École : baisse démographique ou budget de guerre ?
Le ministre de l’Education tente de faire autorité en avançant l'argument de la baisse démographique. Ce n’est pas nouveau, cet argument étant recyclé à toutes les sauces depuis plusieurs années.
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« Des mobilisations partout en France contre les suppressions de classes dans les écoles ». C’est ainsi que France Inter ouvre son journal de 7 h 30 il y a quelques jours. Avant de vite tempérer en expliquant que ces fermetures de classes sont le résultat de la baisse démographique et qu’elles vont devoir se poursuivre.
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a en effet annoncé que la France compterait 1,7 million d’élèves en moins d’ici 2035. Confronté à la mobilisation des parents, des enseignants et des élus depuis plusieurs semaines partout sur le territoire, le ministre tente de faire autorité en avançant un argument de type factuel qui n’est pas nouveau et que l’Éducation nationale recycle à toutes les sauces depuis plusieurs années.
Mais sur le terrain, cet argument ne passe pas. Tous ceux qui refusent les fermetures de classes voient, au contraire d’un bon œil la baisse démographique supposée puisque cela permet d’envisager la baisse des effectifs dans des classes souvent surchargées.
Argument auquel le ministre a osé répondre de la manière suivante sur LCP le 8 avril : « On n’a jamais eu un nombre aussi faible d’élèves par classe ». Les enseignants qui dénoncent des classes surchargées, résultats des coupes budgétaires et des suppressions de postes depuis des années apprécieront…
Les classes sont pourtant surchargées avec plus d’un quart des écoles à plus de 25 élèves en moyenne, des collèges avec des classes à 30 ou plus, 35 en lycée. Le non-remplacement est devenu la norme. Et même l’OCDE reconnaît que le nombre moyen d’élèves par classe est supérieur à la moyenne européenne.
La réalité, c’est surtout que les fermetures de classes sont la conséquence directe du budget de guerre Macron-Lecornu qui, rappelons-le, a été passé en force à coups de 49.3 par un gouvernement minoritaire bien aidé par le Parti socialiste.
La réalité, ce sont surtout les milliards pour la guerre (les 36 milliards supplémentaires alloués à la Défense d’ici 2030) qui expliquent les fermetures de classes, les baisses de dotations et d’heures, les suppressions de postes (lire page 3). Les personnels et les parents qui se mobilisent contre le budget Macron-Lecornu et les milliers de fermetures de classes ne sont pas dupes. D’ailleurs, dans certains endroits, ils obtiennent gain de cause et font annuler ces fermetures (lire ci-contre).
Mais le ministre tend à utiliser à plein ce prétexte de la baisse démographique pour avancer dans son plan de liquidation de l’École. Il vient de convier les organisations syndicales à des « ateliers prospectifs » consacrés à la « baisse démographique et à l’anticipation des évolutions de l’offre scolaire ».
En clair, un piège dans l’esprit du conclave pour associer les organisations syndicales à un plan pluriannuel de fermetures de postes. La fédération FO de l’enseignement a d’ores et déjà annoncé qu’elle n’irait pas.
