Tortures dans les prisons, risque de famine à Gaza, vols des terres en Cisjordanie : le nettoyage ethnique de la Palestine au quotidien
Sept mois après l’entrée en vigueur du « cessez-le-feu » dans la bande de Gaza, l’armée génocidaire israélienne poursuit sa campagne de nettoyage ethnique.
- Actualité internationale, Palestine

Sept mois après l’entrée en vigueur du « cessez-le-feu » dans la bande de Gaza, l’armée génocidaire israélienne poursuit sa campagne de nettoyage ethnique : plus de 730 Palestiniens ont été assassinés par l’armée israélienne depuis cette date et on dénombre (à la date du 10 avril) 2 035 blessés. Les autorités de Gaza ont documenté 1 620 violations du cessez-le-feu (tirs, frappes, incursions, démolitions).
À Gaza, alors que les autorités locales estiment que l’ensemble du territoire a besoin d’environ 450 tonnes de farine par jour, à peine 200 tonnes sont effectivement disponibles. Malgré l’accord de « cessez-le-feu » prévoyant l’entrée de 600 camions par jour, seules 38 % des quantités de marchandises acheminées avant la guerre sont aujourd’hui autorisées. La situation s’est aggravée après l’arrêt des livraisons de farine par World Central Kitchen (qui fournissait 20 à 30 tonnes par jour) et la réduction des livraisons du Programme alimentaire mondial, passées de 300 à 200 tonnes quotidiennes, plusieurs autres organisations ayant également suspendu leurs programmes de pain et de farine en raison des restrictions imposées par l’armée d’occupation.
Des médecins de l’hôpital Nasser à Khan Younis décrivent une pénurie « sévère » de lait infantile et de produits nécessaires au traitement de la malnutrition, avec un service nutrition recevant environ 100 enfants par jour, dont 30 % souffrent de malnutrition sévère et 20 % de malnutrition modérée. Selon la cheffe du service de nutrition, le lait pour les bébés de un à six mois est sur le point d’être épuisé, tandis que celui destiné aux enfants de six à douze mois est déjà indisponible depuis deux semaines. Le chef du service de pédiatrie avertit qu’un mois de malnutrition peut suffire à entraîner des lésions cérébrales irréversibles, affecter les hormones sexuelles et thyroïdiennes et provoquer des atteintes neurodéveloppementales et psychologiques durables, avec un risque de dommages irréversibles pour « une génération entière » d’enfants palestiniens.
Un ensemble de témoignages, recueillis par Middle East Eye, décrit la violence sexuelle dans les prisons israéliennes comme une « politique d’État organisée », des Palestiniennes et Palestiniens détenus affirmant avoir été victimes de viols, d’agressions sexuelles, y compris à l’aide d’objets ou de chiens, et de menaces sexuelles, avec la participation ou la couverture de hauts niveaux de la hiérarchie sécuritaire. Les avocats interrogés confirment que ces pratiques ne relèvent pas d’initiatives individuelles, mais sont totalement intégrées au système carcéral israélien.
En Cisjordanie, alors que les violences des colons racistes sont devenues quotidiennes, les autorités d’occupation multiplient les décisions de confiscation de terres et de nettoyage de celles-ci pour y préparer l’installation de nouvelles implantations israéliennes.
Il y a quelques jours, un autre ordre de confiscation portait sur 200 hectares de terres autour de Sebastia et de Burqa, incluant de vastes oliveraies afin d’étendre un site archéologique et des projets de colonisation. Le 7 avril, le ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir a de nouveau pénétré dans l’enceinte de la mosquée al-Aqsa, accompagné de forces de sécurité israéliennes, alors que l’esplanade était fermée aux fidèles musulmans depuis plus d’un mois. Ben Gvir y a déclaré qu’il se sentait chez lui sur l’esplanade.
Quelques faits de ce que signifie réellement sur le terrain le droit d’Israël de se défendre.
