Madrid : la grève dans l’enseignement est massivement suivie
Le même jour que la grève des enseignants, une journée de grève a eu lieu dans deux des six universités publiques madrilènes, alors que se poursuit la mobilisation massive pour le droit au logement, à quelques semaines de la grève générale du 11 novembre...
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Mercredi dernier, le 14 octobre, a débuté la grève illimitée de l’ensemble de l’enseignement public madrilène pré-universitaire, dont la convocation avait été décidée lors de l’assemblée massive du 24 juin dernier. Le comité de grève est composé de six syndicats (CCOO, UGT, STEM, CGT, CNT et Solidaridad Obrera) et de trois plateformes d’enseignants (Menos Lectivas, Queremos FP et Educación Especial Digna).
Par ailleurs, ce même mercredi, une journée de grève a eu lieu dans deux des six universités publiques madrilènes, la Complutense et l’URJC (convoquée par leurs plateformes respectives), et deux autres journées de grève sont déjà prévues, les 4 et 5 novembre, pour les six universités.
Selon les syndicats CCOO et UGT, la première journée de grève a été suivie par 70 % des salariés, même si le taux de participation a été plus élevé grâce au soutien des étudiants dans de nombreux établissements. Le gouvernement régional a reconnu un taux de participation de 45 %, ce qui indique sans aucun doute que la grève a été suivie par une majorité et qu’elle est donc un succès.
Dans les deux universités où la grève avait été convoquée, le mouvement a été massif, avec notamment le campus de Somosaguas où aucune activité n’a eu lieu.
150 000 manifestants le 14 octobre
La grève s’est accompagnée d’une manifestation massive le 14, rassemblant environ 150 000 personnes selon les organisateurs. Le 15, un rassemblement a eu lieu devant le ministère régional de l’Éducation, réunissant des dizaines de milliers de personnes, tout comme lors de la manifestation du vendredi 16. Face à la répression policière brutale à l’université Complutense (cinq étudiants arrêtés et sept blessés), un rassemblement s’est tenu devant le rectorat. Le recteur a fini par accepter de signer une déclaration de soutien aux étudiants victimes de représailles, entre autres mesures.
Le déroulement de la grève présente de nombreuses particularités selon les établissements, tant du point de vue de l’organisation des arrêts de travail (dans certains cas, des rotations ont été mises en place, etc.) que du fonctionnement des caisses de résistance.
Il en va de même pour leur déploiement en dehors des établissements, dans les communes et les quartiers,
À cet égard, et notamment en ce qui concerne les manifestations, il faut garder à l’esprit que l’enseignement public est une conquête de la classe ouvrière ; ainsi, les attaques dont il fait l’objet ne concernent pas seulement directement les travailleurs du secteur et les étudiants, mais aussi l’ensemble de la classe.
La mobilisation de l’enseignement public madrilène trouve ses racines dans le malaise accumulé face aux agressions systématiques du gouvernement régional1La communauté de Madrid est présidée depuis 2019 par Isabel Diaz Ayuso, du Parti populaire (droite). Dans l’État espagnol, l’enseignement public est géré par les communautés autonomes (Ndt)., qui placent la région dans ce qui est sans doute la pire situation de tout le pays. Nous ne pouvons toutefois pas faire abstraction de l’inaction du gouvernement central2L’article fait ici référence au gouvernement de Pedro Sanchez (socialiste) (Ndt)., tant sur le plan réglementaire que budgétaire.
Cela se traduit par le fait que l’appel à la grève couvait depuis longtemps et a culminé lors de l’assemblée du 24 juin mentionnée plus haut. Mais, d’autre part, on ne peut ignorer l’évolution de la situation politique générale, depuis l’éclatement de la mobilisation massive de la classe ouvrière, en particulier de la jeunesse. Notamment autour de la revendication relative au logement. Une explosion qui est à l’origine tant de l’appel à la grève du 11 novembre que de la convocation anticipée des élections législatives au 29 novembre. Par ailleurs, cette irruption massive, surtout des jeunes, est commune à d’autres pays, comme la France ou le Brésil.
Mener une grève n’est pas chose aisée, mais il n’y a pas d’autre alternative face à l’attaque en cours contre le droit à l’enseignement, que seul un système éducatif public doté de moyens suffisants peut garantir.
Par ailleurs, pour réussir, la mobilisation doit fonctionner de manière pleinement démocratique, ce qui se traduit notamment par le fait que les assemblées soient correctement informées et constituent le cadre unique où sont approuvées les propositions visant à mettre fin au conflit.
Vive l’enseignement public, vive la grève générale !
Lu dans Información obrera, tribune libre de la lutte des classes, n° 419, 23 octobre 2026.
