Loi Darmanin : « une insulte aux Lumières », dénoncent les présidents d’université
L’association France Universités réunissant des dirigeants des universités et des grandes écoles a publié un communiqué de presse qui s'oppose fermement à la loi immigration. En voici des extraits.
- Actualité politique et sociale, Ecole

Projet de loi immigration : des mesures inacceptables pour France Universités. (…) France Universités réitère ses très vives réserves à l’encontre des mesures adoptées au Sénat en première lecture.
Exiger le dépôt préalable d’une « caution retour » pour les étudiantes et étudiants désireux de poursuivre leurs études en France va à l’encontre des valeurs de la République et de la tradition multiséculaire d’ouverture au monde de l’université française. C’est une insulte aux Lumières dont il a été rappelé à juste titre, dans des circonstances dramatiques, qu’en France elles ne s’éteignent jamais. Nul ne conteste aux autorités habilitées à cet effet le pouvoir d’autoriser ou non l’accès au territoire français mais ne rajoutons pas des garanties pécuniaires dont le fondement échappe à l’entendement. Car les étudiantes et étudiants s’inscrivant en France ne sont pas tous bien nés, contrairement à une idée reçue, et le dépôt d’une caution tel qu’envisagé les condamne à regarder ailleurs pour poursuivre leur projet.
Marchandisation de l’enseignement supérieur
C’est l’enseignement supérieur et la recherche qui perdront de leur rayonnement, et par là même la francophonie et l’image de la France qui s’en trouveront affaiblies. La généralisation, sans possibilité d’exonération, de la majoration des droits d’inscription pour les étudiants hors Union européenne, ou encore le fait de conditionner l’ouverture des droits aux prestations sociales non contributives comme les APL à cinq années de présence sur le territoire procèdent du même esprit et appellent les mêmes réserves. Ces dispositifs ne feraient que renforcer la marchandisation de l’enseignement supérieur français et accentuer la précarité financière de nos étudiantes et étudiants internationaux.
Les présidentes et présidents d’université entendent rappeler leur attachement à la tradition d’ouverture de la France en matière d’accueil des étudiantes et étudiants internationaux et réaffirment leur ambition de faire de la France le premier pays d’accueil de l’Union européenne. (…)
