Droit au logement : « Nous étions dans la rue le 23, nous y serons à nouveau le 30 »

Dans la continuité de la mobilisation du 23 septembre, les organisations regroupées dans la « plateforme Logement pour tou.te.s » ont décidé d’appeler, avec le soutien de La France insoumise, à une nouvelle manifestation samedi 30 septembre.

Par Urbain Krisis
Publié le 28 septembre 2023
Temps de lecture : 2 minutes

Les associations de défense des mal-logés, des locataires et du droit au logement étaient présentes lors de la manifestation du 23 septembre, à l’exception notable de la Confédération nationale du logement (CNL, dont les principaux dirigeants sont proches du PCF). Elles dénonçaient en particulier la circulaire Darmanin qui ordonne aux préfets d’expulser de leur HLM les familles de « délinquants » car « expulser une famille aux revenus modestes, sous prétexte qu’un de ses enfants a été condamné, comme cela, c’est produit à Deuil-la-Barre, c’est infliger une peine collective porteuse de nouvelles révoltes, c’est un acte de violence sociale dans le contexte actuel de grave crise du logement. (…) Nous voulons la mise en œuvre d’une politique du logement pour tous, la baisse des loyers et des prix de l’énergie, la réalisation de logements sociaux et une hausse générale des salaires, des pensions et des prestations sociales. »

Les architectes du comité de rédaction de la revue Construire ! étaient présents aux côtés des associations.

Ils ont déclaré :

« Alors que le pays traverse une crise immobilière sans précédent, alors que près de deux millions de ménages sont dans l’attente d’un HLM, alors que 2 000 enfants dorment dans la rue, Macron et son gouvernement ne proposent que des mesures contre les locataires : comme la baisse des APL, qui avait été la première décision de son premier quinquennat, loi Kasbarian-Bergé qui criminalise les ménages incapables de payer des quittances qui explosent, circulaire Darmanin qui réintroduit les peines collectives.

Alors qu’il faudrait construire massivement pour faire face aux besoins, Macron a supprimé la plupart des aides budgétaires au logement, car elles coûtaient, comme il le dit élégamment “un pognon de dingue”.

La Banque des territoires, filiale de la Caisse des dépôts, vient d’annoncer que, dans les prochaines années, les organismes HLM devront réduire d’un tiers leur production. Ils envisageaient de construire 100 000 logements par an – ce qui est déjà notoirement insuffisant pour faire face aux besoins – mais ils devront se limiter à 66 000, car ils n’auront pas les capacités financières d’en faire plus.

Et comme au moins 8 000 HLM seront démolis chaque année dans le cadre du renouvellement urbain de l’Anru, et que 14 000 logements seront vendus par les organismes HLM pour reconstituer leurs fonds propres, faute d’aides de l’État, l’offre nouvelle nette sera au mieux de 44 000 logements par an.

Voilà qui réjouira Valérie Pécresse, qui veut interdire la production de nouveaux HLM dans les banlieues ouvrières pour… lutter contre la propagation de l’islamisme.

Quant à nous, alors que s’ouvre la discussion budgétaire au Parlement, alors que Macron décide de consacrer 413 milliards d’euros au budget des armées, nous continuerons d’exiger des milliards pour le logement, pour les hôpitaux, pour l’école. L’argent de la nation doit être mobilisé pour répondre aux besoins vitaux de la population, pour les services publics, pas pour la guerre ! »

À Paris, rendez-vous à 15 heures, place du Châtelet : « Pour la baisse des loyers et des charges, l’arrêt des expulsions, l’abrogation de la loi Kasbarian-Bergé et la réalisation massive de vrais logements sociaux ».