait accompagné sa victoire d’un appel à synchroniser tous les contrats collectifs pour qu’ils prennent fin ensemble en mai 2028 ; en effet, la grève n’est généralement permise aux États-Unis qu’à la fin des contrats, et cet appel répond à la volonté d’une grève générale, de tous les secteurs en même temps. Quant à la date de mai 2028, elle la place en plein dans la période de la prochaine campagne présidentielle.

La volonté de résistance à la politique de Trump va s’exprimer dans les élections de mi-mandat, mais aussi après.