Politique et affaires

« Prise illégale d’intérêt » et arrangements politiques entre « gens bien », leur mode vie !

Sébastien Lecornu, ministre des Armées, aux côtés du ministre de l’Intérieur (photo AFP).
Par Lucien Gauthier
Publié le 3 mars 2023
Temps de lecture : 2 minutes

Le Parquet national financier a ouvert une enquête pour « favoritisme » à l’encontre du ministre du Travail, Olivier Dussopt. Il est en effet soupçonné d’avoir passé un « arrangement » avec le groupe de traitement de l’eau Saur, lorsqu’il était maire d’Annonay. Aujourd’hui, c’est au tour du ministre des Armées, Sébastien Lecornu, soupçonné de « prise illégale d’intérêt ». Il risque un procès. Quand il était président du conseil départemental de l’Eure, l’actuel ministre des Armées aurait pris part à des délibérations avec la Société des autoroutes Paris-Normandie, alors qu’il en était lui-même un administrateur.

Sébastien Lecornu avait été nommé au conseil d’administration d’une société privée, la Société des autoroutes Paris-Normandie, et, à ce titre, il était rémunéré. Dans le même temps, en tant que président du conseil départemental, il participait à des scrutins impliquant la société autoroutière.

 

Comme larrons en foire

On avait découvert pour ceux qui ne le connaissaient pas, lors des débats à l’Assemblée nationale, un Olivier Dussopt, détestable, insultant, méprisant.

Monsieur Dussopt a remercié Marine Le Pen pour son soutien dans l’Hémicycle, après s’être fait traiter d’assassin. « Elle a été bien plus républicaine que beaucoup d’autres », dit-il.

Un député RN a réagi : « Si un ministre le reconnaît, oui nous sommes républicains, démocrates et travaillons en bonne intelligence. » Dussopt a justifié ses propos le lendemain, en déclarant que Marine Le Pen « a une expression plus respectueuse de la fonction que je représente ».

Il connaît une évolution. Avant-hier, il était au Parti socialiste. Hier, il rejoignait la macronie. Et demain ? Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, explique : « Les gens qui siègent sur les bancs de la majorité présidentielle ne sont pas des ennemis, mais des adversaires politiques. »

Cet échange de compliments est une indication que les forces institutionnelles peuvent collaborer contre les intérêts de la population de ce pays. Ils s’entendent comme des larrons en foire.