Répression : Macron donne le « la »

Dans son interview fleuve au Point , Macron se vante d’avoir été « intraitable » et « implacable ».

la répression à l'œuvre à la suite de la mort de Nahel, début juillet à Paris, (AFP).
Par Rosalie Albani
Publié le 7 septembre 2023
Temps de lecture : 2 minutes

Le 1 er septembre, la justice prononce un non-lieu en faveur des trois gendarmes impliqués dans l’affaire Adama Traoré, mort en juillet 2016 à la suite de son interpellation par des gendarmes à Beaumont-sur-Oise (95). Le même jour, le policier suspecté d’être l’auteur du tir de LBD qui a grièvement blessé Hedi, 22 ans, début juillet, a été remis en liberté après quarante jours de détention et placé sous contrôle judiciaire. En moins de 24 heures, la justice française a donc envoyé un message clair aux forces de l’ordre. Un message qui donne le feu vert à l’impunité et qui s’inscrit dans la continuité de l’opération supervisée par Darmanin en juillet dernier où les deux plus hauts chefs de la police avaient sommé les magistrats de reconnaître des privilèges aux policiers mis en examen pour leurs violences sur Édits. Le 6 septembre, le secrétaire confédéral de la CGT et responsable de la fédération CGT de l’énergie Sébastien Ménesplier est convoqué par la gendarmerie de Montmorency pour « mise en danger d’autrui par personne morale (risque immédiat de mort ou d’infirmité) par violation manifestement délibérée d’une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence », dans le cadre d’une enquête diligentée par le parquet de Privas (Ardèche). Le 8 mars, au plus fort de la mobilisation contre la réforme des retraites, à Annonay, fief d’Olivier Dussopt, une coupure de courant avait été lancée par les grévistes.

« Muscle régalien »

Le régime, isolé et minoritaire, appuyé sur les institutions antidémocratiques de la V e République, déchaîne sa rage répressive, contre tous ceux qui cherchent à résister. Revenant sur les émeutes après l’assassinat de Nahel dans son interview fleuve au Point, Macron se vante d’avoir été « intraitable » et « implacable ». « Nous avons reconstitué du muscle régalien durant mon premier mandat. On a créé 10 000 postes de sécurité intérieure et désormais on va créer 200 brigades de gendarmerie (…). Il n’y a jamais eu autant de détenus en France, alors, qu’on ne dise pas que la justice est laxiste ! Il y avait 74 500 détenus au 1 er juillet alors que, fin 2001, il n’y en avait que 48 000 (…) J’ai donné les moyens au garde des Sceaux de construire, avant la fin de 2027, 15 000 nouvelles places de prison (…) Enfin, pour être complet sur ce volet régalien, nous avons voté une seconde loi de programmation militaire qui aboutira à un doublement du budget des armées depuis 2017 ». Un véritable programme de guerre contre les travailleurs qui rejettent dans leur grande majorité sa politique réactionnaire.

Tous en manifestation le 23 septembre

L’interdiction de l’abaya s’intègre dans ce contexte afin de diviser un peuple qui est lui est majoritairement hostile. Le régime est sur une pente dangereuse. En témoigne le parallèle fait par Macron lui-même entre les jeunes qui portent des abayas… et l’assassinat de Samuel Paty1Interview en ligne à Hugo décrypte le 4 septembre 2023. Faut-il comprendre que tous les jeunes vêtus d’abaya seraient suspects de vouloir décapiter leurs professeurs ? Méprisant et abject… La marche du 23 septembre appelé par une centaine d’associations, syndicats et partis politiques est une première réponse organisée « pour faire front contre la répression des contestations sociales démocratiques et écologiques, pour la fin du racisme systémique, des violences policières, et pour la justice sociale climatique, féministe et libertés publiques ».