Sciences Po Paris : levée des sanctions contre les étudiants mobilisés contre la loi Yadan, contre la guerre et pour la Palestine !
Mardi 21 avril, plusieurs centaines d’étudiants déterminés se sont rassemblés devant Sciences Po à Paris à l’appel de leurs organisations pour exiger la levée des sanctions contre les étudiants mobilisés contre la loi Yadan, contre la guerre et pour la Palestine.
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Mardi 21 avril, plusieurs centaines d’étudiants déterminés se sont rassemblés devant Sciences Po à Paris à l’appel de leurs organisations pour exiger la levée des sanctions contre les étudiants mobilisés contre la loi Yadan, contre la guerre et pour la Palestine.
Etaient présents en soutien, Thomas Portes et Jérôme Legavre, députés insoumis, Christophe Prudhomme, conseiller municipal LFI à Paris, ainsi que le syndicat FO de l’enseignement supérieur et de la recherche (FO ESR). Pour la première fois, des personnels de Sciences Po se sont joints au rassemblement afin de témoigner de leur solidarité avec les étudiants.
Une semaine plus tôt, mardi 14 avril, les comités Palestine de plusieurs universités franciliennes (Paris 1, Paris 4, Nanterre, Sciences Po Paris, Paris-Saclay) ont mené une action coordonnée d’occupation à la Sorbonne, à Sciences Po et à Saclay, autour de mots d’ordre clairs : « Soutenir la Palestine n’est pas un crime », « Contre la loi Yadan » et : « Contre la guerre au Moyen-Orient. » Plusieurs centaines d’étudiants ont répondu à l’appel.
Mais c’est à Sciences Po que la répression s’est abattue en premier. Rassemblés dans l’amphithéâtre principal pour visibiliser leur mobilisation, les étudiants chantaient des slogans lorsque la police est intervenue sans sommation, casquée et armée, à la demande de la direction qui avait porté plainte.
Des amendes entre 400 et 1000 euros
Très rapidement, l’intervention prend un tournant intimidant. À l’initiative du directeur du site, qui a une conception particulièrement policière de sa charge, étudiantes et étudiants ont subi une répression inacceptable pour avoir manifesté leur refus de la loi Yadan : intervention de la police dans l’établissement, lourdes amendes, menaces d’inscription au casier judiciaire pour des motifs complètement infondés. 76 étudiants sont verbalisés pour « intrusion », « occupation illégale » et « entrave au bon déroulement de l’enseignement », avec des amendes de 400 euros, pouvant grimper à 1000 euros. « Tout ceci est en infraction complète avec les franchises universitaires et le libre droit des étudiantes et étudiants de s’exprimer comme ils le souhaitent dans les établissements d’enseignement supérieur (article L. 811-1 du Code de l’éducation) » explique le syndicat FO ESR. Ce dernier a obtenu mercredi 15 avril une entrevue au ministère, avec des délégués étudiants, pour porter les revendications des étudiantes et étudiants, obtenir le respect de leur droit de libre expression et la levée de toutes les amendes et sanctions ou menaces de sanction de tout ordre.
À la Sorbonne, quelques heures plus tard le 14 avril, le même scénario se répète. Une occupation pacifique est violemment démantelée par les CRS. Les étudiants sont encerclés, traînés au sol, parfois frappés, puis alignés pour des contrôles d’identité. Aucun délit, aucune infraction réelle: mais une démonstration de force du pouvoir.
La répression renforce la détermination
Le message est clair: faire taire, dissuader, sanctionner. Une constante pour Macron et son gouvernement contre tous ceux qui élèvent la voix contre le génocide à Gaza et pour la défense du peuple palestinien.
Ce qui s’est joué ce 14 avril dépasse ces seules évacuations. Il s’agit d’un choix politique: réprimer une jeunesse qui s’organise contre la guerre et la répression. Avec la complicité active des directions universitaires, le pouvoir assume une stratégie d’intimidation, verbale, physique et judiciaire.
