Le cri d’alarme du FMI
La situation de crise à l’échelle mondiale préoccupe les sommets des grandes puissances et particulièrement des États-Unis, d’autant plus que Trump doit prochainement se rendre en Chine. Le FMI s’alarme des conséquences de la guerre contre l’Iran.
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Le 21 avril étaient annoncée la reprise des « négociations » entre les États-Unis et l’Iran, au Pakistan. Dans les jours qui ont précédé cette annonce de reprise de discussions, l’escalade verbale s’est amplifiée. Trump menace l’Iran de destruction, l’Iran menace les États-Unis. Le blocus américain du détroit d’Ormuz est effectif et la marine américaine a arraisonné un bateau iranien. De son côté, l’Iran a annoncé le blocage total du détroit d’Ormuz et a tiré sur des navires commerciaux. Selon la presse américaine, Trump voudrait sortir rapidement de cette situation de guerre qui a des répercussions aux États-Unis comme à l’échelle mondiale. L’impérialisme américain s’inquiète de la déstabilisation généralisée de l’« ordre » mondial. C’est la raison pour laquelle il a ordonné à Netanyahou d’arrêter les bombardements du Liban. Trump a fait convoquer des responsables israéliens et libanais à Washington pour ouvrir des « négociations de paix ». Cette situation de crise à l’échelle mondiale préoccupe les sommets des grandes puissances et particulièrement des États-Unis, d’autant plus que Trump doit prochainement se rendre en Chine. Le FMI s’alarme des conséquences de la guerre contre l’Iran.
« La guerre redessine le visage du monde »
Selon le quotidien économique La Tribune, le 14 avril : « Réunis à Washington, les experts du FMI alertent sur l’impact du conflit en Iran. La croissance mondiale est amputée de 0,2 point, représentant une perte de 350 milliards de dollars. (…) Une fois encore l’économie est menacée de dérailler. Ce recul de 0,2 point peut paraître technique, mais sa réalité comptable est brutale; il représente un manque à gagner de 350 milliards de dollars de richesses produites à l’échelle de la planète. »
Ce rapport du FMI s’alerte également : « La guerre est en train de redessiner le visage du monde. (…) La hausse des prix pourrait plonger 45 millions de personnes supplémentaires dans l’insécurité alimentaire. Ce sont les pays les plus pauvres, importateurs nets d’énergie et de céréales, qui payent le prix de la guerre dans le Golfe. »
Le rapport du FMI s’alarme des conséquences mondiales de cette guerre, il prévoit « une hausse des prix de l’énergie de 19 % sur l’année et de 21 % pour le seul pétrole. L’inflation, que l’on pensait domptée après les crises de 2022, repart à la hausse. Attendue à 3,8 % en janvier, elle devrait finalement s’établir à 4,4 % en moyenne mondiale en 2026 ».
La menace d’une crise mondiale généralisée
La menace d’une crise mondiale généralisée sur un marché mondial déjà en voie de dislocation terrorise tous les sommets de l’impérialisme. Ce dernier n’a d’autre recours que le développement considérable de l’industrie d’armement, courroie d’entraînement de l’économie capitaliste mondiale, et pousse à la guerre. Le rapport du FMI note à ce sujet que « près de 45 % de la population mondiale vit dans des pays touchés par des conflits ou des guerres civiles ». La multiplication des guerres sur tous les continents tend à se généraliser à l’échelle mondiale.
Cette situation risque de déboucher, selon le FMI, sur des conflits sur les différents continents. Le rapport souligne qu’« en Europe, une nouvelle flambée des prix viendrait se cumuler aux difficultés liées au coût de la vie, ce qui accentuerait le risque de voir les revendications salariales se faire plus persistantes ».
La lutte contre la guerre est indissociable de la lutte contre le capital
Le rapport poursuit : « Dans les pays à faible revenu, où les habitants consacrent une grande partie de leurs ressources à l’alimentaire, une hausse des prix des denrées alimentaires aurait de lourdes conséquences économiques et sociales. » Le FMI craint des explosions populaires dans ces pays touchés brutalement.
La lutte contre la guerre est indissociable de la lutte contre le capital, du combat pour la défense des revendications des travailleurs et de la population laborieuse. L’augmentation des budgets militaires se fait au détriment de l’école, des hôpitaux, des services publics. La lutte pour défendre l’humanité et la civilisation exige une indépendance à l’égard de tous les gouvernements, le refus de l’accompagnement des plans militaires de l’impérialisme, des interventions prétendument au nom de la défense des peuples qui en réalité sont dirigées contre tous les peuples.
Ce combat contre l’impérialisme et la guerre implique de chercher à rassembler toutes les forces politiques et syndicales, d’origines diverses, qui résistent, dans un regroupement large à l’échelle internationale. C’est là le sens du meeting international contre la guerre qui se tiendra à Londres le 20 juin.
