Macron prépare la jeunesse à la guerre
Emmanuel Macron prévoit des milliards supplémentaires pour la guerre, livre des armes et des chars à l'Ukraine, entraîne des soldats en Roumanie. C'est dans ce contexte guerrier que le président a annoncé la généralisation de Service national universel (SNU) dès le collège.
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Dans son discours guerrier récemment prononcé sur le porte-avions Charles-de-Gaulle, Emmanuel Macron a annoncé des milliards supplémentaires pour la guerre avec pour conséquences toujours plus d’inflation et de hausses des prix que devra supporter toute la population laborieuse. Il n’a pas oublié la jeunesse. Il a annoncé également la généralisation du SNU (service national universel) qui serait, pour l’instant, non obligatoire, confirmée dans son allocution du 31 décembre.
Mis en place en 2019, le SNU n’a attiré en 2022 que 32 000 jeunes volontaires, ce qui est loin des objectifs affichés. Avec le SNU se met en place tout un dispositif visant à préparer la jeunesse et la population à la guerre.
Macron instaure des « classes de défense »
Remarquons d’abord que le secrétariat d’Etat chargé de la jeunesse dépend aujourd’hui à la fois du ministère de l’Education nationale et de celui des Armées. Le budget du SNU va augmenter de 30 millions en 2023 par rapport à 2022 pour être porté à 140 millions : autant d’argent en moins pour l’Education nationale. La secrétaire d’Etat demandant même qu’il soit obligatoire. Depuis de nombreuses années, l’armée et la police entrent dans les écoles, les collèges et les lycées sous couvert de « citoyenneté » ou des « valeurs de la République ». Avec Macron, un pas supplémentaire vient d’être franchi puisqu’il veut instaurer dans tous les établissements des « classes de défense ». Il y en aurait 500 actuellement dans le pays.
Ce dispositif, selon le ministère de l’Education nationale, « permet à des classes de collège et de lycée d’être parrainées par une unité militaire incarnant ainsi la vitalité du lien armée-jeunesse à travers l’ensemble du territoire ». Avec la carotte : les élèves de ces classes bénéficieront de 30 points de bonus au brevet !
Une convention a même été passée avec un IME (institut médico-éducatif) de Charente-Maritime, établissement qui reçoit des jeunes en difficulté. Personne n’est oublié. Toujours en Charente-Maritime, la base aérienne de Saint-Agnant organise pour quatre lycées du département un rallye citoyen avec pour objectif « de tester leurs connaissances sur le devoir de mémoire, la citoyenneté ou encore l’Europe, et renforcer ainsi leur implication dans leur projet pédagogique de l’engagement ».
En Charente, cela va plus loin puisque « la base aérienne de Cognac prend sous son aile 28 lycéens ». La Charente libre écrit à ce sujet le 6 octobre dernier : « Dans la salle de cours, les posters d’avions de chasse ont remplacé le tableau périodique des éléments. Sur l’estrade, exit le professeur, remplacé par un officier en uniforme de l’armée de l’air. »
L’article se poursuit en rapportant les propos du capitaine qui justifient ainsi l’opération : « L’idée c’est de leur offrir un parcours sur les valeurs de l’armée de l’air et, plus largement, de l’aéronautique, participant à la consolidation du lien armée-nation. »
L’article poursuit, s’adressant aux élèves : « Et on va commencer par vous apprendre à marcher en rang et non plus en troupeau, pour une raison de sécurité. »
L’armée reste l’armée. Tout le monde au pas ! Il ne s’agit pas de l’habituelle propagande de l’armée mais d’une « incorporation » administrative de jeunes de 15 à 18 ans au sein de l’armée sur le temps scolaire. Du côté des enseignants du lycée, c’est la surprise car beaucoup ignoraient l’existence d’une telle opération. Le SNLC-FO d’un collège de Cognac a donné l’alerte lors d’une réunion du conseil d’administration en informant parents et enseignants.
Macron va-t-il remettre au goût du jour les chantiers de jeunesse de Pétain ? Va-t-il poursuivre en l’aggravant l’embrigadement des jeunes pour les préparer à la guerre ? Sur ces questions comme pour toutes les autres, Macron et son gouvernement, affaiblis et obligés de recourir au 49.3, ont-ils les moyens pour imposer leur politique ? Pas touche à l’école : elle doit rester un lieu de transmission des connaissances et non un instrument de propagande militaire et gouvernementale ! « L’école ne doit fournir ni chair à canon ni chair à patron. » Combattre la guerre c’est aussi aider à la résistance pour bloquer les aspirations guerrières de Macron.
