Congrès parlementaire à Bruxelles en soutien à Global Sumud Flotilla II

Retour sur le congrès parlementaire tenu le 22 avril 2026 à Bruxelles en soutien à la flottille Global Sumud II. Paru dans "Fraternité" (journal du Parti des travailleurs, Algérie).

Louisa Hanoune entourée de Youssef Tazibt de la direction du PT (à gauche), de Rima Hassan, députée européenne LFI (à droite) et Marc Botenga, député européen du PTB. (DR)
Par Youssef Tazibt
Publié le 29 avril 2026
Temps de lecture : 6 minutes

Des centaines de participants venus de tous les continents (sauf l’Australie) ont pris part, le 22 avril 2026 à Bruxelles, au congrès parlementaire de soutien à Global Sumud Flotilla II, qui s’est ébranlée vers Gaza au début du mois d’avril 2026 à partir des ports de Marseille et de Barcelone avec des dizaines de bateaux et à leurs bords des centaines de participants partis à la rescousse des Palestiniens de Gaza, qui font face à un génocide depuis 30 mois par l’État d’Israël avec la participation et le silence complice de la quasi-totalité des gouvernements du monde entier.

Invitée par des organisateurs du congrès parlementaire impliqués dans le soutien actif au peuple palestinien, la camarade Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti, accompagnée par le membre du bureau politique, Youssef Tazibt, a pris part à cet important regroupement de parlementaires européens venus de France, d’Italie, d’Espagne, de Belgique, de Grande-Bretagne, de Suisse, du Portugal…, ainsi que des parlementaires de Turquie, du Sénégal, de la Mauritanie, de l’Indonésie, de Malaisie…, des militants du Maroc, de Tunisie, d’Algérie, du Liban… des Palestiniens de la diaspora.

Plusieurs intervenants ont souligné le fait « inacceptable » que les deux guerres suscitées (Iran et Liban, ndlr) étaient menées en dehors du « droit international » tout en dénonçant le blocus criminel de Gaza, saluant au passage l’action courageuse des participants à Global Sumud Flotilla, acte II.

Plusieurs orateurs ont évité soigneusement d’évoquer les basculements violents et brutaux provoqués par la guerre américano-sioniste contre l’Iran et les répercussions dramatiques sur tous les peuples du Moyen-Orient ainsi que les conséquences graves sur l’économie mondiale et la vie de milliards d’êtres humains de toute la planète.

Contre le génocide du peuple palestinien

Lors d’une brève introduction, Louisa Hanoune, la secrétaire générale du Parti des travailleurs, a présenté les différentes initiatives prises par le Parti des travailleurs seul et/ou en association avec la centrale syndicale UGTA en soutien au combat du peuple palestinien pour le recouvrement de ses droits historiques.

D’emblée, elle déclara : « Nous sommes africains avant tout et il existe beaucoup de parlementaires de syndicats et de partis politiques qui soutiennent le peuple palestinien en Algérie et sur le continent africain. Nous avions beaucoup d’activités au niveau nord-africain avant la rupture malheureuse des relations diplomatiques avec le Maroc, suite à une provocation sioniste contre l’Algérie faite à partir du Maroc, seul pays de la région à avoir normalisé ses relations avec l’entité sioniste.

Comme Parti des travailleurs, nous avons organisé plusieurs activités en Algérie et dans le cadre de l’action internationale et continentale. En 2002 nous étions sur le point d’organiser à Alger une conférence parlementaire dans le cadre de l’Union internationale parlementaire (UIP) avec l’accord des autorités de mon pays et c’est malheureusement l’Autorité palestinienne qui avait sabordé l’initiative, alors que nous avions obtenu l’accord de participation de plusieurs parlements du monde entier.

Plusieurs journées parlementaires ont été organisées également notamment pour le droit au retour des réfugiés chez eux (actuel État d’Israël), pour la défense des droits des femmes travailleuses palestiniennes de Nazareth (frontières de 1948) avec la participation de militants venus de ces territoires de la Palestine historique toujours avec l’accord de l’État algérien. Des centaines de militants et responsables syndicaux et politiques venus de dizaines de pays ont pris part à cette activité.

En 2025 des militants et responsables du parti ont participé à la Flottille mondiale Sumud et à la caravane nord-africaine Sumud pour briser le blocus assassin de Gaza.

Comme des centaines d’activistes, parlementaires, syndicalistes, humanitaires… une militante du Parti des travailleurs, ex-députée, a été arrêtée par la police de l’entité sioniste et emprisonnée avant d’être expulsée.

En Égypte des militants et dirigeants du parti ont pu atteindre la ville de Ismaïlia en Égypte lors de la marche mondiale vers le passage de Rafah. Ils ont été arrêtés et expulsés par la police égyptienne. »

Contre la guerre américano-sioniste contre l’Iran et le Liban

Lors d’une question posée par un modérateur du panel, l’intellectuel algérien et militant de la cause palestinienne Raouf Farrah, sur les moyens politiques disponibles pour plus d’efficacité dans le soutien au peuple palestinien et pour stopper le génocide, Louisa Hanoune a évoqué plusieurs moyens de luttes.

