« Migrants » : la circulaire de la honte

« Je vous demande d’appliquer à l’ensemble des étrangers sous OQTF (obligation de quitter le territoire français) la méthode employée pour le suivi des étrangers délinquants ». Tel est l’ordre révoltant donné par le ministre de l’Intérieur à tous les préfets, à la police nationale et à la gendarmerie, dans un document interne daté du 17 novembre dernier.

Dans un camp de réfugiés à Pantin, le 20 avril 2022 (Photo AFP)
Par Marie Stagliano
Publié le 2 décembre 2022
Temps de lecture : 3 minutes

22 % d’augmentation du nombre d’obligations de quitter le territoire en 2022, se félicite Darmanin, mais encore pas assez ; il en faut plus !

Le ton est donné. Il s’agit d’un durcissement brutal de l’exécution des obligations de quitter le territoire appliqué à l’ensemble des étrangers « en situation irrégulière, soit à l’issue d’une interpellation ou d’un refus de titre de séjour ».

Qui sont ces « clandestins », « sans-papiers », ces « étrangers en situation irrégulière » ? Des hommes, des femmes, des enfants fuyant leur pays et entrés sur le territoire de façon clandestine. D’autres, la majorité, rentrés légalement qui ont vécu et travaillé pendant des années, perdent leur emploi et se voient refuser le renouvellement de leur titre de séjour. Et aussi tous ces jeunes nés en France de parents étrangers mais non naturalisés à 18 ans...

Des lycéens, des pères et mères de famille, des chômeurs, des travailleuses et travailleurs précaires qui, tous, doivent être traités comme (…)


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