Mais loin de décourager, cette répression renforce la détermination. La mobilisation se poursuit, portée par une jeunesse qui refuse de se taire. Le message adressé au pouvoir est sans ambiguïté : « On est au combat, on sent qu’il a peur, et surtout, sa guerre, on ne la fera pas. »
« Les libertés académiques sont menacées »
Nous souhaitons d’abord apporter notre soutien total à tous les étudiants mobilisés la semaine dernière et verbalisés au cours d’une opération policière scandaleuse. Nous dénonçons la répression et la criminalisation des mobilisations ainsi que l’acharnement sur nos étudiantes et étudiants. Ils et elles ont subi un traitement traumatique, violent et précarisant que nous dénonçons avec force. Nous sommes pour beaucoup aussi des enseignantes et des enseignants : à ce titre nous savons que les formes choisies par la communauté étudiante de Sciences Po pour s’exprimer et informer comme les teach-in , les occupations pacifiques et les minutes de silence s’inscrivent dans une longue tradition de mobilisations étudiantes, qui plus est au sein d’un institut d’études politiques. Par cette répression, la direction trahit l’esprit universitaire, en niant un pacte de légitimation et de reconnaissance des colères étudiantes. Ce pacte entretenu pendant des décennies au sein des facultés, appelait à la retenue face aux mobilisations, à la reconnaissance des divers canaux d’expression, et non à la brutalisation du règlement pour le transformer en un outil de répression systématique. (…) Avec la présence policière au sein de l’établissement comme une nouvelle normalité et la criminalisation des mobilisations étudiantes, les libertés académiques sont aujourd’hui plus que jamais menacées. C’est précisément ce que dénonçaient les étudiantes et étudiants mobilisés la semaine dernière, à l’occasion d’un mouvement national contre la loi Yadan, contre les dites « formes renouvelées » de l’antisémitisme. La lutte cruciale contre l’antisémitisme ne peut ni ne doit pas faire l’objet d’entrave aux libertés d’expression et aux libertés académiques. (…) Ainsi il faut dire stop dès aujourd’hui ! Et en commençant par exiger que la police n’interviennent plus dans les universités pour réprimer des mobilisations ! En exigeant que les mobilisations étudiantes ne soient plus criminalisées ! Nous devons collectivement nous dresser contre une dérive autoritaire, hier préoccupante, aujourd’hui alarmante. Le maintien et la survie de ces libertés académiques est une préoccupation majeure des doctorant.es et, nous le savons aussi, de la faculté permanente de Sciences Po : il nous faut donc soutenir les mobilisations et les efforts pour maintenir un cadre sain et indépendant pour nos recherches et nos enseignements. |
« Ce qui est légitime, c’est votre mobilisation »
Je vous apporte le soutien du groupe LFI à l’Assemblée nationale. Ce qui est légitime, c’est votre mobilisation contre la loi Yadan, contre le génocide à Gaza, contre la complicité de ce gouvernement. Ce qui est illégitime, c’est la répression exercée contre vous. La loi Yadan a été débranchée, du moins temporairement, et tant mieux ! On le doit aux 700 000 signatures obtenues sur la pétition demandant son retrait ainsi qu’à votre mobilisation, celle des étudiants. Les sanctions prises contre les étudiants le sont au motif du délit d’intrusion. Mais bien avant tout cela, et au-dessus de l’arsenal répressif actuel, vous avez les libertés académiques et les franchises universitaires auxquelles nous sommes attachés. Nous ne vous laisserons pas tomber. On ne laissera pas passer. J’appelle à la levée immédiate de toutes les sanctions ainsi qu’à l’annulation des poursuites contre les étudiants. |
Passionnantes discussions hier à Sciences Po sur les grands défis qui se posent à la France et à la gauche de rupture.
J'adresse mon soutien aux étudiants réprimés à coup d'amendes, de fichages et d'interpellations par la police et l'administration pour avoir simplement exprimé… pic.twitter.com/FlIgnTMMww
— Manuel Bompard (@mbompard) April 21, 2026