« Dans mon pays il y a des élections législatives en juillet prochain et le Parti des travailleurs a décidé de prendre part pour mettre au centre de sa campagne, en plus des questions nationales politiques économiques et sociales… évidentes, la question palestinienne et pour mener une campagne contre la guerre au Moyen-Orient et dans le monde car il n’est pas possible d’isoler le génocide en cours à Gaza, la politique de colonisation en Cisjordanie, le déplacement forcé des populations palestiniennes, la famine et le blocus y compris l’oppression des Palestiniens des frontières de 1948, de la guerre contre le Liban et la guerre américano-sioniste contre l’Iran… des questions nationales. Tout comme on ne peut pas isoler les questions nationales des agressions contre le Yémen, la Syrie, le Venezuela et l’organisation par l’administration de Trump de la famine à Cuba (…) . Toutes ces questions seront au centre de notre campagne. Pour nous la question palestinienne est une question qui concerne à la fois l’État et le peuple (…) . Nous considérons que les syndicats peuvent dresser le nombre c’est-à-dire les travailleurs et leurs familles ainsi que les larges couches populaires (…).

Dans ce cadre il y a une quinzaine de jours nous avons tenu une conférence africaine contre les interventions militaires sur notre continent, avec une participation de plusieurs organisations politiques et syndicales et des responsables de plusieurs pays.

Nous avons échangé sur la question palestinienne et la guerre sur tout le Moyen-Orient et dans le monde et les menaces d’interventions militaires impérialistes sur notre continent à cause des convoitises étrangères sur les richesses naturelles (…) . Nous avons étudié, à l’instar des mobilisations contre la guerre contre les Palestiniens, le peuple libanais, le peuple iranien et celui du Venezuela… qui ont lieu aux États-Unis d’Amérique et en Europe qui se dressent aussi contre la guerre sociale, comment organiser la résistance au niveau africain pour voir comment défendre nos nations, nos peuples (…)  et nous avons discuté d’une conférence africaine en présentiel avec la possibilité de la tenir en accord avec les autorités algériennes à Alger. »

Manifestation en direction du siège de l’Union européenne

Tout au long de la marche qui a eu lieu en fin de journée, vers le siège de l’Union européenne à Bruxelles, les centaines de manifestants, avec beaucoup de jeunes dont certains ont parcouru des milliers de kilomètres (Canada, Guadeloupe…), ont lancé des slogans énergiques et forts entre autres : « Stop génocide », « Palestine libre de la mer à la rivière », « Nous sommes tous des enfants de Gaza », « Nous sommes tous des enfants de Beyrouth », « Nous sommes tous des enfants de Téhéran », « Sionistes, fascistes, vous êtes les terroristes », « Viva viva l’Intifada. »

La marche a pris fin par un rassemblement bruyant devant le siège de l’Union européenne pour dénoncer le refus de cette institution de suspendre l’accord d’association entre l’Union européenne et l’État d’Israël. Rima Hassan députée européenne de la France insoumise (LFI) et Marc Botenga député européen du Parti du travail de Belgique (PTB) ont dénoncé la lâcheté des responsables de l’Union européenne qui ont refusé de suspendre l’accord d’association avec l’État d’Israël largement rejeté par les peuples d’Europe.

Rima Hassan a dénoncé « une attitude honteuse de l’Union européenne qui a rejeté une résolution qui a comme objectif de faire pression sur les autorités d’Israël pour cesser le génocide en Palestine… » avant d’ajouter en direction des manifestants : « Nous avons fourni beaucoup d’efforts, vous avez également déployé vos forces. Parfois c’est difficile mais nous n’allons pas arrêter. Nous poursuivrons le combat… »

Marc Botenga a fustigé l’Union européenne « qui a rejeté la veille une résolution appelant à la suspension d’un accord d’association privilégiant Israël qui a mis en œuvre une guerre de génocide à Gaza »  et a rappelé que l’objet de la résolution est soutenu largement par les peuples d’Europe.

Pour rappel, sur 27 pays de l’Union européenne, seuls 7 d’entre eux ont soutenu cette résolution portant suspension de l’accord d’association UE/Israël. Il s’agit de l’Irlande, la Belgique, Malte, la Slovénie, l’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas.

« On peut arrêter le bras meurtrier de l’impérialisme »

Invitée à nouveau à prendre la parole devant le siège de l’UE, la camarade Louisa Hanoune a réaffirmé que « la question palestinienne n’a jamais été autant connue et révélée au grand jour à l’échelle mondiale grâce à la mobilisation des peuples, de la jeunesse, des syndicats…», et elle a ajouté : « Je voudrais saluer pour cela les dockers de Gênes (Italie), ceux de Marseille (France), de Tanger (Maroc) ceux de ports de Belgique, des Pays-Bas… qui ont organisé grèves et mobilisations contre l’envoi des armes au génocidaire Netanyahu (…) . C’est vrai, on est à la croisée des chemins mais les gens génocidaires et leurs parrains se font hara-kiri car tous les masques sont tombés à présent…

La décision de l’Union européenne qui refuse toute sanction contre l’entité sioniste fait avancer davantage les choses car ça donne plus de clarté… Nous sommes convaincus que la mobilisation des peuples, des travailleurs dont principalement les syndicats, les étudiants et la jeunesse est capable d’arrêter le bras meurtrier, la guerre. L’Algérie a bien fini, avec des moyens rudimentaires, de mettre fin à 132 années de colonisation en battant la sixième force militaire mondiale… Alors la Palestine sera aussi libre du fleuve à la mer (…) .

Vive le peuple palestinien, vive le peuple libanais, vive le peuple iranien (…)  qui résistent et qui démontrent que l’impérialisme américain et l’État d’Israël ne sont pas invincibles. On peut les battre, on peut arrêter la guerre…  »